SCÈNE PREMIÈRE
( Le Théâtre représente le cabinet de Socrate. Ce Philosophe est assis près d'une table couverte d''une lampe antique , et de quelques rouleaux de parchemin confusément épars. Il s'occupe à lire. )
SOCRATE^ après at-'oir lu le rouleau qu'il tient à la main.
Athéniens ! cet écrit d'un de ces hommes rares, ù qui vous avez donné le nom de Sages , et dont, malgré la frivolité qu'on vous reproche , vous respectez encore la mémoire et surtout la doctrine , me coufirme plus que jamais dans tout ce que je vous ai enseigné chaque jour. ( Il lit. ) « Que ce n'est ni la » richesse corruptrice , ni l'orgueil des rangs , ni ce- » lui de la naissance qui font le mérite de l'homme- » Il est dans sa tète par son génie, ou dans son cœur » par ses vertus. » ( Après un moment de silence. ) Je ne sais si le prétendu génie familier que l'on rti'attribue , m'inspire j mais je vois que cette vérité, non
encore adoptée par mes contemj)orains , sera un jour généralement reconnue.... Heureux le siècle où les hommes n'admettront plus entr'eux d'autre supériorité que celle qui devie<ndra la récompense de la vertu ! l'on n'honorera plus alors que ceux qui se seront distingués en servant les arts ou la patrie. ( Il continue délire. ) « Oui, l'àme est douée de la connoissance dies idées éternelles , elle est créée pour y vivre j il n'y a qu'un seul monde qui comprend toutj un seul Dieu qui est par tout ; une seule loi qui est la raison commune à tous les êtres intelligens j une seule vérité , source de toute vérité : ainsi , toutes choses sont liées entr'elles par un enchaînement sacré , et tous les êtres ont été combinés pour former
\\n ensemble d'où dépend la beauté de cet Univers
Je soutiens qu'il porte le caractère d'une cause infiniment puissante et industrieuse, et que l'homme a la faculté de connoître la Divinité par sa propre pensée.... )) • >