‹ La maison de granitChapitre 33 sur 50 · LA PRIÈRE DU SOIR · texte numérisé non relu

LA PRIÈRE DU SOIR

Je t'aurais apporté cette joie attendue, Si ta main caressante avait touché les mains Qui s'ouvraient pour t'offrir, à travers l'étendue, La paix des jours et la beauté des lendemains.

Tu n'as pas deviné le secret de ma bouche, Close sur mon amour comme un tombeau scellé; Tu m'a crue insensible, inhumaine, farouche; Mon regard douloureux ne t'a rien révélé.

Et nous avons suivi des routes différentes;

Et jamais entre nous un mot de vérité

N'a jailli, transformant nos deux longues attentes

En une heure d'orgueil sublime et de beauté.

Mais s'il peut te venir quelque fierté d'apprendre Que je t'avais voué le temple de mon cœur, Penche-toi sur mes yeux où tu pourras surprendre Ton image adorée avec mon dernier pleur.

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