Scène X
RAMON, puis CONCHA
Ramon, appelant. — Concha!
CoNCHA. — Senor!
Ramon. — Sais-tu quels sont ceux qui traînent autour de la maison?
Concha. — Mais non ! Comment ?...
Ramon. — Ton fiancé et son frcio.
Concha. — Ah! vous m'aviez fait peur!
Ramon. — Pourquoi rôdent-ils autour des murs en re^Sfardant les fenêtres? Pourquoi ont -ils essayé de se cacher quand j'ai ouvert la porte?
Concha. — Mais, don Ramon, ils savent que vous êtes occupé aujourd'hui. Ils ont peut de déranger...
Ramon. — Alors, ils n'ont qu'à rester chez eux!
Concha. — Luisito veut tans doute me voir. II a aspéré que je l'apercevrais et que je sortirais.
Ramon. — Tu crois?
Concha. — Mais oui!
Ramon. — Tu n'es pas jalouse, Concha?
Concha. — Pourquoi serais-jo jalouse?
Ramon. — Tu as confiance en ton fiancé?
Concha. — Il m'aime!
Ramon. — Tu ne crains pas qu'une fenune ne te le prenne?
Concha. — Une femme?
Ramon. — Oui, tu sais bien...
- Je ne comprends pas.
- Elle le regarde tendrement. Elle lui
COMCBA.
Rauok.
sourit.
CONCHA. — Mais quil
Rauoh. — Tu sais bienl Tu sais bien! Tu ne veus pas la nommer pour ne pas avouer que tu es jalouseT
CoNCHA. — Mais, don Ramon, vous vous trompez.
Rauom. — Et ton galant la trouve à son gré !
CoscHi. — Ce n'est pas vrai!
Rauok. — Ses yeux brillent quand elle le regarde.
CoNCHA, — Non ! Non !
Ramon. — C'est pour la voir, c'est pour recevoir d'elle nne lettre, qu'il rôde autour de la maison.
Coucha. — II n'est pas seul.
Ramon. — Son frèreT Tu crois que son frère?.,.
CoNCHA. — Je ne crois rien.
Rauov. — Parle! Parle! Conc-Ln! Ma petite Concha! Dis-moi ce que tu sais. Voyons, ne me caclie
CoNCHA. — Mais je ne sais rieu.
Ramon. — Alora, vraiment, Beuilo aimerait la petite T Allons ! raconte-moi. Luisito est son confident ! Il l'aide dans ses amours ! Il a du tout te dire, à toi, qui es sa fiancée! Vous avez dû vous moquer de moi tous les trois!
CoKCHA. — Vous êtes fou!
Ramom. — Va les cherclier! Fais-les entrer! Ils sont chez eux ici ! Je leur enveirai même Eslrella. Vous ferez tes chattes eu chaleur avec vos matous, mais je vous écouterai miauler...
CoNCHA. — Vous me faites peur!
Ramon. — Je ne sais plus ce que je dis,
CoKCHA. — Senor...
Ramon. — Ma petite Concha, la vérité, la vérité, je t'en supplie!
CONCMA. — Je vous jure qu'iî n'y u rien !
Ramon. ^ Oui! oui! li n'y a peut-être rieu encore. Mais demain, tout à l'heure...
CoNOHA. — Ah! demain...
Ramon. — Tu vois! Tu vois! Tu as des doutes,
comme moi ! (I1 t> à la porte et regarde dans la rue.)
Ils sont toujours là ! <il ouvre la Doric) Fais-les entrer, je te dis.
Concha. — Non .' non !
Ramon. — Fais-les entrer! Je verrai bien si l'ii tort.
Concha. — Mais vous me rendriez jaloose...
Ramon. — Comment donc aimes-tuT si tu n'es pas jalouse! Appelle-les! Fais-leur bon accueil. F-strella va descendre.
Cokcha, — Onil
LuTsrro. — Ce sera tite bean. J'ai dix camarades
qui viennent l'applaudir, et moi, je ferai plus de bmit
qui