‹ La maison de glaceChapitre 16 sur 35 · Armoire vitrée où sont renfermées les saintes images · texte numérisé non relu

Armoire vitrée où sont renfermées les saintes images

ta santé, pour la conservation de ton amour. J'ai constamment pensé à la joie que te causerait cette nouvelle inattendue ; je t'ai même écrit à ce sujet, mais apparemment...

— Je n'ai rien reçu, ma chère amie f

— Vilaines gens ! Comme ils ont travaillé avec art!... Tu n'as rien reçu?... Voilà simplement la cause de ton silence, malgré lequel je pensais toujours à la joie qui t'attendait; et voilà qu'à Moskou l'on me dit tout à coup que tu es amoureux de je ne sais quelle princesse moldave... Pour comble, mon frère m'écrit que tu veux... Mon Dieu! je ne comprends pas comment j'ai eu la force de survivre à cette lettre?... Il m'écrivait que tu voulais divorcer avec moi ; il m'engageait même, alléguant je ne sais quels motifs de gloire, de patrie, à y consentir.

Me séparer de toif 0ht ils ne me connaissent point} Dieu seul saurait nous séparer!... (Nathalia entoura plus étroitement son mari dans ses bras, comme pour confirmer ses paroles). Cruels f ils mont presque fait mourir, ils ont presque tué notre enfant. Je ne sais comment j'ai pu résister à tout cela f J'ai prié la sainte Mère de Dieu de ne point permettre que tu accomplisses cette mauvaise action. Sa protection est puissante; je vois, je sens à tes caresses qu'il n'y a rien de vrai dans tout ce qu'ils m'ont dit de toi. Je ne veux plus penser

à cela que comme à un horrible rêve 1 Dis-moi, cher Artemy, que c'était l'œuvre de méchantes et envieuses gens; répète-moi que tu m'aimes comme par le passé.

— Oui, chère âme, tout cela n'est qu'un tissu de mensonges, lui dit Wolinski, la couvrant de caresses qu'elle acceptait avidement, rayonnante d'un bonheur aussi pur que celui d'une fiancée sous sa couronne nuptiale.

— Peut-être, ajouta-il, une plaisanterie avec une princesse qui est ici en captivité a-t-elle motivé toutes ces choses; mais je te jure que c'était un enfantillage, une sottise d'un cœur désœuvré qui s'ennuyait loin de toi... Vilaines gens, fallait-il t'effrayer pour cette puérilité t.. . A qui pourrais-je jamais te comparer, toi, ma belle, ma précieuse amie ? Combien il est doux de pouvoir s'aimer sans crainte devant Dieu et les hommes 1

Peut-être en ce moment se scuvenait-il de la froide soirée de la veille, de sa frayeur, de ses soucis.

— Notre bonheur est pur; qui peut nous empêcher d'être les plus amoureux des amants, n'est-il pas vrai?

— Ohl je prierai Dieu de renfermer dans mon sein, comme un trésor, un monde d'amour sans limites, puis chaque jour je prodiguerai pour toi, mon bien-aimô, une partie de ces divins mystères; chaque jour mon cœur saura inventer pour le plaire une nouvelle caresse.

LA MAISON DE GLACE. Ul

— Non, mon précieux bien, non, je ne te connaissais pas.

Et, dans l'élan de sa passion, il fut sur le point de dire :

— Et j'ai pu te remplacer 1...

Mais il se contint et reprit :

— Ainsi nous aurons un beau et charmant enfant qui te ressemblera, peut-être une fille!

— Non ; je te donnerai un fils aussi beau que toi ; tu verras si je tiens parole I Je le nourrirai moi-même; tu me le permettras, n'est-ce pas?

— Oui, oui, mais en attendant c'est moi qui dois être ton enfant, ton enfant gâté.

— Mauvais sujet 1

Et il appuya sa belle tête sur le sein de la jeune femme, qui se soulevait sous le poids de ce doux fardeau.

La coupe d'enivrement débordait, et Mariolizza fut oubliée I

U% Là maison De GLâCE.

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