Scène II
Les mêmes, LE LIVREUR, puis CONCHA
Le LrvREtJR. — Par les saints anges ! En voilà des beautés !...
Ramon. — HeinT
Le Livreur. — Il n'y a pas plus beau dans toutes le» provinces! Voilà vos bouteilles.
EsTREiiLA, appelant. — Concha ! Concha !
CONCHA, arrivant. — QuoiT
EsTRELLA. — Porte ces bouteilles à la cuisine! Concha. — C'est bon !
Elle emporte le paquet.
Le Livreur. — Vous ne vous occupez plus du ménage, senoritaT...
EsTRELLA, — Oh! non!
Le Livreur. — Il paraît que vous allez nous donner de fameuses danses.
EsTRELLA. — On essayera.
Le Livreur. — Savez-vous bien, don Ramon, qu'on ne parle que de votre maison dans Cadix.
Ramon. — Tant mieux!
Le Livreur. — Alors, c'est la senorita qui est maintenant votre première danseuse.
Tomasa. — Tu verras ça !
Le Livreur. — Elle est assez jolie pour faire emplir la salle.
EsTRELLA. — Tu trouves?
Le Livreur. — Oui, oui! Je trouve!
Ramon. — C'est bien. Au revoir!
Le Livreur. — Et, si j'étais plus jeune, il y a une danse que je danserais bien avec elle.
Ramon. — Laquelle?
Le Livreur. — La danse que mon père a dansée avec ma mère neuf mois avant ma naissance.
Estrella. — Ah! Ah! H est malheureux que tu ne sois plus jeime.
Le Livreur. — Je ne suis pas si vieux !
Ramon 1 lui donnant quelques sous. — Prends ! Prends ! Bonsoir î...
Le Livreur, s'en allant. — Quand vous voudrez. Est l'eu ita, j'oublierai pour vous ma bien-aimée et ma femme... D'ailleurs, je n'ai ni femme, ni bien-aimée.
Il fort.