‹ La maison de granitChapitre 37 sur 50 · LES ÉTOILES FILANTES · texte numérisé non relu

LES ÉTOILES FILANTES

Pendant les belles nuits limpides, il arrive De voir furtivement glisser dans l'azur clair Une étoile qui (île et s'en va, fugitive, Se perdre, on ne sait où, dans un coin de Téther.

Le vœu qui sort du cœur et qui suit dans Tespace Le rapide trajet que les étoiles font Est toujours exaucé ; c'est la divine grâce Qui, pour fleurir nos mains, jaillit du ciel profond.

J'ai confié souvent à ces lueurs si frêles Le secret de mon àme alors qu'elles passaient, Et toujours j*ai senti de la joie auprès d'elles Tandis que leurs regards brillants me caressaient.

Ma jeunesse aspirait à connaître la gloire Des martyrs consumés du pur amour de Dieu ; J'évoquais les héros les plus ^ifrs de Ihistoire ; Je voulais leurs vertus et leur àme de feu.

Plus tard j'ai soupiré : « Que ne puis-je être belle De la beauté des dieux que rien ne peut flétrir, Pour garder près de moi, jusqu'à la mort fidèle, Celui que choisirait mon cœur prêt à s'ouvrir, y

Quand j'ai connu le monde et l'humaine détresse, J'ai rêvé de savoir apaiser la douleur, De poser sur tout front brûlant une caresse, Sur toute main glacée un rayon de chaleur.

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