Scène VI
RAMON, puis TOMASA Ramon. — Mama!
TOMASA, apparaissant. — Eh bien?
Ramon. — Tu sais, Coucha nous quitte.
ToMASA. — La sans-cœur! Je m'en doutais! Elle épouse Luisito!
Ramon. — Oui!
ToMASA. — Quand s'en va-t-elle?
Ramon. — Quand nous aurons trouvé une nouvelle servante.
ToMASA. — Eh bien? Et Estrella?
Ramon. — Elle ne suffira pas à la besogne?
ToMASA. — Crois-tu que je vais encore payer une servante? La maison est lourde, mon petit. Et tu veux deux servantes? Pourquoi pas un laquais, un cocher, un nègfre.
Ramon. — C'est bon ! C'est bon !
ToMASA. — Ah! Çâ t'ennuie, mon garçon, de voir ta belle frotter les tables et aller chercher de l'eau à la fontaine.
Ramon. — Que veux-tu dire?
ToMASA. — Je sais bien qu'elle te plaît, la petite Estrella?
Ramon. — Oh t là, là !
ToMASA. — Elle ne te plaît pas?
Ramon. — Je m'en moque.
TdMASA, — Tu as bien raison. Ce n'est pas une femme digne de toi. Laisse-la à son Pepillo.
L'ILLUSTRATION THÉÂTRALE
Ramo^. — Quoi? Pepillo?
ToMASA. — Ils s'adorent.
Ramon. — Ce n'est pas vrai! Ce n'est, pas vrai !
ToMASA.. — Pourquoi? Il est gentil, ce petit. H danse bien. Les femmes l'aiment.
Ramon. — Tu veux voir si je suis jaloux, marna. £[h bien, je suis très calme.
ToMASA. — Parce que tu ne me crois pas!. Parce que tu es aveugle, conune tous les amoureux I
Ramôn — Parce que ça m'est égal, ça m'est égal!
ToMASA. — Tu ne cries pas, c'est vrai! Mais tu es tout blanc, tu as les sourcils joints et tu fais mauvais visage.
Ramok — Qu'elle soit la maîtresse de Pepillo on du diable, qu'est-ce que ça peut me faire?
ToMASA. — Bon ! C'est bien. Je vais chercher l'argent et le livre pour la paye.
Ramon. — Va I Va !
ToMASA. — Tu es malheureux, mon petit.
Ramon. — J'ai des soucis.
ToMASA. — Tu as du chagrin.
^lle tort. Ramon va vers la table» se verse un verre d'eau et l'assied, Tair préoccupé.