‹ La maison de Victor HugoChapitre 21 sur 92 · STEINLEN. — J.-P. LAURENS. P. -A. BESNARD · texte numérisé non relu

STEINLEN. — J.-P. LAURENS. P. -A. BESNARD

J.-F. RAFKAELLI. A.-I'. ROLL.

SI les belles et étroites fréquentations dont parle Gautier, entre peintres et poètes, ne dépassèrent pas, pour Victor Hugo, la période dite romantique^ du moins son œuvre a continué d'inspirer merveilleusement les artistes. L'absence de relations assidues

I. Le terme de romantisme, « dédaigneusement accepté par nous », dit Victor Hugo.

s'explique par les destinées. Les compagnons de jeunesse du poète, à répoque où il dut quitter la France, s'étaient un peu dispersés, ou, du moins, la vie les avait plus ou moins absorbés. 11 ne pouvait être question de le suivre en exil. Lorsqu'il rentra dans ce pays, de nouvelles réputations commençaient ; d'autres,

pendant son absence, avaient eu le temps de se faire ; une évolution considérable allaitse produire dans l'école française; ceux qui de\'aient y prendre part étaient de beaucoup plus jeunes que Victor Hugo. Il ne pouvait plus être question d'enthousiasmes échangés, de combats combattus en commun. Dans rimmense affluence des hom-

POKIRAIT DE VICTOR HLGO EN 1864.

Par Chifflart.

mages que toutes les classes, toutes les vocations, apportaient aux pieds d'un homme si grand, ceux des artistes avaient leur part, mais non plus à un titre supérieur à celui des hommes politiques, des savants, des penseurs, des écrivains, des ouvriers, des étudiants. Parfois quelque artiste éminent pouvait être reçu par le Maître, ainsi que cela eut lieu pour Lalanne, pour Chifflart, à Guernesey, pour Dalou, pour Rodin, pour Bonnat, avenue d'Eylau. Mais les relations furent surtout des échanges d'idées. Nous voulons dire que les idées de Victor Hugo continuèrent d'être, sans fréquentations personnelles assidues, une

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source d'inspiration très abondante pour les artistes. On publierait un curieux catalogue de toutes les (L-uvres exposées aux Salons ayant potu- ^ujet quelque poL-nie de lui, ou quelque épisode historique tiré de son (cuvre '.

Cette (eu\re. en ellct, eniincni'.ncnt plastique, riche de couleur comme pas une, féconde en inventions ou en constatations de faits saisissantes, abondante en tvpes tranchés ou en situations dramatiques, toutes admirablement mises en scène, ne pouvait manquer d'inspirer les peintres et aussi les sculpteurs. On peut même dire que, pendant les années qui suivirent immédiatement la guerre, chaque nouveau livre de lui donnait naissance à des tableaux, à des dessins de toute sorte. L'homme curieux et patient qui aurait l'application de rechercher dans les livrets du Salon les œuvres dont un livre, un personnage, parfois simplement quelques vers de lui sont le sujet, ferait certainement une plaquette curieuse, où l'on trouverait quelques-uns des noms les plus beaux et aussi les plus inattendus (puisque l'oubli, inévitable dans une si

1. .M. Paul Beuve a dressé ce catalogue, qui comprend plusieurs centaines de numéros.

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