‹ La maison de Socrate le sageChapitre 34 sur 36 · LES ACTEURS PRÉCÉDENS, EUCLIDE · texte numérisé non relu

LES ACTEURS PRÉCÉDENS, EUCLIDE

accompagné de l'Officier de l'Aréopage.

Xantippe, à EucUde.

Impudente ! oses-tu paroitre encore en ma présence j viens , viens que je te. . .

( Elle s'élance pourjj-apper EucUde. ) L'Officier, arrêtant le bras de Xantippe, Arrêtez. . .

Xantippe, se débattant.

Non , il faut que mille coups sur ce laid visage...

L' Officier, à JTantippe.

Arrêtez, vous dis-je : cet homme est ici sous ma 'sauve-garde.

Xantippe, furieuse. '

Un homme ! . . . Elle ! . . . c'est une Vous allez voir

comme je vais la châtier

L' Officier, d'un ton menaçant.

J'ajjpelle , si vous osez encore me résister ! Apprenez qu'on ne se joue point ainsi de nos fonctions. J'étois Lien sur que vous vous trompiez, et que Socrate n'étoit pas capable de trahir son pays, ni de désobéir aux lois.

SoCRATE, à part.

Quel homme bas î il devient honnête parce que le Sénat s'est déclaré en ma faveur , et tout à l'heure il étoit d'une impudence!... O ma patrie , quand cesserastu de soudover tous ces vils et dangereux airens?

D E s O C R A T E. gg

L'O F F I c I E R , à J^antippe.

Eh quoi ! c'est vous qui venez nous dénoncer une femme j l'Aréopage nie députe aussitôt pour la saisir • je vole pour m'acquilter de cette commission , et le résultat , c'est que cette fejnme est un homme que voilà. (7/ montre Euclide j // se retourne ensuite et dit à part. ) Je me suis conduit ici tantôt un peu légèrement et j'ai malfoit; Socrate est aimé, estimé du peuple; il est, d'ailleurs , protégé par Alcibiade. Tachons de réparer nos sottises. ( Haut. ) Quel boiijieur pour moi , quelle pleine satisfaction de pouvoir annoncer hauteiiient l'innocence de Socrate , dont la sagesse ne s'est point démentie !

Euclide, à Xantippe , montrant V Officier.

Ce qu'il vous a dit est vrai, Madame; je ne suis pas ce que vous pensiez : né à Mégare , dès mes plus jeunes ans dominé par un goût passionné pour rétii4e de la philosophie , j'ai voulu me rapprocher de ceux: qui en donnent les leçons. Parmi les plus illuslres , la voix publique m'ayant nommé Socrate , je crus que , sans alarmer la Grèce, n'ayant que des intentions pures, je pouvois me rendre dans la maison de cet illustre philosophe; aussi n'ai -je point hésité, Madame, a me présenter devant l'Aréopage quand vous vîïv avez dénoncé, et de m'y présenter comme élève de Socrate. Les Pères de la Patrie daignant me regarder comme leur fils adoptif , ont décrété qu'Athènes seroit désormais mon séjour , et que je pouvois y vivre libre au sein des occupations que j'ai choisies.

L' Officier, avec empressement.

Oui , Madame , et le Sénat a rendu justice aux in-

tentions pures de Socrate , qu'on peut appeler , a juste titre , le premier des hommes.

Socrate, r interrompant.

Trêve de complimens , Monsieur , je n'en reçois point,

L'Of FICIERjà JCantippe.

Le Sénat m'ordonne , surtout , Madame , de vous enjoindre d'être à l'avenir plus circonspecte , et de ne plus l'étourdir par vos cris et vos invectives , et le tout , pourquoi ? pour des fantômes que dans votre

mauvaise humeur

LuTÉciE, à part.

Mauvaise humeur ! . . . il est très-poli . . . c'est néanmoins un huissier.

L' Officier.

Car vous prenez sans cesse des visions pour des

réalités Cela est-il croyable? prendre un homme

pour une femme , à votre âge ! . . . quelle méprise ! . . . est-il possible que l'instinct ne vous ait pas. .. Adieu , Madame, je vous salue. ( Il sort. )

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