‹ La maison de Socrate le sageChapitre 18 sur 36 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

XANTIPPE, MYRTHOÉ, LUTÉCIE.

XanTIPPEj dans une riolcnte agitation.

Ouf!... je respire a peiiîe... Ouf!... ils me feront

mourir !,.. mais je m'en garderai bien : les mise' râbles s'en.,, réjouiroient. .. tous; tous dans cette maison maudite con.s})irent contre moi; mais je les brave; oui , tous tant que vous êtes , vous tomberez sous les coups de ma colère... Cette juste colère cjui m'embrase, eli bien ! je la retiens depuis près d'une heure entière. Je me fais aussi bonne que la brebis des champs , et

ces loups veulent me dévorer Non , j'en jure par

ma digne patronne, par Junon , mon céleste modèle, non ; ils ne réussiront point dans leur infernal complot... {A Myrthoé). Et vous, la belle à l'œil hypocrite , ce n'est point assez de vous avoir dit, avec une douceur d'àme incroyable , que je ne permettrai jamais que vous épousiez mon mari ; j'apprends que tous deux vous vous opiniàtrez dans ce fol entêtement.... Imprudens que vous êtes , ôtez de vos têtes ce projet qui

moutrage , ou soyez sûrs que dès la première nuit

Vous verrez quel vacarme effroyable , mes dignes voisins et moi , nous ferons. Je ne réponds plus de rien. Tous les meubles arrachés , déchirés, brisés.... Je vous le déclare, non, je ne reconnois point l'abominable loi dont vous vous autorisez ;tous vos sénateurs sont.... ( Elle se promène à grands pas. ) ,

LutÉciEj à part.

Oh ! si j'osois lui répondre ; mais elle m'écraseroit , au moins de sa voix.

MyrtiioÉj à Xanlippe , d'un ton doux.

Je vous prie , Madame , de vouloir bien.

XantippEj en marchant.

Non.

D E s O C R A T E. Sq

MyrthoÉj toujours du même ton.

Croyez qu'en vous expliquant mes pures intentions....

XantippEj marchant.

Point , point d'explications ; je me jnoque des belles paroles , et je veux être la seule femme de mou mari.

M YRT H o É.

Souffrez

XantippEj marchant toujours.

Rien. ( S'arrêtanl. ) N'allez-vous pas encore vouloii' justifier de méchantes actions par des mauvaises raisons?.... Celles de vos législateurs ne me forceront pas à consentir à une indignité jusqu'à présent inouie.

LuTÉciE, à part.

Je n'y tiens plus. ( Haut et vite. ) Tout ceci , Madame, tient a un très-ijnporlant mystère ; on veut vous l'é-

claircir, et toujours sourde Mais cela est-il donc

impossible? écoutez.

Xantippe j se retournant brusquement vers Lutécie.

Taisez-vous, étrangère A vos yeux effrontés je

devine que lorsqu'une loi donne deux femmes a un seul homme , vous voudriez bien qu'une autre donnât deux hommes à une seule femme.... Admirez pour votre compte ces belles et neuves lois.

Lutécie, à part.

&i le proverbe n'a pas tort , n'approchez pas trop du buisson , si vous avez peur qu'il ne vous pique. M Y R T H O É , à Xantippe.

Encore une fois , Madame , dans mon humble étal , je n'ai qu'un seul mot à vous dire

6a LA MAISON

Xantippe.

Et je n'ai aussi dans toute cette affaire qu'un mot k dire , moi ; c'est que je ne le veux point , et ce mot doit vous suffire ; d'ailleurs , soit dit sans compliment, vous êtes la belle aux yeux doux et baissés , au teint rosé , à la taille mignonne , celle que je choisirois le moins pour m'assister auprès de mon époux.

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