‹ La maison de l'EgliseChapitre 29 sur 50 · NOTRE MERE CE JOUR-LA · texte numérisé non relu

NOTRE MERE CE JOUR-LA

Notre mère, avec la foi de cette femme qui touche la frange de la robe du divin Guérisseur, et s'y portant du même mouvement, nous poussait devant elle pour nous faire nous ranger sous le Saint Sacrement, et toucher, comme elle le croyait, par le bon Dieu. L'émotion de cette pieuse mère était réellement sublime. Le sublime n'est-ce pas le vrai qui surabonde en nous, et qui rompt, pour s'en échapper, ce cœur de chair? Nul doute que simple et soumise elle ne nous offrît à Dieu avec ce christianisme généreux et gaillard de madame de Sévigné, qui disait ceci à sa fille : « Ma fille, offrez à Dieu vos enfants, afin qu'il vous les laisse... »

Je revois, dans mon imperturbable mémoire de petit enfant, cette bonne mère nous ayant tous, garçons et filles, agenouillés devant elle sur le passage du Saint- Sacrement, et qui, les yeux baissés et non sans de grosses larmes, nous enveloppe de ses tendres regards, remuant ses lèvres vivement, comme si elle précipitait son oraison. Que ne demandait-elle pas à Dieu pour ses fils et pour ses filles ? mais cela surtout, qu'il les lui conservât, et à eux leur père et mère pour aussi longtemps que les enfants ont besoin d'aide et de subsistance. Hélas, Dieu en avait ordonné autrement !

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