RELIQUES DIVERSES
A côté des œuvres d'art, dans la Maison de Victor Hugo, les intimités revendiquent leur place. Elles ne sont pas moins attachantes, et parfois elles peuvent exciter en nous des émotions presque aussi vives. Pour la commodité plus grande de notre travail, nous grouperons dans ce même chapitre les objets qui portent l'empreinte de la main même de Victor Hugo, et ceux qui ont fait partie de sa vie la plus chère.
Car, ce qu'il y a de curieux et de charmant dans cette Maison, C'est que Victor Hugo lui-même a contribué à la décorer. Cette fois, le fait est unique parmi toutes les maisons célèbres que nous
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passions en revue au début. La maison de Gœthe à Weimar n'est pas, outre celle d"un immense poète et d'un des plus grands esprits philosophiques de 1 humanité, celle d'un peintre laqueur et d'un ébéniste, — et celle de Victor Hui^o est tout cela. Naturellement, nous ne concluons pas à la supériorité de \'ictor Hugo sur les autres hommes de génie parce qu'il s'est amuse à tailler, à graver et à peindre des planches. Ce serait un étrange raisonnement et une sorte de fétichisme absurde. Mais, du moment que notre Maître a fait cela, il y a lieu de l'étudier comme le reste, et même de nous complaire à regarder ces ouvrages où il se délassait, et surtout d'en tirer un enseignement si nous le pouvons. Et cet enseignement se dégage tout seul : c'est celui d'un goût continu pour l'action et pour le labeur, un humble et charmant travail manuel reposant des altiéres et rudes besognes de l'esprit. C'est aussi je ne sais quelle leçon de \\e simple et intime, de vie pour la vie, dont chacun peut faire son profit. L'homme qui nous a donné ce précepte : <( Cache ta vie et répands ton esprit » ajoute cet autre profond conseil : « Orne ta maison ». Enfin, c'est pour nous une preuve de plus de l'universalité des aptitudes d'un homme si surprenant, et de son organisation unique, et, par suite, c'est une raison de plus pour l'admirer. Cela d'autant mieux que, à les prendre en eux-mêmes, les ouvrages manuels de \'ictor Hugo sont d'une grande originalité et d'une puissance d'effet aussi surprenantes en leur genre que celles que nous trouvons dans ses écrits mêmes, et que nous avons constatées dans ses dessins. Ce sont, a-t-on dit justement, comme des tra\aux éclatants et splendides de Primitifs, dans leur simplicité de travail et leur opulent coloriage. Naguère quelques-uns de ces ouvrages avaient été exposés en même temps que Ton montra les grands manuscrits et un choix de dessins. Mais le public et la critique ne se doutèrent pas alors de l'intérêt de tels objets. Ils reprendront ici toute leur importance grâce à la superbe mise en valeur