CHAPITRE XXYII
lES ADIECX AU CHATEAU.
Alfred a entraîné son ami vers le premier chemin qui s'es^ trouvé devant eux; il n'a songé qu'à l'éloigner de la Maisou Blanche et de la demeure d'Isaure. Les deux jeunes gens marchent longtemps au hasard et en silence, leur cœur est trop oppressé pour qu'ils puissent encore se communiquer leur pensée. Mais, après avoir marché pendant fort longtemps sans autre but que de s'éloigner de la petite vallée, épuisés de fatigue et d'émotions, ils s'arrêtent dans une vaste prairie; Edouard se laisse tomber sur le gazon en disant à Alfred : — — Reposons-nous ici... J'ai besoin de respirer un moment.
Alfred s'assied près de son ami. Pendant longtemps encore
StO LA MAISON BLANCHE.
ils gardent tous deux \er silence, enfin Edouard dit d'une voh altérée : — Es-tu bien sûr que cet homme soit ton père?
— Mon ami, les yeux d'un fils peuvent-ils s'y méprendre?... Oui, c'est bien lui ; il venait de mon côté... La lune éclairait parfaitement. J'ai eu tout le temps de le regarder, de le reconnaître!... frappé de surprise, je suis resté immobile... je n'ai point quitté les arbres qui me dérobaient à sa vue... j'en rends grâce au ciel!... Un fils ne doit jamais forcer l'auteur de ses jours à rougir devant lui. Je ne dois plus chercher à connaître les motifs de la conduite de mon père, ni les sentiments qu'il éprouve pour Isaure... N'est-il pas maître de ses actions? et s'il a... quelques faiblesses, ne les rachète-t-il pas par mille qualités? Ah! mon cher Edouard, quand je pense aux événements affreux qui pouvaient arriver si je n'avais pas reconnu mon père... si l'obscurité nous eût dérobé ses traits à tous deux!... Je frémis encore... mon cœur se glace!... Mon père... si bon, si indulgent pour moi!... qui ne cherche qu'à me rendre heureux... qui est pour moi l'ami le plus tendre! serait mort de ta main peut-être... et en présence de son fils! Ah! mon ami, crois-moi, toutes les peines de l'amour, tous les tourments que nous cause une femme n'approcheront jamais de l'angoisse qui déchire le cœur d'un fils à la pensée d'avoir pu, sans le savoir, servir de témoin au meurtrier de son père!...
— Alfred, je pense bien que tu es rassuré maintenant. — Oui... j'en suis persuadé, tu respecteras mon père... et d'ailleurs, mon ami, soyons justes, ce n'est pas lui qui t'a trompé... Isaure seule est coupable, elle ne devait pas répondre à ton amour... elle ne devait pas te donner d'espérances... mais les femmes cèdent toujours à leur désir de plaire, sans songer à tout ce qui peut en résulter. Dans ta fureur jalouse, tu veux combattre celui qui défend à Isaure de te revoir, de t'écouter encore!... Cependant n'en avait-il pas le droit? depuis longtemps sans doute il connaît cette jeune fille!... Voilà donc le motif de ces fréquents voyages dans lesquels il ne me proposait jamais de l'accompagner... Oui; oh! il y a longtemps... bien longtemps qu'il vient à la Maison Blanche... mais une amourette!... J'avoue que cela m'étonne, et j'ai encore peine à le croire. Depuis la mort de sa seconde épouse, de cette Adèle qu'il aimait tant, je lui ai entendu dire cent fois qu'aucune femme ne pouvait désormais toucher son cœur... Je sais bien
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qu'on dit cela et que ça n'empêche pas que... mais, je le n'pète. cela m'étonne... Son seul tort est de ne m'avoir pas mis dans sa confidence, de ne m'avoir pas dit deux mots de celte intrigue... Ne suis-je pas autant son ami que son fils?... Alors nous n'aurions pas été nous promener près de la Maison Blanche et faire la cour à la petite, je n'aurais pas été exposé à devenir le rival de mon pèrel... mais, puisqu'il veut cacher cette intrigue, respectons son secret... Il ignore que c'est dans ce pays que nous sommes; je n'ai jamais eu le temps de lui écrire, et certainement, si la petite lui a parlé d'un Edouard, il ne se sera pas douté qu'il s'agissait de l'ami de son fils.
Edouard a écouté tranquillement Alfred; il semble approuver tout ce qu'il vient de dire; il est plus calme, la raison se fait entendre. L'air pur et frais de la nuit, le repos qu'ils viennent de prendre ont aussi fait leur effet; le sang circule mieux, les oppressions sont moins fortes; et tel qui se livre à tous les transports d'une fureur jalouse et ne rêve que vengeance serait beaucoup moins furieux s'il voulait se promener au grand air pendant un quart d'heure. Le physique et le moral se tiennent toujours un peu.
Après quelques nouveaux instants de silence , Edouard dit à son ami :
-— Je ne veux plus rester dans ce pays... J'ai hâte au contraire de m'en éloigner... Dès demain je ferai mes adieux aux habitants du château, et je quitterai l'Auvergne... où pour monrepos je n'aurais jamais dû ventr! — Je partirai avec toi... Je commence d'ailleurs à me lasser du château de la Roche- Noire et de tous les originaux qu'il renferme... Oui demain nous ferons nos adieux... Nous retournerons à Paris chercher des distractions, ou, si tu le préfères, nous irons visiter la Suisse, l'Italie... Partout je t'accompagnerai... Le temps... et mon amitié parviendront à effacer de ta pensée des souvenirs pénibles... Allons, donne-moi ta main, Edouard!... Crois-moi, on n'est jamais entièrement malheureux quand on possède un véritable ami.
Les deux jeunes gens seserrentlongtem^ysla main, et Edouard promet à Alfred de faire tout ce qui dépendra de lui pour oublier Isaure.
— Où sommes-nous? dit Edouard au bout d'un moment. Ma foi, je n'en sais rien... nous avons marché longtemps , et
n'ai fait nulle attention aux chemins. Je ne me reconnais pas... la lune s'est cachée. Comme nous pourrions fort bien nous égarer dans ces campagnes, je crois que nous ferons mieux de rester ici jusqu'au jour; dès qu'il paraîtra, nous regagnerons le château.
Edouard est de l'avis d'Alfred; ils s'étendent sur le gazon pour y chercher le repos ; mais il n'approche pas des paupières de l'amant d'Isaure, qui a sans cesse présents à la pensée les traits si aimables de celle qu'il s'était fait une douce habitude d'aimer et de voir chaque jour.
Dès que le jour commence à poindre, les jeunes gens se lèvent, et des paysans qui se rendent à leurs travaux leur indiquent le chemin du château. Ils y arrivent sur les huit heures du matin, et rencontrent dans la cour M. Férulus, qui a à son habit les grands boutons d'acier, mais qui porte sous son bras un gros paquet de li\ res comme le jour où il est venu s'installer à la Roche-Noire.
Le savant s'est arrêté au milieu de la cour; il jette un dernier regard sur les fenêtres de l'appartement qu'il habitait et s'écrie ; — Adieu, Rome! je "pars!.,.
En se retournant, il aperçoit les deux jeunes gens, et va au-devant d'eux d'un air assez triste, puis leur fait un grand salut.
— Où allez- vous donc de si grand matin, monsieur Férulus? dit Alfred. — Je m'en vais, messieurs, je quitte pour jamais ces lieux; on me renvoie... on me destitue de ma place 1... Et pourquoi? parce que j'ai appris à une jeune fille à se servir de la bassinoire que nous a donnée la nature... Ce n'est pas ma faute d'ailleurs s'il n'y en avait pas d'autres dans le château 1 — Gomment! tout cela ne s'est pas arrangé, raccommodé?... Robineau est cependant un bon garçon... — Depuis qu'il est marié, ce n'est plus que la nullité la plus complète. . . Pauvre cher homme !. . . il en verra de cruelles 1... Je n'ai pas le bonheur de plaire à madame son épouse!... Elle n'a pas trouvé mes vers jolis... ou du moins elle a refusé de les entendre... Messieurs, il n'y a rien à espérer de quelqu'un qui ne sait pas respecter la science 1... Après m'êlre ennuyé tous les soirs à faire la partie de cet insolent la Pincerie et de son imbécile de frère, voilà comme on me récompense!... Safunts.suw opprobriis!... et mis à la porte sans même un mois de mes appointements de bibliothécaire. Mais qu'ils en
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trouvent un autre de ma forc-e! Madame a dit que son oncle Mignon ferait fort bien tout ce que je faisais ici... Quel blasphème!... Mais il paraît que toutes les places que le cher oncle devait avoir se réduiront à être domestique chez sa nièce. Au reste, j'emporte la bibliothèque sous mon bras... elle m'appartient, c'est tout mon bien... Je vais tâcher de reformer une petite école, ou de trouver un autre Mécène qui veuille d'un Virgile pour aller à l'immortalité moyennant cent écus par an... Il me semble que cela ne vaut pas la peine de s'en passer. Quant à ce château, vous verrez, messieurs, il sera bientôt mangé, pillé, vendu, abandonné... il s'écroulera sans qu'on se rappelle le nom de son dernier possesseur, et on cherchera la Roche- Noire comme on cherche maintenant Bahylone, Thèbes et Ninive!
— Nous ne verrons pas ce/a, mon cher monsieur Férulus, car nous allons aussi quitter ce château.
— Vous allez le quitter, messieurs? dit Férulus d'un air tout joyeux, j'en suis enchanté!... Ces gens-là ne sont pas dignes de vous posséder I Vous et moi de moins, je vous demande ce qu'il restera de spirituel au château!... Vous retournez à Paris?...
— Peut-être... nous comptons voyager un peu. — Vous n'avez pas besoin d'un interprète pour vous servir de truchement dans les pays que vous allez parcourir?... — Non, nous en savons assez pour nous faire comprendre où nous irons. — Vous n'avez pas... par hasard, quelques enfants dont il faille soigner l'éducation?... -- Non, monsieur Férulus, pas pour le moment,
— Alors, messieurs, je vous fais donc mes adieux... vale et me ama.
Le savant s'éloignait tristement ; les jeunes gens auraient voulu lui faire accepter leur bourse, pour empêcher de mourir de faim un homme qui ne cherchait qu'à faire aller ses semblables à l'immortalité; mais ils ne savaient comment s'y prendre, de crainte de blesser son amour-propre; cependant Férulus, qui s'éloignait lentement et à regret, laisse échapper un volume du paquet qu'il porte, et continue sa marche sans s'apercevoir ie la perte qu'il vient de faire. Alfred va ramasser le volume, îl cache sa bourse dessous, appelle le savant, qui s'arrête surle-champ, et courant après lui, le jeune homme lui met dans la main le livre et la bourse en lui disant : — Monsieur Férulus, vous avez laissé tomber ce volume. — Jéhova! c'est le traité da
Sénèque sur le mépris des richesses!... — Cela vous aurait peutêtre fait faute.
Le ci-devant bibliothécaire ferme sur-le-champ la main dans laquelle on a glissé les deux objets, fait un sourire aimable à Alfred, puis s'éloigne très-vivement, comme s'il eût craint qu'on ne voulût lui reprendre ce qu'on venait de lui donner.
Alfred et Edouard rentrent dans leur appartement jusqu'à l'heure du déjeuner. Alors ils se rendent au salon, où la famille est réunie. Quoiqu'il ait couché avec sa femme, Robineau n'en a pas l'air moins timide auprès d'elle; mais Cornélie trouve à : .eine le temps de répondre à son mari ; elle gronde chaque domestique, et vient déjà d'annoncer à son époux que Jeannette, e jockey et M. Cunetle ne tarderaient pas à suivre M. Férulus. Robineau n'a pas même le temps d'approuver les résolutions de sa femme, parce que lorsqu'il veut parler son beau-père lui 20upe la parole en lui disant : — Mon gendre, laissez agir voire épouse, et ne la contrariez jamais, ou, corbleu 1 vous auriez afh'ire à moi.
Les jeunes gens annoncent à la société qu'ils vont quitter le château, et Eudoxie dit à demi-voix : — Cela va être amusant ici!... Certainement je n'y resterai pas longtemps I
Madame de la Roche-Noire reçoit cette nouvelle très-froideraent; les deux jeunes gens n'ont pas paru assez éblouis de ses charmes pour qu'elle les regrette. Mais Robineau, qui commence à s'apercevoir que depuis qu'il est marié il ne s'amuse pas autant qu'il l'espérait, s'écrie : — Comment ! vous voulez déjà nous quitter... partir?. . et quand cela? — Aujourd'hui :ïième, dit Alfred. — Aujourd'hui!... Ah! par exemple... je ne le... nous ne le souffrirons pas, cela ferait de la peine à mon épouse... Encore quelques jours... on ne part pas si brusquement! — Eh bien!... nous ne partirons que demain, répond Edouard, qui semblait depuis quelques minutes enseveli dans de profondes réflexions. — Demain soit, dit Alfred, qui est cependant surpris qu'Edouard veuille bien différer leur départ.
On ne tarde pas à retourner chacun à ce qui lui plaît. Eudoxie, qui veut sans doute qu'Alfred lui fasse ses derniers adieux, lui demande son bras pour aller se promener dans le jardin ; et Cornélie, restée seule avec Robineau, lui dit : — Pourquoi vous permettez-vous de retenir ces messieurs au château sans savoir si cela rae fera plaisir? — Mon amicj, i'ai cru que. . — Ne sont-
ils pas bien aimables, vos amis, qui passent tout leur temps à courir je ne sais où et ne sont ici que pour manger? Désormais, monsieur, c'est moi qui inviterai les personnes que je voudrai reecToir. — Oui, ma chère amie... Si vous voulez, je vais dire à Alfred et Edouard qu'ils peuvent partir tout de suite, que cela nous est ëgal... —Autre sottise!... Non, monsieur; ne dites rien, ne faites rien, ne vous mêlez de rien, voilà tout ce qu'on vous demande.
Après avoir dit cela, Cornélie laisse là Robineau, qui, lorsqu'il est seul, frappe du pied avec force en disant : — Je ne veux pas la contrarier, parce que nous sommes dans la lune de miel ; mais je sais que je suis le maître, ça me suffit.
Après avoir assez longtemps promené Eudoxie, Alfred est rentré au château ; il dispose tout pour son prochain départ et se rend ensuite près d'Edouard.
— Pour quel motif as-tu bien voulu différer notre départ? dit Alfred ; il me semblait que tu devais être pressé de t'éloigner de ce pays... de... ces montagnes.
— Oui, oui, sans doute, répond Edouard avec embarras; mais avant de quitter l'Auvergne... où je ne reviendrai jamais.., je voudrais... Alfred, tu vas lie gronder!... — Non, dis-moi franchement ce que tu espères encore? — Je n'espère plus rien!... Mais je ne puis résister au désir de revoir Isaure encore une fois... de lui faire mes derniers adieux!... — Je m'en doutais!.'.. — Je l'ai quittée si brusquement... pourtant je ne connaissais pas alors toute sa perfidie... mais rassure-toi, ce n'est pas pour lui faire d'inutiles reproches que je veux la voir, au contraire!... Je lui dirai... que je lui pardonne tout le mal qu'elle m'a fait... que je désire qu'elle soit heureuse... que jamais son image... Oh! non, je ne lui dirai pas cela, et cependant... Ah! mon ami, blâme-moi de ma faiblesse!... mais je crois que je l'aime plus que jamais!...
— Tu veux aller voir Isaure... mais y songes-tu?... si nous y trouvions... si tu y rencontrais... le baron? — J'épierai le moment où elle sera seule... tu sais bien qu'elle ne passe que peu de temps à la Maison Blanche; dussé-je ne lui parler qu'un moment, il faut que je la revoie encore... Alfred, pense donc que ce sera la dernière fois. — Eh bien ! je t'accompagnerai... Oui, jMrai avec toi; au moins je serai plus certain que tu ne feras pas d'imprudence, et je pourrai veiller à ce qu'on ne te sur
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prenne pas auprès d'elle... — Cher Alfred! que tu es bon t.».
— Il faut bien que je devienne sage quand tu fais des folies ; c'est chacun à son tour. Je vais dire au jockey de nous tenir les chevaux prêts pour ce soir, car je ne vois pas la nécessité d'aller encore à pied. Nous partirons à l'heure où on va se coucher, nous prétexterons d'ailleurs notre départ de demain pour nous retirer de bonne heure... Edouard, tu ne prendras pas d'armes, j'espère!... — Quelle idée!... Oh! non, non, je ne veux voir qu elle, je ne veux que lui dire adieu avant de m'en éloigner pour toujours!
Tout étant convenu, les jeunes gens vont rejoindre la compagnie. Ainsi que Férulus l'avait prédit, le dîner est beaucoup moins gai qu'à l'ordinaire. Alfred et Edouard ont trop à penser pour chercher à soutenir la conversation. Eudoxie semble s'ennuyer ; M. de la Pincerie est de mauvaise humeur, parce qu'il prévoit qu'il n'aura personne le soir pour faire sa partie; Cornélie garde son air de fierté et parle à peine; Mignon lui-môme ne paraît pas être fort content, parce que sa nièce lui a donné mille choses à faire dans le château; enfin Robineau traite ses deux amis avec une extrême froideur, dans l'espoir d'être agréable à sa femme.
Le soir, les jeunes gens font leurs adieux. — Il est possible, dit Alfred, que nous partions demain avant que ces dames soient levées. — Comme vous voudrez, messieurs, dit Robineau; et si cela vous fait plaisir de partir ce soip, vous pouvez...
M. de la Roche-Noire n'achève pas, parce que sa femme le tire par son habit de manière à en déchirer la basque. Alfred et Edouard se regardent en souriant; et après quelques heures d'une conversation coupée par les fréquents bâillements du marquis et les soupirs étouffés de madame de Hautmont, on se dit adieu et l'on se sépare.
Les jeunes gens laissent à leurs hôtes le temps de se renfermer chez eux; puis ils descendent dans la cour, trouvent les chevaux sellés, et se font ouvrir par le concierge en lui disant :
— Nous reviendrons dans deux heures.
— Vous reviendrez quand vous voudrez, vous trouverez la porte ouverte, répond Cunette, qui est gris suivant sa coutume. Madame la bourgeoise m'a signifié que je pouvais me chercher une autre place... Alors vous entendez ben que je ne vais pas me gêner pour sê porte... Je me couche, et je laisse tout ou-
vert... arrive qui plante... je m'en moque... je n'ai pas envie Je me déranger.