VII LES TÉMÉRITÉS DE PAHUY ET DE UHANGEL
En réfléchissant à la puissance qu'a sur l'homme le désir de la gloire ou la soif du gain, et combien ces deux passions qui ne sont jamais satisfaites l'excitent et le soutiennent dans des luttes formidables et des travaux presque impossibles,
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rous ne devons pas nous étonner de le voir, pîein de constance et d'intrépidité, chercher les rivages les plus reculés, et hraver l'excès de la chaleur et du froid dans les déserts brûlants de l'Afrique et sur les plages glacées des deux pôles. Les terribles épreuves subies par sir Franklin, et les tortures qu'il avait endurées, n'avaient pas assez calmé son ardeur pour l'empêcher, au bout de trois ans, de s'aventurer de nouveau à fouler ces mêmes glaces, à affronter les terreurs de ce même océan, enfin, à recommencer, et plus audacieusement encore, l'entreprise dont il s'éiait chargé vingt années auparavant, Parry brava quatre fois les périls de ces voyage.^ d'exploitation ; sir Ross, Richardson, Back, Rae, Inghjield, Bellot et Collinson recommencèrent, les uns deux fois, les autres trois, cette lutte, hardie jusqu'à la témérité, contre les montagnes de glace qui assaillent les bâtiments de leurs chocs et menacent à chaque instant de les briser ou de les submerger.
Mais plus d'un cœur chrétien a dû être attristé à la pensée douloureuse que tant de précieuses existences sont mises en si grand péril sans autre but que celui de s'assurer si les deux mers qui baignent les côtes d'Amérique communiquent entre elles, ou si elles sont bornées par un continent qui se prolonge jusqu'au pôle même et rejoignent l'Asie ou le Groenland; tandis que des missionnaires catholiques, pour sauver des âmes racheîées du sang de Jésus-Christ, ne se sont point encore exposés à ces redoutables épreuves, dignes des cœurs apostoliques armés de la force de Dieu. Saint François Xavier pleurait amèrement à l'idée que les marchands portugais eussent pris l'avance sur lui, en abordant les premiers au Japon pour y trafiquer ; et, se faisant un aiguillon de cette sainte émulation, il s'excitait lui-même à mépriser, dans son ardeur pour la gloire divine, la fureur des tempêtes, le froid et les aspérités de la glace qu'il lui fallait fouler de ses pieds nus, et la perfidie d'un peuple soupçonneux, astucieux et cruel, comme le senties Japonnais.
Mais l'entreprise est bien autre dans les régions polaires I