‹ La maison de granitChapitre 34 sur 50 · UNE AUTRE TE DIRA · texte numérisé non relu

UNE AUTRE TE DIRA

Une aulre aura de toi la flamme de ta vie

Et ton brûlant plaisir ; Une autre te tendra son âme inassouvie

Et son jeune désir.

Mais tu ne sauras pas le charme intraduisible

De plus chastes bonheurs ; Et, sous mes doigts, jailli d'une source invisible,

Coule un ruisseau de pleurs.

Lorsque la volupté posera sur ta lèvre

L'âpre goût de la mort, Que la chaleur du jour brûlera de sa fièvre

Ton cœur fragile et fort :

La rose de la joie en tes mains sera sèche,

Et tu voudras pleurer !

Alors viens te pencher près de cette onde fraîche

Pour te désaltérer.

Et relère tes yeux obscurcis par les larmes !

Ecarte le passé... Pour te vaincre, la vie a de perfides armes,

0 pauvre ami blessé I

Repose-toi, veux-tu, près de la rive étroite

Qu'enveloppe le soir, Toi qui n'as pas suivi la route large et droite

Du lumineux devoir.

L'arbre de mon amour et de ma pitié tendre

Fleurit près de ses bords ; Vers ses fruits merveilleux si ta main veut se tendre, Leur fraîcheur calmera ta soif et tes remords.

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