‹ La Maison de danses: Pièce en 4 actes et 5 tablChapitre 43 sur 49 · Scène VII · texte numérisé non relu

Scène VII

Les mêmes, ESTRELLA, TOMASA, PKPILLO

A ce moment, Tomasa frappe à l'cx lé rieur, contre la fenêtre. Concha se dégage; Tomasa fait un &igne moqueur.

Concha. — Entrez, dona Toraasa; bonjour, Estrella; ça va bien, Pepillo?

Tomasa, entrant. — On gag:ne toujours à regarder à travers la fenêtre des jeunes mariés.

Pepillo. — Comme ta femme est belle, Luisito!

Luisito. — N'est-ce pas? Bonjour, Tomasa.

Il serre la main de Pepillo.

EsTRBLLA, entrant. — Tu es jolie comme le jour, Conchita.

Concha. — Merci, tu es bien aimable.

Tomasa. — La belle-sœur va bien?

Concha. — Elle est à côté^ dans le jardin, avec les enfants. Je vais la chercher.

Tomasa. — Mais non, nous irons la voir. Il fera bon dehors au vent de la mer.

Estrella. — Et Benito?

Luisito. — Il est sorti.

Estrella. — Il rentrera bientôt?

Luisito. — Sans doute.

Tomasa. — Ah ! lîstrella est inquiète quand son ami Benito n'est pas là. Elle adore votre frère, Lui- .sito: vous devriez en être jaloux.

Pepillo. — C'est vrai, elle t'a connu avant de le connaître, et cependant...

Concha. — Ne la taquinez pas, elle aime tout le monde.

Estrella. — Oui, Conchita, et tout le monde m'aime.

Tomasa. — C'est un bonheur pour mon fils d'avoir une fiancée comme ça.

Estrella. — Aussi, vous vous réjouissez de notre mariage ?

ToMAS.v. — Oui, il est fâcheux seulement que Pepillo ne soit pas là i)our être ton premier témoin.

C'oNCHA. — C'est vrai, vous partez, Pepillo?

Pepillo. — Je viens vous faire mes adieux; je pars ce soir.

Tomasa. — Estrella va en pleurer.

Estrella. — Bah! il y a un remplaçant.

Luisito. — Comment?

Estrella. — Dès demain, j'aurai un autre danseur.

Concha. — Pourquoi pas ce soir?

Estrella. — Ce soir nous ne donnons pas de représentation. C'est le vendredi saint, mais le petit Julio vaudra bien le frrand Pepillo.

Pepillo. — Non, il ne me vaudra pas: c'est moi qui t'ai initiée, ça ne s'oublie pas.

Estrella. — On ne se rappelle pas les difficuKrs du début, mais les joies qui viennent ensuite.

Pepillo. — Je sais bien que tu penseras souvent à moi.

Tomasa. — Et toi, tu te souviendras de nous à Paris, auprès de la belle Dolorès.

Luisito. — C'est la belle Dolorès qui te fait venir?

Pepillo. — Oui, elle a besoin d'un bon danseur, et, naturellement, elle a pensé à moi. Dans quelques jours je paraîtrai sur la scène des Folies-Bergère.

ToMASA. — Tu es né sous une- heureuse étoile! N'est-ce pas^ Estrella?

ËSTREiiiiA. — Oh! Si je voulais aller en. France...

CONCHA. — Et tu ne veux pas?

EsTBBLLA. — Je ne peux pas.

LtJisiTO. — Qui te retient à Cadix t .

Estrella.; — L'amour.

TOMASA. — Bah!

Estrella. — Ne suis-je pas la f mncée de Ramon ?

ToMASA. — Allons voir Amalia : j'ai trop chaud, j'étouffe.

CoNCHA. — Venez!

Pbpillo. — Je voudrais aussi dire adieu à votre belle-sœur.

Estrella. — Vous ne souhaitez pas que -je vous accompagne, dona Tomasat

ToMASA. — Non, non, reste là.

Sortent Tomasa, Pepillo, Concha.

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