LE JAMBON DE PAQUES
La semaine sainte tirant à sa fin, et avec elle nos macérations du carême, d'où nous ne sortions pas beaucoup plus maigres que nous y étions entrés, nous aspirions, comme les Hébreux, aux délices de la terre promise. Ces délices c'était le jambon de Pâques, lequel, enterré, huit jours d'avance dans notre petit jardin et suffisamment attendri par cette sépulture, faisait son apparition sur notre table, le dimanche de la Résurrection, au dîner de midi, la grand'messe ouïe et aussi l'homélie de notre vieux curé, toujours la même de Pâques en Pâques, avec le sempiternel surrexit, sicut dixit. Ah, que nous avions, en ce temps-là, de bonnes dents à nous en propre, et que nous les faisions sentir à cette salaison de petite qualité dans l'espèce, comme l'était lors tout porc salé de Bourgogne, et encore très résistante, nonobstant ces huit jours d'inhumation ! Comme nous trouvions cela bon après une semaine entière de morue salée et de farineux non décortiqués ! L' Eglise, qui a tout ordonné du moral et même de l'hygiène du chrétien, n'aurait-elle pas eu en vue notre sensualité elle-même — je dis la sensualité, et non la gourmandise, — dans ses prescriptions canoniques et abstinences quadragésimales? Il est certain qu'elle a, en outre de la mortification pénitentielle
du jeûne bien faiblement imitée du jeûne au désert de l'Homme-Dieu, établi le Carême en son vrai temps, au sortir des grands abus du ventre que l'on fait en hiver, et des débauches de toute sorte du Carnaval. Le maigre est un rafraîchissant pour notre économie après les gros excès de viandes ; et il est le correctif nécessaire de ce trop de sang échauffé et épaissi par une ingestion el assimilation trop continues de la chair des animaux. En ceci l'Eglise convient avec la Médecine. Quoi d'étonnant? Les législations religieuses et, au premier rang celle de Moïse, ont eu autant de soin des corps que des âmes. A vrai dire, elles ont été tout, la politique, le gouvernement, la police des mœurs et la médecine ou l'hygiène, selon les temps et les lieux. Et nous sommes des ingrats d'avoir oublié cela et tant d'autres règlements pour les corps et les âmes, auxquels l'Eglise seule était habile, après qu'elle eût substitué sa police, pleine de bon sens et de mansuétude, aux duretés de la domination romaine en sa décrépitude.
Dieu sait quelles entailles on faisait chez nous à ce jambon de Pâques, mangé en son temps et conformément aux deux orthodoxies, à celle de l'Église et à celle de la Sérénissime Faculté. Il me souvient à ce propos (l'exemple est d'autorité dans la matière) d'une vieille dame de nos pays, bonne catholique et de toute pièce, laquelle observait dans son absolue rigueur canonique le jeûne au désert des quarante jours. Elle était de moyenne condition, et partant peu adonnée au plaisir de la table. Faire tout le long de l'année chère-lie n'était pas dans
ses moyens. Cela ne l'empêchait pas, le carême venu, de vivre de maigre les quarante jours durant, et d'un très petit maigre. Et ce qui vaut la peine d'être noté, tant la chose est rare même chez les plus rigoristes de nos chrétiennes ! rien sur son visage, et encore moins dans son humeur qui dît au monde qu'elle se mortifiait à ce point. Elle avait dans le cœur la parole, toujours vivante, du Maître à ses disciple « (i) Tu autem cùm jejunas, unge caput tuum, et faciem tuam lava, ne videaris hominibus jejunans, sed patri tuo qui est in abscondito ; et pater tuus qui videt in abscondito, reddet tibi. (saint Math. Ch. VI-V. 17 et 18).
Quand vous jeûnez, qu'il n'en paraisse rien aux yeux des hommes... La bonne dame faisait ainsi, ayant toujous l'air gai, le propos aimable, et l'humeur d'une personne qui se porte à ravir. Pas le plus petit mot, sentant son aigreur de. dévote, sur le compte de ceux qui ne faisaient pas comme elle. C'était affaire entre elle et Dieu — in abscondito. La seule et bien innocente chose qu'elle vous répondait, quand vous la plaigniez de ce qu'elle serrait de si près le précepte, c'était ceci : « Ah ! que vous feriez comme moi, si vous saviez ce que c'est qu'un bouillon gras pris au matin de Pâques après ces quarante jours de maigre ! Vous demanderiez pardon à Dieu de tant de gourmandise. » Cette bonne dévote
(1) Mais toi, quand tu jeûnes, aie soin d'oindre ta tête et de laver ton visage ; pour ne pas jeûner afin d'être vu des hommes, mais de ton Père qui est dans le secret ; et ton Père qui voit au plus caché de tes pensées te le rendra.
mourut de vieillesse, et non de maladie proprement dite, n'ayant jamais manqué à faire maigre ses quarante jours de carême, et à savourer son bouillon gras au matin de Pâques.
Outre le jambon de Pâques et, en guise de hors d'œuvres, nous nous régalions d'œufs durs, autrement dits œufs de Pâques, et roulées : ce dernier vocable prévalait parmi la gent enfantine. Co.Time il est tout régional, il soulève une petite question d'étymologie. Roulées vient, à n'en pas douter, du verbe rouler ; et nous appelions ainsi les œufs de Pâques, parce que nous nous servions de ces œufs teints en rouge comme de billes à jouer. Nous les faisions rouler d'une planche inclinée de façon à ce qu'ils allassent choquer d'autres œufs posés àterre comme enjeux. Autant d'œufs touchés, autant d'œufs gagnés, et qui devenaient la proie du gagnant. Ce que nous engloutissions de ces œufs dans la journée de Pâques passe tout imagination pantagruélique. J'atteste que la douzaine ne faisait peur ni mal à nos ventres décarêmés et différant peu, je le dis sans hyperbole, du tonneau des Danaïdes. Tous les enfants de la ville avaient les poches pleines de ces œufs durs , et nous nous provoquions partout au logis, dans les rues, sur les promenades, au jeu des roulées. Pâques était le jour de l'année où nous étions le plus jouant, mangeant, et jouissant de nos puissances digestives.
Ce qui ne faisait pas peu à cette liesse universelle de Pâques, c'est qu'en ce saint jour, qu'il tombât en mars ou en avril, qu'il fût fleuri ou pas *lcuri, nous quittions
les vêtements d'hiver pour prendre les vêtements d'été, le gros drap pour les étoffes de fil, et pour le coutil à défaut de nankin, auquel toutes les fortunes ne s'élevaient pas. Avoir mis bas notre laine d'hiver nous faisait le même plaisir qu'aux moutons, après qu'on a dépouillé en temps chaud de leur toison ces bêlantes pécores. Et même je suis au-dessous de la vérité en nous comparant aux moutons ; il faudrait dire aux papillons, après qu'ils ont rompu leurs langes, et qu'échappés de leurs chrysalides, ils sont devenus les plus légers habitants des airs. Tous ceux de ma génération se souviennent de semaines saintes véritablement glaciales et de dimanches de Pâques en mars où les bourgeons des tilleuls avaient peine même à poindre. Eh bien, cela ne faisait rien à la coutume de se dévêtir à Pâques et de prendre le coutil ou le nankin ; et nos mères et nos sœurs les indiennes de la douce saison. Cela prouve que nous étions des gens d'un acabit meilleur et plus dur en comparaison de nos amollis d'aujourd'hui ; et le prétendu refroidissement de notre planète n'a rien à voir à cela.
Tout était à la joie et au renouveau des choses en ce jour de la Résurection du Sauveur, tout jusqu'aux habits : et ma mémoire ne se forge pas des images trop charmantes de ces temps et de ces anciennes mœurs : je relate ce que j'ai moi-même ressenti ce saint jour de Pâques, avec ceux de ma bourgade, enfants de l'Église catholique, bonnes brebis du troupeau des rachetés, que la Résurrection de leur Père et Pasteur éternel transportait d'une naïve allégresse. Aussi de quel cœur, si-
non avec quel ensemble nous vociférions (le mot est de l'Écriture, cum vociferatione) le délicieux cantique o filii et filiœ et les alléluias des vêpres et du salut en l'église Saint-Nicolas. Nos voix glappissantes, peu faites pour aller avec celle des Séraphins, mais que nous ne poussions pas moins en vigueur, montaient jusqu'au trône de l'Agneau lequel ne s'offense guère de ces discordances, et pour qui toutes les voix d'enfants sont des voix séraphiques. (i) Laudate, pueri, Dominum.
Nos grandes fêtes catholiques, et ceci n'est pas l'un des moindres caractères de la perpétuité du dogme et du culte, ne nous laissent en aucun temps de notre vie insensibles ou indifférents. Ceux mêmes qu'elles ne touchent plus dans le vif des croyances et de l'éducation catholique, elles les prennent par le sens du beau duquel relève toute symbolique grave, appropriée à son objet, et magnifiquement ordonnée en vue de l'adoration intérieure et des pratiques d'une confession commune. C'est la manière d'être religieux propre à bon nombre de ces dilettantes du catholicisme; et en cela même ils ne le tiennent pas si peu haut; sans compter que les choses qu'on admire, et desquelles on ne peut se défendre d'être saisi, on est bien près de les aimer et de se rendre à elles. Tout idéal fait cela sur notre âme. Qu'estce de l'idéal religieux qui jamais ne sommeille tout à fait en nous, et que les manifestations publiques de la même foi confessée réveillent, à l'heure qu'ils ont le
(i) Enfants, louez le Seigneur.
moins prévue, chez les plus enfoncés dans leur sens propre (i).
Mais rien n'égale et, j'ajoute, hélas ! rien ne recommence en nous, hommes faits, les simplicités et les allégresses de notre foi d'enfants, et les éblouissements de l'imagination avec des secousses de grâce intérieure que l'assistance aux fêtes de l'Église nous a fait connaître en ces commencements de notre catholicité. C'est la première idée un peu nette que nous recevions en nous de la communion religieuse « de la communion des saints » comme il est dit au symbole des apôtres. Ce sont les prémices de la présence de Dieu manifestée à ses adorateurs par la symbolique sensible des mystères. Quoi de plus? c'est la religion en sa fleur. Or toute fleur n'est fleur qu'une fois, et elle a si peu de temps à l'être !
Vous n'avez été qu'une fois dans le cours de votre vie l'un de ceux que j'appelle les petits croyants, sinite parvulos, et auxquels Dieu se révèle dans sa paternité ineffable par des clartés familières et supportables. Estimez-vous heureux si, devenu homme et pécheur consommé dans votre fait, vous vous souvenez quelquefois avec tristesse, mais point sans douceur, que vous avez été l'un de ces petits croyants. Gela vous remettra plus que vous ne pensez en bons termes avec Dieu et avec vous-même.
(i) Tous les actes religieux doivent se terminer à Dieu ; et le propre de la religion, c'est de nous réunir à ce premier être. Toute dévotion se rapporte à Dieu. (Bossuet, sermon sur l'Assomption de la sainte Vierge).
Les Rogations précèdent de quelques jours le jeudi de l'Ascension. C'est le moment de l'année où les gens de campagne, comme on appelle encore en Bourgogne les campagnards, petits et grands cultivateurs, fermiers ou propriétaires établis sur leur fonds, et s'entendant à la culture ou y faisant les entendus, commencent à raisonner physique et météréologie, à regarder aux quatre points cardinaux et considérer comment le ciel se comporte, à supputer les bonnes et les mauvaises chances de récolte en foin, en blé et en vin. C'est le temps des gros soucis temporels ; et chacun y est pour sa part de biens à lui propres ou de possessions aflermées (amodiées, vieux style;. Comme tout est précaire en ce monde, à ne parler que des choses les plus essentielles à la vie! C'est à recommencer chaque année, à espérer ou à craindre , vous pour vos champs , vous pour vos vignobles, et moi, qui n'ai ni champs, ni vignobles, pour mon pain et mon vin de consommateur du commun. Nos
f rug es consumer e nati (i). Notre-Seigneur Jésus-Christ, le plus pauvre des pauvres de ce monde et le plus compatissant à nos nécessités corporelles nous parle divinement , et en homme qui lui-même a pâti de la faim, des moissons que Dieu fait croître pour nous et qu'il montre à ses disciples blanchissantes dans les plaines sous les feux du soleil de la Judée (2) : Levate oculos vestros et videte regiones, quia albœ sunt jàm ad messem (saint Jean, chap. IV, v. 36). Quel paisible et doux regard de l' Homme-Dieu, et comme il s'étend loin sur ces plaines ! Quel contemplateur des œuvres de son Père !
L'Église, qui fait tout avec bon sens et convenance, a placé les Rogations dans ces jours de germination universelle et d'épanouissement de la vie végétative, comme pour aider par la vertu propitiatoire de ses prières la nature à épancher ses forces bienfaisantes sur tout ce qui vit et respire (3). Emittis spiritum tuum, et creantur, et rénovas faciem terrœ. (Ps. III).
C'est probablement ce renouveau des choses créées que l'Église demande à Dieu avec le Psalmiste et avec la même et profonde idée que ce roi, poète et prophète, avait d'un Dieu toujours créant et toujours conservant. L'une et l'autre opération ne sont qu'une pour lui,
(1) Nous sommes nés pour consommer les fruits delà terre. (Horace).
(2) Levez les yeux, et regardez ces plaines; elles sont déjà blanches pour la moisson.
(3) Vous envoyez votre esprit, et les choses sont créées, et vous renouvelez la face de la terre.
c'est à savoir, concomitantes. L'Église n'a pas coutume de philosopher comme cela se pratique dans l'école. La syllogistique et la dialectique sont l'affaire de quelquesuns. Or l'Eglise philosophe catholiquement, pour tous, et selon une mesure commune des esprits. Elle fait cela au moyen de ses symboles qui frappent les yeux et qui tombent sous le sens des plus simples de ce monde. Elle philosophe avec les multitudes qu'elle a charge d'instruire des choses naturelles et surnaturelles par le moyen le plus élémentaire et le plus court, par la connaissance de Dieu, de la cause première, du principe de ce qui est, de ce qui n'est pas encore et qui sera au moment et en l'état où « Ce grand Dieu (i) » voudra qu'il soit. L'Eglise parle à ce rustique courbé sur son sillon du maître souverain de la Nature, du dispensateur des pluies fertilisantes, de Celui à qui obéissent les vents et les tempêtes, et qui sème où il lui plaît les sécheresses, les pestes et les contagions. Elle le menace, et pourquoi pas, si la croyance en est bonne aux mœurs publiques ? des colères et des châtiments de Celui qui ne souffre pas qu'on l'offense et le méprise trop longtemps,^ en quelque manière que ce soit, avec esprit ou grossièrement, par de la belle littérature ou par des blasphèmes de cabaret. Le fort de la religion et l'effet principal du culte public sur les esprits, c'est que tout y est ordonné pour rappeler a ceux-ci la dépendance où ils sont de Dieu, dépendance
(i) Bossuet.
perpétuelle et inéluctable. Cela n'a rien de commun avec les servitudes et et les abêtissements des superstitions non plus qu'avec le fatalisme imbécile. Autre chose est de sentir que l'on dépend de Dieu pour tout le fortuit de cette vie-ci, et pour tout ce qui regarde le siècle futur; autre chose de ne pas oser remuer sous la main de fer de l'aveugle et sourd Destin, et de vivre et d'agir comme ne vivant et n'agissant pas. Par lun mon libre arbitre est lié du côté seulement où je sens qu'il va m'échapper ; par l'autre il est réduit à rien ; il ne fait plus ni le bien ni le mal ; et qui ne sait que ne faire ni le bien ni le mal, c'est l'état d'abandon à la bonne loi naturelle le plus honteusement tranquille que vous puissiez imaginer ?
NOS AMBARVALES CHRETIENNES.
Le même génie du rituel qui a présidé aux offices de la semaine sainte a réglé les prières et les cérémonies des Rogations. C'est au degré le plus excellent le génie des rapports et des convenances du visible et de l'invisible. Antiennes, épître et évangile, les psaumes que l'on chante à la procession sont admirablement appropriés à cette universelle supplication des peuples laquelle n'est plus renfermée dans le temple, mais
s'exhale au-dehors, en pleine campagne, sous cette voûte éthérée d'où nous viennent :
« Et la chaleur du jour et la fraîcheur des nuits »,
Exsurge, Domine, adjuva nos (i). Cela se chante le lundi des Rogations à la procession, avant de sortir de l'église. C'est l'invocation au Dieu par qui cet univers subsiste en son entier, et sans que rien encore y paraisse qui annonce l'épuisement et la caducité. Est-il un cri plus véhément de la créature à Celui qui la fait vivre de ses dons gratuits, et auquel elle demande de la préserver des disettes et du mal de la famine ? Cet adjuva nos n'est-il pas d'un indigent qui crie dans les langueurs de la faim à Dieu, son père, de ne pas le laisser plus longtemps au besoin ?
L'épître et l'évangile n'y parlent à l'homme que de l'empire souverain de Dieu sur le physique et de l'action immédiate de sa providence par le moyen des causes secondes. Elie est pris à témoin par saint Paul de l'efficacité surnaturelle de la prière et de l'espèce de violence qu'on y fait à Dieu, au maître de la nature végétante et fructifiante, au dispensateur des rosées et
(i) Ljvc/.-vous, Seigneur, venez à notre aide.
des pluies dans ces terres de l'Orient qui en sont si avides. Le Christ n'est nulle part plus net avec ses disciples sur la nécessité naturelle et sur l'obligation impérieuse de prier Dieu le Père qu'il ne le fait dans l'évangile de ce jour. Nulle part il n'a marqué avec une autorité plus pleine de charme cette violence que Dieu veut qui lui soit faite par la prière. Et y a-t-il rien dans les littératures humaines et dans tous les Traités du bien dire qu'on puisse comparer pour le naturel et la divine simplicité à la parabole que tout le monde sait? Cet ami, c'est l'un des petits de ce monde, c'est un paysan, peut-être quelqu'un des pêcheurs et des campagnards qui ont été les premiers écoutant le Verbe fait chair. Cet homme qui est en peine d'un pain pour sa table, et qui de nuit s'en va le demander à son ami qu'il dérange de son somme, et duquel il se fait rembarrer de la belle sorte ; notre quémandeur qui n'a cure de ces rebuffades et qui ne lâche pas son homme, comptant bien obtenir par importunité ce que l'autre ne voulait pas lui donner de bonne grâce : est-il une comparaison plus charmante, et qui sente plus ses petites gens, pour nous enseigner ceci : à savoir que Dieu veut qu'on le prie jusqu'à l'importuner et le pousser à bout? Si les Majestés de la terre, de qui nous attendons quelque grâce, aiment que nous fassions ainsi avec elles, combien plus la chose doit-elle être du goût de cette divine Majesté auprès de laquelle ceux qui insistent le plus n'insistent pas encore assez ?