LE PASSAGE DO NORD-OUEST
glace, les blocs, formés de glaces anciennes et nouvelles accumulées, et employèrent ainsi quatre années fécondes en tourmentes et d'une température rigoureuse à l'excès ; puis, ayanlrencontré sir fiic/mrdson qui, avec l'aide du docteur /îae, avait fait d'importantes découvertes, ils durent remonter à grand'peine ces fleuves d'une navigation si périlleuse, et revenir à Londres sans avoir recueilli le moindre renseignement sur le sort de sir Franklin.
L'espace manque pour raconter en détail les généreux et persistants efTorls de l'Amirauté dans ces envois de secours aux vaisseaux perdus. En 1850, elle expédia le capitaine Collinson sur l'Entreprise, et le capitaine Mae Chiure sur V Investigateur a destination du Pacifique ; elle envoya à la Baie de Baffin, le capitaine Austin, sur le Resolute, et le capitaine Omrnaney sur Y Assistance, accompagné des deux fenders a vapeur, le Pionner et Ylntrepid. Le capitaine Penny avec le Lady Franklin et le Sofia dut tenter l'examen du golfe de Jones, et voguer à l'Occident dans les mers hyperboréennes. en passant devant l'entrée du canal de Wellirigton et côtoyant l'île Melville. Sir James Ross, bien que déjà vieux, monta sur le Félix pour enfiler de nouveau le détroit àeBarrow et l'explorer ; les capitaines Haven et Griffith, l'un sur YAdvance et l'autre sur leRoscue étaient chargés de l'examen du canal de Wellington.
Tant d'efforts ne suffisaient point à Lady Franklin ; pressée par l'amour conjugal, elle envoie à ses dépens le brick le Prince Albert et le confie au capitaine Forsyth, avec ordre de visiter le canal du Prince Régent. En même temps, la compagnie de la Baie d'Hudson charge le docteur Rae d'explorer la mer Glaciale depuis le fleuve Makenzie , jusqu'à la terre de Bank, au cap Walker et arux terres de Victoria et de Wollaston, nouvellement découvertes, mais encore presque tout entières inconnues. Aucun de ces héroïques et indomptables chercheurs ne rapporta le plus léger indice du sort de sir Franklin. En 1850, sa femme envoie de nouveau le Prince
Albert sous le commandement du capitaine Kennedy, ayant pour lieutenant le français Bellot ; ils reviennent, après de prodigieux efforts, sans nouvelles. En 1852, l'Amirauté expédie sir Belker avec cinq outres vaisseaux ; l'audacieux et expérimenté capitaine Inf/lefield sur Xlsahelle, arrivé à la Daie de Baffin, se lança jusqu'au delà du détroit de Smith dans la Polynie, et découvrit sous le cercle polaire et vers le quatre-vingtième degré, la petite île qu'il nomma, du nom de l'Empereur des français, île Louis- Napoléon, et qui est la terre la plus septentrionale que l'on connaisse. Au mois de juin 1852, le capitaine Inr<lepeld partait de nouveau pour le Pôle, avec le Phœnix, bâtiment d'une solidité prodigieuse, et le Breadalhen, navire de charge, lequel fut, le 20 août, broyé entre deux formidables masses de glace. Le Phœnix, plus robuste, résista au clioc ; et ayant jeté l'ancre devant l'île de Seechey, il y trouva le vaisseau le North Star, et apprit ainsi, a sa grande joie, que l'audacieux et heureux AJac Chiure avait enfin, après deux siècles et demi de vains et périlleux travaux, découvert le passage du Nord-Ouest, c'est-à-dire la communication de l'Atlantique avec le Pacifique qui fait de l'Amérique une île immense, séparée de tout continent.
Et de sir Franklin? Rien. Et des deux vaisseaux \'Erèbe et la Terreur ? Rien. Et de tant de braves marins ? Rien.