‹ La maison de Victor HugoChapitre 25 sur 92 · COSETTE · texte numérisé non relu

COSETTE

Di'ssin par Eimle Bayard.

sur des musiciens sans nombre, Berlioz entre autres. M. Henner a surtout nouIu rendre les charmes de couleur l]uc X'ictor Hugo indique lui-même : cette ■< baigneuse blanche », ce <■ beau pied et ce beau col » que Ton voit passer et repasser dans le « transparent miroir ».

Elle bat d'un pied timide

L'onde humide Où tremble un mouvant tableau, l-'ait rougir son pied d'albâtre,

F.t. folâtre.

Rit de la fraîcheur de l'eau.

La peinture de M. Henner est toute nacrée de ces tons-là.

La baigneuse est svelte, élancée, plutôt songeuse pour le moment.

Sa belle et pâle carnation se détache en note d'argent sur le fond sombrement ambré du paysage échancré seulement d'un pan de ciel bleu. Dans Tonde au-dessus de laquelle Sara se balance, se reflète, juste au premier plan, par une heureuse disposition, Textrémité de son pied lin et capricieux. Toute la peinture est d'une grande richesse d'harmonie et une des plus délicates de M. Henner.

Comme exemple de peinture inspirée par un simple type, nous croyons qu'on ne peut rien trouver de plus émouvant, de plus profond et de plus beau que la Fantine abandonnée de M. Eugène Carrière. Le grand observateur d'humanité, le penseur tendre et grave qui pénètre jusqu'au fond des âmes et les fait pour ainsi

VICTOR HUGO, MKMBBE DE l'aSSEMBLÉE LÉGISLATIVE DE 1849.

Lithographie par Desmaisous .

SARA LA BAIGNEUSE

Tableau de Hennir.

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dire palpiter ^ui' les visai;es en mainles nuances aussi insaisissables que \raies, semble axoii- iiiéJile lon.mienienl . pour créer sa /'"i7/7//'//c', sur ce passage dont il est impossible Je mieux rendre, de mieux incarner l'esprit : « Son \isat;c, au repos, était soiivcrainemenl xiriiinal ; une sorte de dignité sérieuse et presque austère l'envahissait soudainement à de certaines heures , et rien n'était singulier et troublant comme de vol r la gaîté s" V éteindre si vite et le recueillement y succéder sans transition à l'épanouissement. Cette gravité subite, parfois sévèrement accentuée, ressemblait au dédain d'une déesse. Son front, son nez et son

menton offraient cet équilibre de ligne, très distinct de proportion, et d'où résulte l'harmonie du visage ».

En ce moment, ce n'est pas le recueillement qui succède sur le visage de Fantinc à son autre expression de chaste volupté; ce n'est même plus cette « vague résistance rêveuse et farouche » qui, suivant ses médiocres compagnes de joie, lui donne « toujours l'air chose ». Ce n'est plus la Fantine qui plaint en soupirant un cheval tombé, et qui s'inquiète aisément d'une absence de son amoureux. C'est Fantine rentrée dans sa chambre et qui est effondrée dans une noire désolation, car elle aussi, comme Eve.

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