‹ La maison de l'EgliseChapitre 26 sur 50 · LA PRESENCE REELLE · texte numérisé non relu

LA PRESENCE REELLE

La présence réelle est un objet de la créance catholique si grand, et d'un effet sacramentel si hors de pair qu'elle ne pouvait pas être affirmée par l'Église en des termes trop forts et d'une manière trop ostensible. Aussi voyons-nous que l'Eglise y insiste avec une vigueur doctrinale étonnante, et qu'elle affecte de se répéter et sur la chose et sur les termes propres et congrus. Elle fait cela tous les jours, à la messe, au moment de la consécration des espèces, redisant de mot à mot les paroles prononcées par Notre-Seigneur Jésus-Christ à la Cène, et recommençant pour nous jusqu'à la consommation des siècle, elle l'espère bien ainsi, le banquet sacré de la pâques. Cela c'est l'ordinaire, en quelque sorte, et le pain de vie quotidien des chrétiens. C'est le mystère célébré et comme renfermé dans la maison de Dieu. Mais il importait à la foi de tous et d'un chacun, à la catholicité visible que le mystère de la présence réelle fût produit en public, et qu'il parût en sa radieuse obscurité aux yeux des multitudes. Que serait-ce en matière de religion qu'une communion qui n'irait pas jusqu'à se manifester en dehors du temple par quelque grand acte rituel, et par un concours de peuple croyant et adorant le même Dieu du même esprit et par les mêmes signes extérieurs de dévotion ? Ce ne serait pas une communion, mais une secte

hors du commun et, pour ainsi dire, anonyme. Le paganisme lui-même n'entendait pas autrement la religion ; il la voulait publique, nationale, populaire ; il la voulait telle et dans les temples, à la maison, intrà pénates, et sur la place publique, à la ville, aux champs, en tous lieux, puisque les dieux étaient censés présents et agissants partout, partout accessibles à la propitiation, ou contraires et implacables. Le polythéisme c'était le trop de dieux plutôt que l'imbécile et monstrueuse idolâtrie, laquelle n'aurait pu compatir avec ces génies vifs et raisonnables, avec ces imaginations tournées à l'idéal comme l'étaient les Grecs et les Romains.

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