SCÈNE V
MYRTHOÉ, LUTÉCIE.
LuTÉCiE, d'un air sérieux.
Si mon resj3ect pour vous me le permettoit , Madame, je vous dii'ois que je ne conçois pas en ce moment une
conduite Car, qui vous porte li refuser la main
d'un homme comme Alcibiade , quand tout vous en fait une loi, et que votre cœur même?.... M y R T H O É.
J'ai fait ce que j'ai dû , Lutécie. Si je pouvois me
résoudre a exaucer les vœux de votre Alcibiade
LuTÉCIEj vii^enient.
Ce n'est pas le mien, Madame Ah! s'il l'étoit.
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MyrthoÉ, un peu sévèrement.
Et pourquoi , d'aujourd'hui seulement , Lutecie se permet-elle de m'interrompre ?... Si je pouvois me résoudre , disois-je , à exaucer les vœux d*Alcibiade , je ne voudrois pas , par délicatesse pour lui , qu'il crut en avoir l'obligation à la haute colère de Xantippe. Quel prix pourroit-il attacher à un sacrifice, qui, de ma part, ne seroit pas volontaire ?
Eh ! qui empêcheroit qu'il ne le devînt? Qui empêche que le jour de vos noces ne soit le plus beau de vos jours? Voire union avec Socrate n'étoit qu'une ombre de mariage. Xantippe vient de le faire évanouir , et vous refusez d'en contracter un autre avec Alcibiade , qui peut lui donner la sanction que toute épouse a droit d'exiger dans ce genre d'engagement ! Dites-moi donc enfin , Madame , quel parti vous allez prendre pour obéir a l'édit irrévocable , et qui rr& vous laisse plus que quelques heures de cette fatale journée pour vous décider ?. . . Mais , quel bruit ! Xantippe plus furieuse que jamais... Entendez-vous l'ouragan qui s'approphe ? Quel éclat ! Il est plus terrible que jamais je ne l'ai ouï Sauve qui peut.