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1.4tre, la jeune fille peignait an naturel les rares vertus de son amie ; les heureuses qualités de son cœur et de sou esprit ; son généreux projet de revenir en Boolie pour y répandre à pleines mains la céleste semence, et y propager la parole divine que nulle bouche chrétienne n'avait jusque là fait entendre aux malheureuses populations de cette extrémité du monde.
«Peut-être, ajoutait Julie, peut-être le zèle, quelque ardent qu'il soit, des ministres du Christ, ne pourrait-il jamais les amener parmi ces déshérités, à travers des frimas éternels, un froid intolérable, sur une terre frappée de stérilité, hors déportée de toute communication avec les navires européens? Peut-être aussi Dieu ouvrira-t-il quelque jour une route, longtemps inconnue, à l'un de ses élus, qui viendra, semblable à un ange, faire retentir ces glaces réputées infranchissables, du nom de Jésus, pour les briser et les dissoudre à ce rom sacré, en attendrissant les cœurs durs de leurs rares habitants? Hermine d'ici là, sera fheureuse messagère des apôlres de Dieu. »
— Eh quoi! Français, s'écria le missionnaire ens'adressant à Martin, tu as abordé ces plages pour la pêche de la baleine ; les navigateurs anglais ont parcouru toutes ces mers dans le seul but d'en découvrir les passages, et les hommes de l'Evangile craindraient de s'avancer aussi loin pour sauver des âmes I Le froid ne g!ace-t-il le sang que dans les veines dos missionnaires ? Est-il donc impuissant sur les profanes ?
— Les hommes du siècle, répondit Martin, pénètrent sous les glaces du pôle comme les hérons et les grues, c'est-à-dire pourvus d'un plumage approprié au climat, et pour très-peu de temps; mais ies prêtres de Dieu seraient obligés d'y faire leur nid, ce qui est bien différent. Au reste, nous causerons de cela plus à notre aise à la Résidence.
Le prêtre et le Français partirent donc en traîneau, bien envelopptis de fourrures. Aidés par la blancheur de la neige,
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et guidés par les étoiles , ils arrivèrent très-tard au Fort dont ils trouvèrent les habitants horriblement inquiets au sujet du missionnaire qu'ils croyaient gelé sur quelque plaine de glace. En l'apercevant, ils poussèrent de grands cris de joie ; puis ils racontèrent comment, ne le voyant pas revenir, ils avaient envoyé des traîneaux dans plusieurs directions, et comment ceux qui les conduisaient avaient tiré de nombreux coups d'arquebuse pour indiquer leur présence, surtout aux alenlours de l'Indien mort, qu'ils avaient ensuite rapporté au Fort pour lui donner la sépulture.
Le missionnaire fit connaître le grave accident qu'il avait éprouvé, et dit qu'il aurait expiré infailliblement avant que ses amis ne fussent arrivés jusqu'à lui, si Dieu ne lui eût envoyé un ange, sous la forme d'une jeune fille de la race des Esquimaux, qui, le trouvant à demi-mort, l'avait secouru avec la plus parfaite charité, puis chargé sur ses épaules, et porté, d'un pas rapide, jusque sous sa tente, où elle l'avait déposé et sauvé. A ce récit, les Indiens et les Canadiens, pleurant d'attendrissement, demandèrent la bienfaitrice qui leur avait rendu cet immense service, pour l'accabler de remerfiements. Le prêtre leur promit qu'ils la verraient le lendemain, et il se retira enfin avec Martin dans son appartement. cil déj'a s'étaient rassemblés le capitaine, le médecin et les directeurs de la compagnie dtHudson.
Lorsqu'à la première lueur du jour, le Français sortit de sa chambre pour aller chercher les deux jeunes Esquimaux, il trouva l'esplanade couverte de traîneaux, et les hommes les plus importants de la factorerie prêts à l'accompagner pour faire honneur à celle qui avait sauvé le saint homme, leur ami, leur père, l'objet de leur amour et de leur respect. Ils partirent donc tous ensemble, et trouvèrent, en arrivant, la tente ployée, et tout remis en ordre. Le capitaine ou directeur voulut qu'Hermine prît place sur son traîneau, orné comme pour une fête, et tiré par quatre cerfs magnifiques; ai.'ie.-< quoi, on reprit en toute hâte le chemin du Fort. Oa