‹ La maison de Jeanne d'Arc à DomremyChapitre 5 sur 14 · PUBLIQUE · texte numérisé non relu

PUBLIQUE

Ces ouvrages ont été achevés le XXV août M.D.GGGXX.

Hommage a Jeanne d'Arc

Députation de la ville d'Orléans

a Domremy

pour l'inauguration de ce monument

De Rocheplatte, maire d'Orléans; de Grémion, jer adjoint,

et Rabelleau, conseiller de Préfecture ,

délégué de M. Riccé, préfet du Loiret.

Trois autres, sur plaque en cuivre, portent : A Jeanne d'Arc

LA PREMIERE LEGION DE LA MANCHE LE 6 SEPTEMBRE l820

A LA MÉMOIRE DE JEANNE d'Arc ET AU SOUVENIR DE CHARLES X.

A Jeanne d'Arc de glorieuse mémoire.

Gérard Jacob, de Reims, écuyer, chevalier de la Légion d'honneur, a consacré ce buste dont il a fait don aux habitants de Domremy, le 3i mars 1827.

A cette époque, en effet, un buste du roi Louis XVIII avait été placé sur la cheminée.

Plus loin les mots :

Vertu. — Courage. — Dévouement.

Orléans. — Reims. — Compiègne. — Patay.

Chinon. — Vaucouleurs.

rappellent l'existence glorieuse de la Pucelle.

De la pièce de famille, on passe dans une autre, qui mesure 5 m. 40 de longueur sur 3 m. 3o de largeur et 2 m. 1 5 de hauteur; un corps de cheminée dont on retrouve encore la trace semble démontrer qu'elle avait dû servir de fournil. C'était, suivant une tradition constante, la chambre où couchait Jeanne, et dans laquelle elle allait jusqu'à abandonner son propre lit aux pauvres gens qui imploraient sa charité (1).

On ne peut dominer une vive émotion, quand on se trouve dans cette pièce, où le jour n'entre que par une

(1) Procès de Réhabilitation, déposition d'Isabelle, femme Girardin.

petite fenêtre carrée, de quarante centimètres de hauteur sur trente de largeur, le tout ménagé dans la profondeur du mur, comme une véritable meurtrière (1). Or, quand on se place devant cette étroite ouverture, en se baissant quelque peu, on aperçoit le clocher de l'église, dont la maison de Jeanne d'Arc n'était séparée que par un bout de jardin et une portion du cimetière. On recompose alors, par la pensée les touchants épisodes de la jeunesse de la pieuse fille : on la voit s'agenouillant ou s'accoudant sur cette embrasure et contemplant avec extase, l'asile sacré où elle allait chaque jour se retremper dans la prière ; écoutant le bruit des cloches qui sonnaient Y Ave Maria du soir, et prêtant l'oreille aux voix qui déjà s'étaient fait entendre dans le jardin de son père, alors qu'elle n'avait encore que treize ans.

A côté de cette fenêtre, dans le mur à gauche, on voit encore le châssis en bois, d'une armoire dont elle se servait pour serrer ses effets. Un grillage le protège, pour la préserver des entailles, dont il ne manquerait pas d'être l'objet de la part des visiteurs.

A l'autre extrémité de la chambre était la porte d'un cellier, éclairé sur le jardin, par un soupirail.

Quant à la chambre qu'occupaient, les frères de Jeanne, elle avait son entrée par une porte donnant dans la pièce commune.

Jusqu'à présent, tous les historiens qui ont décrit la

(1) Voir la planche qui représente cette chambre.

Il est possible cependant qu'une autre ouverture ait éclairé la pièce. On y retrouve en effet, la trace d'une fenêtre pratiquée dans lemurqui la séparait de la chambre occupée, dit-on, par les frères de Jeanne d'Arc. La taille des pierres de cette fenêtre indiquerait qu'originairement, elle donnait sur l'extérieur.

maison de Jeanne d'Arc, ont considéré la prétendue chambre de ses frères comme en ayant fait partie dès l'origine. Les vestiges d'une seconde fenêtre dans la chambre de la Pucelle, ainsi qu'on l'a vu plus haut, sembleraient démontrer le contraire. En tout cas, il est certain que le corps de bâtiment où se trouve cette place, a dû être édifié ou reconstruitaprès celui qu'occupait la famille ; tous les dessins qui représentent la maison, telle qu'elle existait encore au commencement de ce siècle, ne laissent aucun doute à cet égard. En effet, le bâtiment comprenant la chambre dite des frères, forme une légère saillie en avant, tandis qu'aujourd'hui le tout est sur un même plan et se profile sur le même alignement, bâtiments et toiture (i).

Il existe, dans cette chambre des frères de Jeanne d'Arc, un escalier conduisant au grenier, qui rayonne sur les pièces du rez-de-chaussée. Une grande fenêtre croisée et une armoire creusée dans la muraille, indiquent suffisamment, que ce grenier a dû servir de lieu d'habitation. D'après M. l'abbé Bourgaut, il fut occupé dans la première moitié du xvf siècle, par l'un de ses prédécesseurs, messire Claude du Lys, curé de Greux et Domremy et parent de Jeanne (2).

Ainsi que je l'ai déjà dit, le jardin qui entoure l'antique bâtiment, est actuellement des mieux entretenus. Des pins, dont la cime dépasse les murs, ombragent des pelouses verdoyantes. Un berceau de charmilles

(1) V. les dessins qui ont paru dans le Magasin Pittoresque ann. 1834, p. 43 ; le Musée des Familles, oct. 1 833 ; ceux qui se trouvent dans le Jeanne d'Arc de M. Wallon, p. 26 et 234 et celui un peu fantaisiste d'ailleurs, qui figure dans la Mission de Jeanne d'Arc, par Frédéric Godefroy, Paris 1878, p. 3.

(2) Guide et souvenirs du Pèlerin à Domremy, p. 46.

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