CHAMËRE OCCUPÉE PAR JEANNE D'ARC
y a été habilement ménagé et de l'endroit où il se trouve on aperçoit un ravissant paysage.
A gauche delà grille d'entrée, s'élèvent l'Ecole des jeunes filles et le logement qu'occupent les sœurs chargées de la diriger.
A droite, se présente un bâtiment composé de deux pièces dont la garde est confiée à ces sœurs. Une foule d'objets et d'œuvres d'art, rappelant le souvenir de Jeanne d'Arc, s'y trouvent rangés avec un soin tout particulier.
Parmi eux figurent :
i° Une copie de l'étendard de la Pucelle, faite par les dames d'Orléans, et envoyé par cette ville en i863. Il est renfermé dans un beau meuble donné par M. le prince d'Hénin d'Alsace, propriétaire du château de Bourlemont ;
2° Un étendard offert par le général de Charette où sont représentés celui de Jeanne et celui de 1870 à Patay-Loigny ;
3° Un étendard de l'arrondissement de Neufchâteau, fait en 1866, pour la fête du centenaire de la réunion de la Lorraine à la France ;
40 Un étendard offert par l'Institution de la Malgrange à Nancy ;
5° Des couronnes, envoyées par les dames de Nancy et de Vaucouleurs.
6° Une bibliothèque vitrée, renfermant des ouvrages et des brochures sur Jeanne d'Arc.
Puis un grand nombre de tableaux et de gravures ornent également ce musée ; les principaux, sont :
Jeanne soignant un blessé Anglais, copie de Gustave Houser par Madame D. Morlaix. — Jeanne dans la Crypte de Vaucouleurs échangeant la quenouille contre l'épée, devant l'autel de Saint-Michel, par M. Laurent d'Epinal. — Jeanne dans l'Eglise de Tours, offrant sonépéeà la Sainte-Vierge. — Jeanne au bûcher (d'après Madame de Guizart). — Jeanne en costume de Cour. — Jeanne en prison (d'après Saint-Èvre par Marie-Christine d'Orléans, daté de Randan, juillet i835.) — Jeanne d'Arc dans sa prison et l'évêque de Beauvais, par Paul Delaroche, — Saint- Michel, copie du Louvre par Marie Edmée. — Bannière du Musée de Jeanne d'Arc, par A. Pernot. — Jeanne au bûcher, copie de P. G. Marquis, par Mademoiselle Victoire Barbier. — Une belle gravure de Jouanin, d'après le tableau de Madame Laure de Chatillon : Jeanned' Arc vouant ses armes à la Vierge, donné par Napoléon III en 1869 à la ville de Compiègne et figurant aujourd'hui au Musée Vivenel de cette ville. — Première copie de la statue de la princesse Marie. — Photographie d'une ancienne tapisserie des Gobelins, représentant l'entrée triomphale de Jeanne et de Charles VII à Reims, donnée par M. le duc de Montpensier. — Les navires de l'Etat qui ont porté le nom de Jeanne d'Arc par Mesdemoiselles Thérésa et Louise Griereau. — Enfin plusieurs reproductions photographiques des statues élevées en l'honneur de Jeanne d'Arc, et notamment, celle de Compiègne.
Une des légitimes préoccupations de tout visiteur, en entrant dans cette enceinte vénérée, est de se demander si c'est réellement bien là, qu'est née et qu'a grandi celle qui a sauvé la France.
Quelques écrivains ont cherché à le mettre en doute, mais l'authenticité de la maison de Jeanne d'Arc a été établie d'une façon tellement claire par M. de Haldat, l'un des descendants de sa famille, qu'il n'est plus possible aujourd'hui de penser le contraire.
En effet, après la mort de la Pucelle, Jacques d'Arc son père, miné par le chagrin, ne lui survécut que quelques mois; Isabelle Romée, sa mère, resta encore plusieurs années à Domremy, mais en 1438, sur les instances des habitants d'Orléans, elle consentit à aller habiter cette ville avec son fils, et y resta jusqu'en 1458, époque de sa mort.
La maison fut alors possédée par Jean Du Lys, Prévôt de Vaucouleurs, second frère de Jeanne, et successivement, par Claude du Lys, Procureur fiscal de Domremy et de Greux pour le comte de Salm ; par Etienne ou Thévenin Du Lys ; par Claude Du Lys, Curé de Domremy et de Greux ; par Didier Du Lys et par les descendants de Claude Du Lys. C'est vraisemblablement à l'un de ces derniers, que Montaigne eût l'occasion de parler, quand il dit en parlant de Jeanne d'Arc : « Ses descendants furent annoblis par faveur du roi, et nous montrèrent les armes que le roi leur donna, qui sont d'azur à une espée droite couronnée et poignée d'or, et deux fleurs de lys d'or, au côté de la dite épée, de quoi receveur de Vaucouleurs donna un écusson peint à M. de Caselir. »
Le fils aîné de Claude Du Lys avait épousé Nicole Thiesselé ; or, les armoiries de Thiesselé, sont les mêmes que celles placées à gauche de la porte d'en-
trée, comme on l'a vu plus haut; il a donc dû posséder la maison.
Au XVIe siècle, cette dernière passa dans les mains des Comtes de Salm, Seigneurs de Domremy, puis au XVIIIe, elle devint la propriété de Jean Gérardin dont les descendants la conservèrent jusqu'en
« S'il restait encore quelque objection à résoudre, ajoute M. de Haldat, elle ne pourrait se tirer que de la durée attribuée à cette maison qui maintenant, a plus de quatre siècles. Il est vrai que la plupart des constructions rurales ne durent pas aussi longtemps ; mais il ne l'est pas moins, qu'il en est de cette espèce, qui remontent à des époques plus éloignées encore. On doit remarquer aussi que la pierre de Domremy est de bonne qualité ; qu'on y a employé une assez grande quantité de tailles ; que l'intérieur offre plusieurs objets, tels qu'une cheminée et une petite armoire en pierre dont la coupe et les ornements conviennent à l'époque qu'on leur assigne et qu'à l'exception de quelques réparations faciles à reconnaître, il n'y a rien de moderne dans cet édifice ; qu'au contraire, les parties principales de la construction offrent le caractère de l'antiquité la plus évidente (1). »
Au seuil même de la porte d'entrée, on trouve dans le soubassement, la trace de pierres qui datent certainement du XVe siècle.
Du reste, l'enceinte de la maison était loin de
(1) Examen critique de l'Histoire de Jeanne d'Arc, Nancy i85o, p. 270.
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