‹ La maison de granitChapitre 10 sur 50 · MORTES I · texte numérisé non relu

MORTES I

Les mortes qui furent aimées Ont emporté dans leur tombeau Des moissons de fleurs embaumées Elles dorment sous ce fardeau.

Elles dorment... Dans la poussière Leur être ne peut tressaillir Au bruit que fait sous la lumière Le clair printemps qui yeut jaillir.

Elles reposent sans pensées...

Nos cris, nos regrets, nos douleurs, Sous leurs paupières abaissées Ne feront plus sourdre les pleurs.

Et leurs pieds que la mort enchaîne Ne s'élanceront jamais plus Vers la déception certaine Des bonheurs que l'on a voulus.

0 mortes, si l'on vous désire, Votre cœur restera glacé; Vous ne verrez pas le sourire Du regard au vôtre enlacé.

0 mortes, si l'on vous oublie, Du moins vous ne le saurez pas; La jalousie et sa folie Ne sauraient plus tordre vos bras.

Page 1