‹ La maison de l'EgliseChapitre 32 sur 50 · LA MARCHE VERS LES REPOSOIRS · texte numérisé non relu

LA MARCHE VERS LES REPOSOIRS

Il s'avançait ce Roi de gloire par ce chemin fleuri et parfumé d'encens, entre les deux rangées des fidèles agenouillés, les chants liturgiques alternant avec les sons des instruments et les reprises des mélodies sacrées. On approchait du reposoir dont tout le luminaire brillait, quoiqu'à demi offusqué par un beau soleil de juin, un peu après son midi. Nos zélées paroissiennes parachevaient en toute hâte la décoration de l'autel, et donnaient à l'ensemble leur dernier coup d'œil. De la montée de la rue de la Prison on voyait venir au reposoir lentement et du pas du vieux curé le dais empanaché sous lequel apparaissait, tout illuminé par le soleil, et lui-même dardant ses rayons d'or, le Saint Sacrement. Les pauses du cortège étaient fréquentes ; et non moins fréquentes les volte-face des enfants de chœur et des jeunes filles qui jetaient leurs roses à la Sainte Hostie. Et les chants, ces versets des processions de Fête-Dieu, pleins des affirmations de notre foi, de

ne cesser pas, sinon pour être suppléés par les instruments de nos symphonistes. Ces marches processionnelles, — (petites villes ou villages, le lieu ne fait rien à la catholicité, — ) ont une majesté mystique sous laquelle nos sens terrassés s'abattent d'eux-mêmes dans la poudre, et les fronts des impies eux-mêmes et des blasphémateurs ne se sentent pas aussi à l'aise qu'ils l'affectent et nous le voudraient faire croire. Ne serait-ce pas que le souffle du Dieu qui passe près d'eux, si peu qu'il les touche au visage, les renverse par un coup invisible, et les saisit de l'idée de leur néant?

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