‹ La maison de Socrate le sageChapitre 30 sur 36 · OFFICIER DE L'ARÉOPAGE · texte numérisé non relu

OFFICIER DE L'ARÉOPAGE

L'OfficieRj d'un ton arrogant.

De la part de l'auguste Aréopage, je demande que celte maison me soit ouverte. Un ennemi du bien public , homme ou femme , est accusé d'y passer scandaleusement les nuits. Ce rapport est-il véritable ou non ? Répondez a l'instant. Eh ! répondez donc ? M y R T u o É j d'un tonbas , à Socrate. Ciel ! je tremble que Xanlippe ne se soit vengée en dénonçant Euclide.

Socrate, à Myrthoé.

Laisser faire à monsieur l'Officier de l'Aréopage tout le devoir de sa charge.

L'Officier, d'un ton furibond.

Eh bien ! vous moquez-vous de moi ? Re'pondezvous , ou scrai-je obligé de déployer ici toute iiion autorité? Ce barbare ennemi, ce coupable voisin, ce monstre né dans les murailles de l'affreuse Mégare, souille-t-il encore ces lieux par sa présence ? II faut qu'h l'instant même il me soit remis entre les mains , ou tremblez; j'arrête tout ce qui est ici, et vous ré-

j)uridrez ensuite au séaat de votre conduite criminelle à mon égard.

Mais, Monsieur...

L Officier , sur le même ton de Ji/reur. Mais, mais, Madame , un homme comme moi mérite bien qu'on le respecte. Ignorez-vous que je suis l'exécuteur des volontés , je veux dire, des décrets... LuTÉciEjà part.

Oui , des volontés , des décrets , c'est égal.

L'Officier, continuant.

D'un sénat à qui tout doit obéir.

L II T É c I E , Haut.

Oh ! nous le voyons bien.

Li* Officier.

Ignorez-vous que j'ai le pouvoir de faire jeter, en son nom , dans un cachot, quiconque oseroit me raisonner? ( A Lutécie , après l'avoir exaininée et en adoucissant le ^ow. ) Ne seriez-vous pas , la belle, avec ce joli minois , la cause de tout le désordre dont on se -^îlaint ici 1 { Il veut prendre la main de Lutécie , cjui la retire ai^ec mépris, )

SocRATE, à l'Officier f d'un ton sérieux.

Monsieur , cette fille appartient a Madame. ( Il

ynontre Myrthoé. )

L' Officier, à part.

Son sérieux rae glace. ( Haut. ) S il en est ainsi, je vais procéder a la visite domiciliaire de cette maison ( i ).

(i) Imitalion dciisoire du style d'huissier.

{A pari.) Elle sera bientôt faite ici, ce n'est pas comme chez ce riche négociant, oîi... {lljaitlegeste d'un homme qui compte de l'argent. )

Cherchez partout, monsieur l'Inspecteur, ma maison n'est pas grande , vous aurez bientôt fait votre office.

L Officier j après atJoir regardé partout, s'arrête et dit.

Je ne vois rien ici... Mais dans ce petit cabinet? sous cette toile rouge?

Ce n'est point une toile , c'est le mur peint.

L'Officier, Socrate raille, sans doute ? c'est sa coutume.

S o c R A TE.

Jamais avec vos pareils , et je ne profiterai point de la riche occasion que vous m'offrez.

L'Officier.

Ce n'est point là un rideau ?

Socrate.

C'en est un en peinture... Si vous vous y connoissez.

L'Officier , açec arrogance et en secouant la tête.

Vous me prenez apparemment pour un sot... ( A Lutécie. ) Quvrez toujours , ma mie.

LuTÉClE, vivement , à l'Officier.

On vous dit que c'est le mur peint par Xeuxisj touchez plutôt.

L'Officier , après avoir tâté,fait un cri de surprise.

Eh bien ! allons présentement visiter le reste de la

maison. ( A part. ) Dépèchons-nous ; ce Socrate avec son air calme et reposé me contraint. Je crois que si tous les hommes lui ressemLloient , je n'aurois pas tant d'occupations, et mon emploi dès lors si lucratif... { Haut 3 àLiitccie, ) Venez, ma mignonne.... Voyons si je ne serois pas assez beureux pour trouver dans quelque coin.... Tous hésitez? Je ne vous ferai aucun tort.

L u T E Cl E , gaiement.

Oh ! je n'ai pas peur , ce ne sont pas les hommes comme vous qui sont dangereux j car au moindre de leurs écarts , on a toujours de la bonne vengeance au bout du bras.

L'Officier.

La petite furibonde !.... Mais jiiocédons et dédommageons-nous des peines gratuites que je vais prendre , en verbalisant comme il faut,

LuTÉc lE.

Comment! vous savez donc écrire?

L'Officier.

Belle demande !

Lut Éc lE.

Oh ! c'est que j'en connois qui

L'Officier.

Allons, raisonneuse, au nom de la loi^ montrezmoi le chemin, marchons.... Sans doute, je trouverai le nid, mais l'oiseau sera déniché. N'importe , le procès-verbal me sera payé....

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