‹ La maison de Victor HugoChapitre 75 sur 92 · LES « QUATRE ENCRIERS ». LES « CHOSES EN CARTON · texte numérisé non relu

LES « QUATRE ENCRIERS ». LES « CHOSES EN CARTON

LE troisième et dernier étage de la Mai.son de \'ictor Hugo est mélangé de tristesses et de sourires, d'histoire hautaine et de sa menue monnaie anecdotique.

Cela forme deux sections bien distinctes. L'une comprend les intimités, les portraits, tout ce qui complète l'histoire de \'ictor Hugo ou permet d'étudier sa physionomie. L'autre nous montre les bibelots, objets, images populaires de toute sorte. La vie intérieure et les bruits de la rue voisinent sans se confondre.

Nous avons déjà parlé de quelques-uns des beaux portraits que contient le musée, ceux de Louis lîoulanger, d'Auguste de Chà-

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tillon, de Nanlcuil, que nous a\i()ns apprécies surtout au point de vue de l'œuvre d'art. jMais les autres portraits sont en grand nombre, et méritent tous d'être examinés parce qu'ils nous font comprendre \'ictor Hugo dans ses origines, dans sa personne même, et jusque dans ses enfants, qui sont encore une explication de lui.

Il n'y a qu'un seul portrait, im simple croquis, de la mère de N'ictor Hugo; on ne saurait trop le regretter quand on songe à la part considérable qu'elle prit à la f(jrmation de son esprit, à l'influence profonde et durable qu'elle exerça sur ses jeunes années. L'amour de la nature, des fleurs, les aptitudes manuelles, le sens de l'admiration, qui est presque toute la poésie, c'est à elle qu'il devait tout cela. Du moins le petit croquis que possède le musée permet-il de remarquer la distinction et Ténergie du profil, à la fois sensible et un peu dédaigneux, ce qui se concilie fort bien, car la sensibilité que l'on réserve pour de rares êtres chers est comme fortifiée par le dédain que nous inspirent tous les autres.

Le portrait du général comte Hugo est beaucoup plus explicite. C'est même un document très saisissant. On y voit clairement que Victor Hugo lui devait ses dons physiques d'une puissance et d'une énergie extraordinaires. Les yeux largement ouverts, d'un grand éclat, qui est celui de la bravoure chez le soldat, et qui sera celui de l'inspiration chez le poète; la bouche, ferme et forte, qui aune expression plus sarcastique chez le père, plus grave chez le fils; le front haut et bien modelé, quoique d'un développement moins extraordinaire que chez Victor Hugo : voilà des traits communs très remarquables. Nous n'oublions pas que 'Victor Hugo naquit frêle et précaire, « enfant sans couleur, sans regard et sans voix ». Mais il n'y a pas contradiction à affirmer, d'après l'examen des documents, que ses dons physiques exceptionnels lui furent néanmoins transmis en puissance par son père, si sa mère les développa et les sauva à force d'amour. Il y a là une

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