‹ La maison de glace, ou, Le chasseur de VincennesChapitre 46 sur 56 · LA PÊ<IU ET LA CHASSE · texte numérisé non relu

LA PÊ<IU ET LA CHASSE

bisons furieux, des fondrière? profondes, dos marais perfides! Remontez à cheval ; je vous suivrai.

Ces paroles firent éclater de nouvelles acclamaîions. Les Indiens sautèrent sur leurs chevaux, ardents et légers, et se dispersèrent au galop, à un signal donné par le Cacique. Do nombreux troupeaux de bisons* paissent dans ces immenses prairies ; les chasseurs les enveloppent en faisant de grands détours, {t les forcent à se rassembler. Alors chacun choisit le sien, l'ajuste, et il est rare que son coup de fusil ne l'aballe pas. Au bruit des détonations, les bisons s'effraient et s'enfuient précipitamment en poussant d'horribles mugissements, et faisant voler sous leurs pas les touffes d'herbes et les mottes de terre. Les Indiens les pressent de toutes parts, les poursuivent sans relâche, les tuent à coups de fusil. Les pauvres bêtes épouvantées se jettent du haut du rivage dans le fleuve ou la rivière, et commencent à nager, mais des chasseurs apostés les tirent à mesure qu'elles sortent de l'eau. La colère des bisons blessés est très-redoutable ; devenus furieux, ils se précipitent sur leurs ennemis, évenlrent les chevaux et quelquefois les cavaliers qu'ils déchirent de leurs cornes, foulent aux pieds, et frappent de leurs museaux. Les chasseurs accourent à l'aide les uns des autres ; et souvent le bison n'a pas encore atteint celui sur lequel il s'est lancé, qu'il est tué d'une balle, ou percé à coups de pique et de bi.ïonnette.

Deux ou trois cents cavaliers peuvent mettre à mort en un jour plus d'un millier de ces animaux. Les autres Indiens, répandus dans la prairie ou retirés sous les arbres, s'enipressent de venir les dépouiller, les vider, les dépecer Ils remarquent par qui chaque bison a été tué, et réservent au chasseur la peau et les quartiers de l'animal, ne gardant pour eux que le foie, le cœur et les parties avoisin^ntes. Il y a tel

(I) On sait que le bison est un bœuf sauvage de l'espèce des butiles, dont il se dislingue par une bosse couverte de longs poils, ce qui lui donne un aspect en même temps disgracieux et terrible.

MAIS. DE OL

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