‹ La maison de Victor HugoChapitre 72 sur 92 · I..ÏTIT1A · texte numérisé non relu

I..ÏTIT1A

Panneau gravé au Feu el le/iaussé de Peintures, par Vtcfor Hugo.

qui, polychromes, seront comme des marqueteries. Les traits creux sont le plus souvent dorés, ou peints de tons vifs; les parties larges, en tons clairs et mats; le tout rap>pelle assez, comme aspect, en moins compliqué, les laques de Coromandel. C'est ainsi que Victor Hugo, sur quelques échantillons, avait eu une sorte de prescience de l'art de l'Extrême-Orient; nul doute qu'il se fût passionné pour l'art japonais et chinois, j'entends celui dont la beauté ne nous a été révélée que depuis relativement peu d'années.

L'arrangement le plus important dans cette série est une sorte de cheminée pseudo-chinoise, dont le prétexte fut trois plats de faïence et un vieux miroir de Venise. Il s'agissait d'encadrer cela. Les faïences deviennent alors des ornements inattendus dans im ensemble puissant et capricieux. Le miroir brille doucement à

220 LA jMAISON de VIC'IOU lllc^o.

la place ^■()uluc. Kt Fespècc de console aux contournements bizarres, qui forme la partie capitale de cette sorte de dressoir ou d'encadrement de cheminée, se détache sur un fond richement orné de dragons, tandis que la console elle-même est i^ravée de feuillages polychromes et dorés. Les tons, dans tout cet ensemble, s'opposent les uns aux autres et s'équilibrent de la façon la plus ingénieuse.

(3utre cette curieuse machine, il y a quantité de panneaux isolés, appliques, dessus de portes, étroites portes de placards, etc. Tous sont décorés de la façon la plus spirituelle, et comme motifs, et comme idée. Deux panneaux noirs, avec de larges fleurs, sont d'une exécution particulièrement fine et délicate : littéralement, une main d'ouvrier oriental ne ferait pas travail plus serré. Deux autres sont humoristiques et toujours agréables de couleur : un perroquet sur une fleur dans un vase, et un ange exterminateur, avec sa victime, à poulî'er de rire. Deux autres panneaux, de la même famille, Lœtitia^ un danseur bouffon, et Harmonia^ un ange qui joue du trombone. Un Chinois attablé, surnommé Shii ^an^ plaisanterie sur le nom de la cuisinière Suzanne, qui passe ainsi à la postérité. Un autre joli panneau d'un autre Chinois endormi dans une barque. Un grand panneau, orné d'une fleur à grands pétales dont le cœur encadre une tour de porcelaine. Plusieurs cadres de cheminées ou de miroirs, enduits d'un riche laquage rouge gravé de fleurs d'or. Enfin, des cadres de miroirs ou de tableaux, dont le cadre du Biirg est le plus beau type. Un de ces cadres, décoré d'oiseaux et de fleurs, avec des vers bien connus « à monsieur mon petit Georges », porte cette inscription parmi les initiales ornementales et les feuillages : « Dessiné le ii mai 1870, pendant qu'on me juge et condamne à Paris ». Voilà, rapidement tracé, l'inventaire des principaux ouvrages manuels de \"ictor Hugo. Ils tiennent de la curiosité et de la relique, et nous avons vu qu'on

i.i:s ii()isi;uii;s sci i.ptkks.

Cil peut rcL'cxoir qiicIqLic cnscit^nonicni et i.|Uclqiic énKJliDii. Un petit cadre L;ra\é nous lournira une transition tonte naturelle au\ intimités et aux reliques pinces. 11 entoure un petit portrait, extrêmement louchant et d'un dessin très beau : ime

Page 1