‹ La maison de glace, ou, Le chasseur de VincennesChapitre 6 sur 56 · I. (HlltS BI.ANC · texte numérisé non relu

I. (HlltS BI.ANC

Mais tout, rela n'est rien en cump;ircni;on des énormes montagnes de glace flottantes, que les courants du pôle entraînent vers le midi. 11 y en a dont le sommet s'élève à huit cents ou mille pieds, et dont la base s'enfonce du plus du double dans les profondes vallées sous marines, dans les tourmentes qui bouleversent l'Océan ; ces corps formidables sont précipités les uns contre les autres, et quelquefois on en voit jusqu'à cinquante et soixante formant comme une immense chaîne do nwntagnes flottantes, dont les mouvements produisent des chocs et des ébranlements terribles et qui augmentent encore la fureur des ondes ; aussi les malheureux vaisseaux n'y peuvent-ils résister et périssent-ils le plus souvent, écra?és ou broyés.

C'est vraiment la guerre, des géants. Les montagnes de glace les plus septentrionales, étant les premières à subir l'effort de l'aquilon, se précipitent le long du Groenland et par le détroit de Lancastre, et viennent heurter les masses énormes qui se dressent contre elles, et qu'elles frajjpent, ébranlent et renversent avec un bruit et des secousses effroyables. D'autres se rompent à ce choc, et leurs débris formidables, en retombant, s'enfoncent dans la mer qu'ils bouleversent jusque dans ses abîmes, et qui rejette alors, sur les glaces du continent, les chevaux, les veaux et les chiens marins, les baleines et les orques venus à sa surface pour respirer. D'autres encore, frappés et brisés k la base, chavirent comme un vaisseau ; d'autres volent en éclats, et ces éclats vont heurter des glaces flottantes d'une masse moindre qu'ils submergent ou dont ils dispersent les débris dans l'infini de l'Océan. 11 n'y a dans cette lutte ni paix ni trêve; mais une agitation incessante, des mouvements furieux et désordonnés de ces masses qui tantôt s'éloignent et tantôt se rapprochent, qui s'enfoncent et reparaissent; et à chaque instant ces montagnes do glace, étant d'une nature friable, changent de forme, entamées qu'elles sont, fendues et crevassées parla violence des chocs. De toutes ces secousses, l'âir reçoit de tels ébranle-

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