CARICATURE DE VICTOR HUGO
Par Benjamin.
tentative, eu égard surtout à la nécessité de faire la part plus lart^e, dans une exposition ofiicielle, à l'art classique et académiL|iic. pluiot qu'il Part romantique proprement dit. Mais ccrtaint's petites luinrcs avaient gardé tout leur frisson : de grandes pages pourront se retrouver qui reproduiront vine impression inattendue. L'école romantique, en art, si l'œuvre de Victor Hugo la domine tout entière et s'est élevée trop haut pour que l'ombre l'enveloppât, est un cimetière où l'Ange n'a pas encore sonné la trompette du Jugement, toute pareille à celle de la Renommée.
Le musée Victor Hugo contient quelques belles quoique modestes pièces de cette revision. Tout en les étudiant, ce nous sera une bonne occasion de comprendre un peu l'esprit artistique de l'époque et de retrouver, fût-ce sommairement, quelques silhouettes très sympathiques et très nobles, puis de tirer quelque enseignement de ces rapports entre un poète et les artistes que son œuvre attire.
On est surpris, tout d'abord, de constater que ces rapports n'existent pour ainsi dire point entre \'ictor Hugo et le plus grand peintre de l'âge romantique. Eugène Delacroix n'est ni de l'entourage de Victor Hugo, ni même de ses vrais partisans littéraires. Cela s'explique assez aisément, malgré la joie qu'on éprouverait à voir régner une harmonie entre deux grands esprits, par les deux causes de l'éducation et de l'œuvre à accomplir. Delacroix avait subi son éducation classique, Victor Hugo avait dominé la sienne. Intellectuellement, Delacroix créait un art de combat et d'avenir en maintenant ses regards fixés sur le passé. Victor Hugo créait une littérature de combat et d'avenir en regardant l'avenir. Il se mêlait à la culture littéraire de Delacroix des préoccupations mondaines ; à la création littéraire de Victor Hugo ne présidaient que des préoccupations mondiales. On demeure pourtant surpris qu'alors que Berlioz, par exemple, mit