‹ La maison blancheChapitre 22 sur 45 · LA FAMILLE DE LA PINCERIK AU CHATEAU · texte numérisé non relu

LA FAMILLE DE LA PINCERIK AU CHATEAU

Les discours et les propositions du vagabond ont produit sur l'esprit d 'Alfred un effet différent de celui que cet homme semblait en espérer. Révolté des propositions odieuses de ce malheureux, Alfred réfléchit à l'injustice de sa conduite envers Edouard; il sent qu'il ne doit point lui faire un crime de l'avoir emporté sur lui; et si, en effet, Isaure l'aime, il se promet de ne point chercher à troubler le bonheur de son ami.

Plus content de lui après avoir jris (elte lésolution, en revoyant Edouard, Alfre d, loin de lui témoigner la même liroi. deur que le ma tin, lui parle comme avant leur rivalité. Edouard,

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surpris autant que charmé de ce changement survenu dam J'humeur d'Alfred, se sent bien plus heureux depuis qu'il espère avoir retrouvé son ami.

Le lendemain Alfred accompagne Edouard; tous deux se rendent ensemble dans les montagnes. Les jeunes gens ne par-' lent point d'Isaure, ils semblent craindre également de s'entretenir d'elle. Cependant on approche de la vallée, on va la voir; Edouard se sent oppressé, il éprouve de la peine pour Alfred; il va pourtant revoir celle qu'il adore; mais, c'est lorsque nous sommes le plus heureux que nous voudrions que tous ceux que nous aimons pussent partager notre bonheur.

Depuis que la jeune fille a dit à Edouard qu'elle l'aimait, elle ne craint plus de lui laisser voir tout le plaisir que lui fait sa présence; c'est maintenant sur le seuil de sa demeure qu'elle attend son arrivée, parce que là elle est bien plus près de la route et bien plus tôt dans les bras de son amant.

Les deux cavaliers ne tardent point à apercevoir Isaure; ils mettent pied à terre, et elle fait quelques pas au-devant d'eux. La présence d'Alfred, loin de contrarier Isaure, semble au contraire lui être agréable ; elle le reçoit avec la même grâce, lui témoigne autant d'amitié, mais devant lui elle ne craint pas non plus de laisser paraître le sentiment plus tendre qui l'attache à Edouard. Aimant pour la première fois, aimant avec toute la candeur de son âge, elle ne croit pas devoir faire un mystère de son amour, surtout à l'ami de son amant.

Alfred répond assez bien aux prévenances, aux amitiés d'Isaure. Il lui est facile de voir qu'Edouard lui a dit vrai, et que c'est lui qui possède le cœur de la jeune fille; mais il tâche de surmonter la peine qu'il en éprouve. Cependant les deux jeunes gens restent moins longtemps près d'Isaure, car Edouard n'y est pas aussi heureux en présence d'Alfred, devant lequel il ne veut point parler de son amour; et celui-ci, malgré tous ses efforts, ne peut parvenir à y retrouver sa gaieté habituelle.

— Mon cher Edouard, dit Alfred à son ami en revenant au château, désormais, je te laisserai aller seul voir Isaure; c'est toi qu'elle aime... elle ne cherche pas à le cacher... mais vraiment elle est si jolie! si séduisante ! même avec celui auquel elle ne cherche point à plaire, que, malgré toute l'amitié que je te porte, si je la voyais souvent, je ne répondrais pas... oui! je ferais quelque sottise... et ensuite j'en serais d(Solé; il

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