Scène VU
RAMON, entrent PEPILLO, LE GUITARISTE, ELENA et MERCEDES
Pepillo. — Bonjour, don Ramon.
Ramon. — Salut!
Pepillo. — Joli temps !
Ramon. — Oui ! Avant peu nous aurons de l'orage, et ce soir la salle sera vide.
Le Quitabiste. — Bah! Chaque métier traîne ses misères.
Elena. — S'il ne vient personne, nous aurons fini plus tôt.
Mercedes. — Nous nous coucherons de bonne heure.
Ramoi^. — Tu ne penses qu'à dormir !
Mehcedès. — Pas du tout ! Je pense à me coucher...
Elena. — Ah ! Cette Mercedes !
Pepillo. — Je te conseille de parler, Elenital Troiâ galants t'attendaient cette nuit dans la rue.
Le Guitariste. — Avec lequel es-tu partie î
Elen^^ — Avec tous les trois.
MERcijBDès. — Non f
ElenÀ. — Ils m'ont accompagnée jusqu^à ma port^; idais dans ma chambre le quatrième m'attendait. \
Pbpillo; — C'est toujours celui qui m'a succédé î
Elena. — Toujours.
pK»rLiiO. — H ne me vaut pas, disT
Elena. — C'est autre chose: tu ressembles à une femme; if ressemble à un taureau.
MEliCEt)è8. — Bravo toro !
Pepillo. — On boit?
Mercedes. — Si tu veux, mon petit.
Pepillo, — Tu es riche?
Mercedes. — Assez pour t'offrir un verre.
Pepillo. — Pour qui me prends-tuf
Elena. — Ah ! ah !
Le Guitariste. — Ta dame est donc bien généreuse pour que tu sois si fier...
Elena. — Ta dame, ou ton homme?
Pepillo. — Vous êtes bêtes. Et pour toi, Mercedes, quoi?
Mercedes. — Whisky?
Pepillo. — Tu es avec un Anglais? Et toi, Ëleoa?
Elena. — Absinthe !
Pepillo. — Tu es avec un Français? (Au guiuri»te). Et nous, mon vieux?
Le. Guitariste. — Limonade, hein ?^
Pepillo. — Limonade, (ils s'installent . autour d'une ubic.) Coucha! Conchal
CONCHA, à la porte de la cuisine. — Quol?
Pepillo. — Absinthe et wisky pour elles j limonade pour nous.
CONCHA, disparaissant. — Bien!
. Pepillo, à Ramon. — Vous ne dites rien, don Bamon? . Ramon, qui écrit. — Je fais vos comptes.
Pepillo. — Soyez généreux !
Ramon. — Je suis juste!
Elena. — Trop juste!
Concha et Est relia entrent avec des bouteiUes et des verres. Elles servant les artistes.
Pepillo. — Bonjour, Estrella, Estrellital Estrslla. — Bonjour!
Pepillo. — Pourquoi me regardes-tu si durement? Estrella. — Vous m'ennuyez?
Elena. — Laisse-la tranquille, Pepillo!
Mercedes. — Tu l'agaces toujours.
Concha. — Il en est amoureux.
Pepillo. — Si j'en étais amoureux, elle serait pluii gaie.
Estrella. — Vous croyez î
Elle hausse les épaules et s'en va.
Pepillo. — Estrella, reste ici.
Concha. — Ferez- vous mon travail?
Estrella. — Surveillerez-vous le fourneau?
Pepillo. — Oui! Si tu le veux, je surveillerai le fourneau.
Elena. — Ah ! Ce Pepillo I
Pepillo. — Je ferai ce que tn désires. Je danserai pour toi, et même, si ta me le demandes, je t'embrasserai.
n l'embrasse.
Bahon. — Assez! Je ne te permets pas de tourmenter cette petite.
. Pbpillo, — Mais, senorl...
Estrella. — Il ne m'a pas fait de mal. H rit, il plaisante! II peut bieR plaisanter, il est gentil.
Elena. — Abl ab! Son baiser ne t'a pas déplu?
Mercedes. — Tu n'es pas farouche.
Estrella. — S'il fallait se fâcher pour un baiser !
Le GniTABiSTie, s'avançant. — Vraiment?... Alors...?
Estrella. — Oh ! mais, pas vous! Un baiser suffit.
Pepillo, luî donnant une fleur. — A toi cetts fleur, à toi cette fleur. Estrellita! A toi mon âme!
Ramon. — Quand tu voudras retoormer à la eoisine, Estrellita?
Estrella. — J'y vais.
Elle rentre avec Çoodia.
Pepillo. — Sans rancune, senort
Ramon. — Quoi?
Pepillo. — Je ne savais pas vous déplaire en taquinant Estrella^
Ramon. — Je croyais qu'elle était fâchée. Puisque vous êtes d'accord, je n'ai rien à dire.
Pepillo. — Oh I H ne faudrait pas croire...
Ramon. — Je ne te demande pas d'explications. Tu es libre de faire ce que tu veux.
Elena. — Une de plus, une de moins !
Mercedes. — Ahl voilà la senoral
Le Guitabistb. — Et la caisse!