‹ La maison de Socrate le sageChapitre 6 sur 36 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

L u T É c I F. , seule.

Elle a l'esprit troublé .... mais le cœur encore plus, si je m'y connoisbien. . . . Socrate, dans les différens partis qu'il lui a proposés pour époux , lui

lo LA MAISON

aura parlé , avec sa finesse ordinaire , de cet Alcibiade , le modèle de nos jeunes gens, et l'idole secrète de toutes nos jeunes femmes. Eh bien! pas le plus petit mot n'est sorti de sa bouche. Je crois qu'en Grèce comme en Gaule, parler toujours d'un homme ou affecter de n'en pas parler du tout, signifie au fond la même chose. Je conclus donc qu'elle l'aime et que sa fierté seule l'empêche d'en faire l'aveu, surtout après les galantes aventures qui ont rendu son amant si célèbre dans tous les pays d'oîi le voici de retour. . . Cependant, il faut que ce jour même elle donne sa main , et ce ne seroit pas à Alcibiade!.. Cet écrit qu'elle a remis àSocrate, que peut-il contenir? Pourquoi faut-il ensuite que Xantippe , la femme de ce philosophe, y souscrive? Oh! combien ce mystère m'impatiente! Que ne donnerois-je pas pour savoir. . . Mais n'entends-je pas la voix de Xantippe? {Elle écoule. ) Oh ! la voila dans son clément ; elle gronde, tempête j sauvons-nous de peur que ses bruyans éclats n'arrivent jusqu'à nous. ( Elle sort. )

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