AMOUR ET MYSTÈRE
Après la visite du vagabond , Isaure était restée triste et rêveuse, ce que cet homme venait de lui dire au sujet d'Alfred et d'Edouard faisait réfléchir la jeune fille sur sa situation. Elle pensait qu'elle avait eu tort de causer tous les malins avec lesdeux jeunes gens ; mais pouvait-elle les empêcher de venir dansla vallée... de se reposer dans sa chauinière? Ils lui témoignaient une amitié si tendre I et depuis longtemps ils ne lui parlaient plus d'amour. Quelquefois Alfred avait voulu l'embrasser; mais dans les campagnes est-il rare de voir un villageois prendre un baiser à une jeune fille? Il est vrai aussi qu'Edouard la regardait bien tendrement, qu'il soupirait en lui pressant la main; mais tout cela prouvait-il qu'il était amoureux d'une simple villageoise ?
La soirée s'est passée dans ces réflexions. Au moindre bruit dans la campagne, Isaure écoute attentivement... elle redoute une visite de l'étranger; cet homme lui inspire un sentiment dont elle ne peut pas bien se rendre compte; elle sent qu'il n'a pas ce qui intéresse ordinairement dans un malheureux ; elleéprouve maintenant de la crainte dans sa demeure ; ses regards, en se portant autour d'elle, n'ont plus la même confiance ; les ombres de la nuit lui causent un vague effroi; enfin plusieurs fois elle monte à la chambre la plus haute de la maisonnette, et ouvrant la fenêtre qui donne justement sur la Maison Blanche, elle regarde pendant de longs espaces de temps cette habitation, sur laquelle la lune répand une pâle clarté.
Après plusieurs heures passées à la fenêtre, Isaure est allée se livrer au repos; puis, au point du jour, elle va, comme de coutume, conduire ses chèvres sur la montagne en se disant i — Us vont venir I... Leur parlerai-je de ce que m'a dit cet étranger?... Non... je ne le dois pas ! Il m'a dit que ces messieurs avaient de l'amour pour moi !... Est-ce que des jeune» gens de la ville peuvent aimer une petite montagnarde ?... 0ht non... ce n'était que pour rire que M. Alfred faisait semblant
d'être amoureux de moi!... Et M. Edouard?... Ah ! il ne m'a jamais dit qu'il m'aimait !...
Mais l'heure où les jeunes gens viennent habituellement dans la vallée est passée depuis longtemps, et ils n'ont point paru. Isaure a regardé bien souvent par la route qu'ils suivent; elle reste plus tard sur la montagne; enfin elle revient tristement chez elle, et là elle attend encore ceux qui lui témoignaient tant d'amitié.
— Ils ne viendront pas, se dit la jeune fille en regardant sur le seuil de la porte. Non... ils ne viendront pas aujourd'hui... Peut-être pas demain non plus... Je ne dois pas en être fâchée, puisque c'est mal de causer tous les jours avec ces messieurs.
Et cependant une larme tombe des yeux de la jeune fille; il lui semble qu'elle est de nouveau entièrement abandonnée. — Ils sont peut-être partis de ce pays! se dit-elle. Partis sans me dire adieu !... Lui surtout qui semblait toujours si fâché de me quitter!... qui me souriait si bien!... Pourquoi donc m'avoir habituée à le voir tous les jours?
La petite a raison : pourquoi habituer les gens au bonheur, pour ensuite leur faire de la peine ?... C'est ce qu'on devrait se dire avant de chercher à séduire un cœur... Mais alors on pense à tout autre chose.
La journée s'est écoulée sans que les jeunes gens soient venus. Isaure fait tout ce qu'elle peut pour se distraire ; elle va, \ient dans sa maisonnette; parle à ses poules, à sa vache, à Vaillant; mais, malgré tous ses efforts, son cœur est gros. Le temps lui semble marcher avec plus de lenteur qu'à l'ordinaire, et pendant la nuit le sommeil n'a pas toujours fermé sa paupière.
L'aurore a reparu. La jeune fille est déjà levée ; elle va quitter sa demeure pour se rendre dans les montagnes, mais un léger bruit se fait entendre dans l'éloignement... Bientôt il se rapproche... Isaure s'arrête. L'espoir, le plaisir, brillent dans ses yeux... Oui, c'est bien le galop d'un cheval que l'on distingue..; le voilà plus près... Isaure regarde au loin sur la route. Un jeune homme s'approche au grand galop... elle l'a reconnu, c'est lui... c'est bien celui qu'elle s'étonnait surtout de n'avoir pas vu la veille... Est-ce qu'une femme peut se trom* per quand il s'agit d'amour?
Edouard n'avait pas dormi dans la nuit qui avait suivi la fêle,
et avant le jour il s'était levé et avait lui-même sellé un cheval. Alfred dormait, Edouard ne se sentit nulle envie de l'éveiller; c'était cependant manquer à leur promesse que d'aller sans lui voir Isaure; mais l'amour fait oublier autant de serments qu'il en oublie lui-même!
En quelques minutes Edouard est descendu de cheval, l'a attaché près de la maisonnette, puis court près d'Isaure, qui ne songe pas à lui cacher tout le plaisir que lui cause sa présence.
— Vous voilà! lui dit-elle, ah ! je croyais déjà que vous ne viendriez plus!...
— Ne plus venir! Isaure, ne plus vous voir!... est-ce qu'il me serait possible d'exister loin de vousl
En disant cela Edouard prend les mains de la petite, les presse tendrement dans les siennes, puis tous deux s'asseyent au pied d'un arbre et se regardent quelque temps en silence... Mais on parle si bien avec les yeux !
— Vous n'êtes pas venu hier? dit enfin la jeune fille.
— Non, cela était impossible!... Il y avait du monde, une fêle au château que nous habitons ! Mais que la journée m'a paru longue au milieu de tout ce bruit , de ces gens qui me sont indifférents, de ces plaisirs auxquels je ne pouvais prendre part, puisque je ne pensais qu'à vous... à vous seule près de qui je me trouve si bien.
— Le temps m'a semblé bien long aussi ; je me suis ennuyée, j'ai souvent regardé le chemin par où vous venez... Vous m'avez habituée à vous voir... vous avez eu tort.., car enfin vous ne resterez pas toujours dans ce pays; alors je ne vous verrai plus... et il me semble que je ne serai plus aussi heureuse qu'autrefois.
— Chère Isaure!... Mais est-ce à moi... est-ce à Alfred que vous donniez les plus vifs regrets?... Aujourd'hui je suis venu sans lui... je brave sa colère, car je veux connaître enfin ce que )e puis espérer... Oui, je vous aime, Isaure; j'éprouve pour vous l'amour le plus vif, le plus vrai... J'ai pendant quelque temps cherché à le combattre ; mais je sens que cela m'est impossible, je sens que cet amour fait maintenant partie de mon existence... Pourquoi donc craindrais-je de m'y livrer? Je suis libre, je suis mon maître... et si vous m'aimiez, qui pourrait s'opposer à notre bonheur? Mais il faut pour cela que vous m'aimiez, que vous me préfériez à Alfred. Âhl parlez, avouez-
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moi franchement ce qui se passe dhns voire cœur... Isaure, vous ne voudriez pas... vous ne pourriez pas me tronnper...
Isaure baisse timidement les yeux, et retire sa main de dedans celles d'Edouard en balbutiant : — Il est donc vrai!... vous avez de l'amour pour moi?... il ne m'avait pas trompé...
— Qui cela?
— Ce pauvre homme... vous savez bien, cet étranger qui erre dans nos montagnes. — Vous l'avez vu? — Oui, avant-hier; après que vous étiez parti, il est venu dans ma demeure... Je lui ai offert de se reposer; il est resté assez longtemps... Il me regardait toujours et d'une façon si singulière!... Ah! ce n'était pas comme vous ! car, au lieu de me faire plaisir, cela me faisait peur. — Ce misérable vous aurait-il insultée?... — Non... oh! non!... Il m'a dit seulement... ce que vous venez de me dire aussi... que c'est l'amour qui vous amenait près de moi... puis il m'a demandé quel était celui que je préférais...
— Qui lui a permis de vous interroger sur vos plus secrets sentiments?... Ah ! quand je le rencontrerai, je saurai punir son insolence!...
— Oh! ne vous fâchez pas contre lui, je vous en prie; cet homme est malheureux!... il dit que tout le monde l'abandonne... Il ne faut pas encore lui faire de la peine... C était sans doute pour s'amuser qu'il me questionnait; mais il n'a pas insisté quand il a vu que cela me déplaisait... Vous ne lui direz rien, n'est-ce pas?
— Que vous êtes bonne!... Mais vous avez raison, oublions cet homme. Ah! chère Isaure, vous me répondrez à moi; vous me laisserez lire dans votre âme.
— Que voulez-vous donc que je vous dise?
— Quel est celui que vous préférez, d'Alfred ou de moi?
-— Mon Dieu!... j'aime bien à vous voir... tous les deux. — Tous les deux également?
La jeune fille rougit; elle ne sait comment avouer ce qu'elle éprouve. Edouard se rapproche d'elle, passe doucement sa main autour de sa taille et lui dit tendrement : — Si Alfred ne revenait plus vous voir, en auriez-vous bien du chagrin?
— Mais... je penserais quelquefois à lui... nous en parlerions ensemble... voilà tout.
— Et si c'était moi qui ne vînt plus... vous vous en consoleriez de même en causant ivec lui?
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— Oh! jamais... jamais!... s'écrie la jeune fille avec un accent qui part de l'âme.
— Chère Isaure! c'est donc moi que vous aimez d'amour!.. . lasure lève doucement ses beaux yeux bleus sur Edouard ;
l'expression de ce regard, où se peignait son âme tout entière, ne pouvait plus laisser d'incertitude à celui qui était maître de son cœur. Dans son ivresse, Edouard la presse dans ses bras et cueille un baiser sur ses lèvres... Aussitôt un éclat de rire moqueur se fait entendre.
Les deux amants tournent la tète... mais ils n'aperçoivent personne.
— N'avez-vous pas entendu quelque chose? dit Isaure avec inquiétude.
— Oui... il m'a semblé... cependant je ne vois personne dans les environs... Eh! que nous importe le monde?... que me fait tout l'univers?... Vous m'aimez chère Isaure!... Ah!... cette assurance est pour moi le bonheur!... Vous m'aimez... vous êtes orpheline... vous ne dépendez de personne... je suis mon maître aussi, je serai votre époux!... Oui, je serai digne de tant de charmes, de candeur!... Ah !... j'ai assez connu le monde pour savoir que je ne pourrais y trouver rien qui vous fût comparable... et d'ailleurs votre éducation, vos manières ne sont pas celles d'une paysanne; quand je voudrai vous présenter dans le monde, vous en ferez l'ornement... Mais non, nous vivrons entre nous, pour nous... nous n'aurons pas besoin pour être heureux de ces plaisirs bruyants que vous ne connaissez pas... Ma fortune est plus que suffisante pour contenter tous nos désirs... J'achèterai une maison dans une riante campagne; je me ferai un plaisir de vous y apprendre moi-même la musique, le dessin... de lire avec vous ces auteurs célèbres qui éclairent notre esprit et charment notre cœur; enfin, si mon penchant pour les lettres, pour le théâtre, me rappelle quelquefois à Paris, ce sera dans vos bras que je reviendrai me délasser des fatigues de la ville. Ah! ce plan d'existence me promet le sort le plus heureux... Dites-moi qu'il fera aussi votre bonheur!
Depuis quelques instants, en écoutant Edouard, Isaure devient pensive, ses yeux perdent l'expression de plaisir qui les animait; il semble que de tristes souvenirs, de nouvelles reflexions viennent de frapper son esprit ; Edouard s'aperçoit de
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ce changement, car les moindres sentiments qu'éprouve la jeune fille se peignent aussitôt sur ses traits.
— Qu'avez-vous donc? lui dit-il avec inquiétude. Êtes-vous fâchée que j'aie lu dans votre âme... que je sache que vous ïn'aimez?
— Oh! non... ce n'est pas cela, répond la petite en soupi /ant. Pourquoi vous aurais-je caché ce que j'éprouvais? Il faut toujours dire ce qu'on pense, n'est-ce pas?
— Oui, toujours.
— Mais peut-être ai-je mal fait de vous aimer!... j'aurais dû auparavant... savoir... Cependant je n'ai pas cherché à me défendre... ce que je ressentais en vous voyant était un plaisir si doux!...
— Eh bien ! Isaure, pourquoi ces regrets maintenant que je vous jure de vous aimer toute la vie?... et lorsque je veux vous donner le nom de mon épouse?
— De votre épouse ! répond tristement la jeune fille en portant SCS regards du côté de la Maison Blanche. Ahî oui! je serais bien heureuse alors... mais peut-élre que cela n'est pas possible !
— Eh! pourquoi?.., n'êtes-vous pas orpheline'?... seule sur la terre depuis que vous avez perdu ces bonnes gens qui vous avaient adoptée? Isaure est quelque temps sans répondre, puis dit enfin en baissant les yeux : — Oui... je suis orpheline... je n'ai plus de parents.
— Eh bien! qui pourrait mettre obstacle à notre bonheur? qui peut vous empêcher d'être à moi... de ne plus me quitter?
Isaure paraît vivement agitée; après avoir regardé autour d'elle avec crainte, elle avance sa main, désigne du doigt la Maison Blanche, puis dit bien bas à Edouard : — Je ne puis jamais m'élojgner de là!...
Edouard est frappé d'étonnerc.ent; il regarde avec surprise cette maison qu'on lui désigne; puis, reportant sur la jeune fille des yeux inquiets, semble attendre une autre explication. Mai? Isaure se tait.
~ Quoi! dit enfin Edouard, vous ne pourrez jamais vous éloigner de cette maison abandonnée!... et quel motif si puisgant vous force de rester près de cette habitation?
— Je ne puis pas le dire, répond Isaure à demi-voix.
— Quel est donc ce mystère, cet obstacle que vous me cachez?... C'est avec moi que vous avez des secrets!... Lorsque
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je veux vous consacrer ma vie, m'unir à vous par des nœuds indissolubles... Ah! je vous en supplie, parlez, ne me cachez rien!...
— Je ne puis parler. Ah! pardonnez-moi de vous faire de la peine!... S'il ne dépendait que de moi... — Chère Isaure! estce quelque promesse, quelque serment que vous aviez fait à votre mère adoptive?... Peulêlre vous avait-elle ordonne de ne jamais quitter ces montagnes... Mais songez que si vos parents existaient, ils ne pourraient désapprouver mo-i amour!... Celle maison que vous me montrez d'une miniers s\ mystérieuse est inhabitée depuis longtemps... elle no vou«i appartient pas, puisque, si j'en dois croire ce que l'on m'a conté, voire père adoptif l'a vendue peu de temps après vous avoir prise chez lui; et vous ne pouvez, dites-vous, vous en éloigner! Allons, convenez qu^il y a là-dessous quelque enfanlillage, quelque promesse inconsidérée!... Avouez-moi tout, et je vous prouverai bientôt que vous êtes entièrement maîtresse de disposer de voire sort.
— Maîtresse de mon sort! répond vivement la jeune fille; oh ! non... je ne le suis pas!...
— Et de qui donc dépendez-vous? s'écrie Edouard ; qui peut encore avoir des droits sur vous?
ïsaure baisse les yeux et garde le silence. Le front d'Edouard se rembrunit ; mille soupçons viennent de renaître dans son esprit ; l'amour qui brillait dans ses yeux a fait place à la défiance, au dépit. Le jeune homme se lève, fait quelques pas loin de la petite, qui reste assise au pied de l'arbre, puis dit enfin d'un ton qu'il tâche de rendre indifférent : — Eh bien! mademoiselle, puisque vous ne me jugez pas digne de votre confiance, je ne me permettrai plus aucune question. Je croyais posséder votre amour... j'espérais faire votre bonheur... je me suis trompé... je tâcherai d'oublier tous mes projets!...
La jeune fille ne répond rien. Edouard a fait quelques pas loin d'elle; cependant, surpris de son silence, il tourne la tète pour la regarder encore... Le joli visage d'Isaure est baigné de larmes qui coulent en abondance de ses yeux. A cette vue, Edouard est bientôt auprès d'elle ; il se jette à ses pieds, couvre ses mains de baisers en s'écriant ; — Vous pleurez!... et c'est moi qui en suis la cause!... Ah! pardonnez-moj , chèro Ïsaure... excusez d'injustes soupçons!...
— Vous pensez que je ne vous aime pas ! répond la petite en sanglotant.
— J'ai pu vous affliger!... Eh! ne suis-je pas trop heureux d'être aimé de vous! combien je me repens d'avoir fait couler vos larmes! Ah! désormais je ne chercherai plus à connaître vos secrets... je ne vous ferai plus aucune question... Vous m'aimez!... que puis-je demander encore!
— Oh! oui... répond Isaure en laissant échapper un sourire ■qui brille sous ses larmes, je vous aimerai toujours... car je ne crois pas que l'on puisse changer, moi. Pardonnez-moi de ne pas vous dire tout ce qui me concerne... Ah ! je voudrais bien! mais ce secret ne m'appartient pas. Un jour peut-être je n'en aurai plus pour vous... et... d'ici à quelque temps sans doute... je saurai si je puis être votre épouse... s'il m'est permis de vous suivre partout. Quant à mon cœur, il est à vous; vous savez bien que je ne puis pas vous le reprendre.
L'aimable enfant presse tendrement les mains d'Edouard, et ne craint pas de lui montrer tout le plaisir qu'elle éprouve à l'aimer; mais Edouard ne songe pas à abuser de sa confiance, car il aime aussi réellement. Les moments passent vite entre amants qui ne se sont pas encore tout accordé; Edouard s'aperçoit enfin qu'il est plus que temps qu'il retourne au château. Il s'arrache avec peine d'auprès de celle qu'il aime en lui disant tendrement : — A demain.
— A demain, dit Isaure. Songez que vous m'avez habituée à vous voir, que le temps me semble bien long loin de vous; et maintenant que je vous ai avoué que je vous aime, je voudrais vous le répéter à chaque instant 1
Edouard prend la main de la jeune fille, la place sur son cœur et lui dit : — Puissé-je avant peu ne plus être obligé de vous quitter!
11 remonte à cheval, adresse encore de la main un dernier adieu à Isaure, qui est sur le seuil de la maison, puis réprend le chemin du château. Mais, malgré lui, il ne peut s'empêcher de tourner la tête pour regarder la Maison Blanche; et quoiqu'il ait promis à la jeune fille de ne point s'inquiéter de ce qu'elle lui cache, et de ne plus concevoir d'injustes soupçons, son cœur se serre en regardant celte habitation abandonnée, et il se dit en soupirant : — Quel est donc le motif qui l'empêche de s'éloigner de ces lieui^f
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