LES OBJETS POPULAIRES
sorte de brevet. Mais lorsque d'autres commerçants se contentaient de placer le portrait du poète sur des articles qui n'ont avec la poésie qu'un rapport impossible à découvrir, ils comprenaient, par calcul ou par instinct, que cette image exercerait s(jn attraction
désormaisconstatée et que beaucoup d'acheteurs, entre deux marchandises , préfère raient celle que le portraitdécorait. Cela nous entraînerait trop loin d'en tirer d'autre conclusion que de mesurer par là le degré de puissance colossale auquel était arrivé l'homme qui avait travaillé et pensé plus qu'aucun autre, et l'espèce de magnétique attraction exercée par ceux qui se dépensent pour les plus nobles causes. La réunit)n de tous ces témoignages d'une force humaine comprend, nous l'avons dit, les choses les plus diverses.
L'ameublement y a sa part avec les chenets; les panneaux de tapisserie ornés d'illustrations des œuvres ; les rideaux; les plats, assiettes et soucoupes illustrés ; les toiles cirées à mettre sur la table de salle à manger.
La bijouterie a fourni une variété considérable de bagues, de boutons de manchettes, de breloques, de broches, de camées, d'épingles de cravate, de pommes de canne, etc.
Les produits d'alimentation se sont réclamés de la gloire de
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Victor lluj^o sous loriiK' de papiers historiés enveloppant des chocolats et des bonbons, et de bouteilles à \erser des liqueurs.
Nous avons parlé aussi des insignes populaires portes les jours de réjouissance ou de deuil. Mais ce ne sont pas les seuls objets qui se rapportent aussi à la mode et au costmiie, car nombreux sont les boulons de \ètenients, les tissus, les éventails, les rubans, illustrés des portraits ou des sujets de Tceuvre; et tel cordonnier a baptisé ime chaussure Dona Sol, tel chemisier a recommandé un lau\ col du nom de lUiy Blas. l'n authentique spécimen de pantoulles en tapisserie à reflii^ic de Victor Hu^m) montre qu'il a été Tobjet des préoccupations dans les classes oîi la littérature est le moins attendue. Enfin les parfums, et deux savons miraculeusement conserxés, ne sont pas la moindre licrté du dénicheur.
Les affiches, les prospectus, les chansons, cela va sans dire, sont en grande abondance dans la collection. Nous avons suffisamment caractérisé l'art des petits bustes et statuettes pour n'y point revenir; qu'il suffise de signaler leur quantité et leur diversité surprenantes.
L'histoire de la journée grandiose des obsèques se trouve retracée par les cartes de commissaires, les invitations, les marques de places, etc., tous ces petits papiers ou cartoi^s que tout le monde jette et qui deviennent introuvables parce qu'ils avaient été tirés à des centaines de milliers d'exemplaires.
Enfin restent deux catégorie-; d'objets particulièrement riches en types et en inventions hétérogènes. L'une est celle de la papeterie qui comprend les almanachs, les papiers à lettres, papiers buvards, plumes, bouteilles d'encre, porte qilume, encriers, cahiers de classe, cartes postales, ombres, silhouettes, etc. L'autre est celle de la tabagie et des articles pour fumeurs; elle s'enorgueillit de deux statuettes en pied formant pots à tabac, et elle présente toute sorte de modèles de papiers à cigarettes, de boites d'alhmietles, ^ et im cigare... qui ne sera jamais fuiTié. Les
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« bijoux » de cette dernière série sont une suite de pipes, dont la plus ancienne remonte à Tépoque romantique.
11 est curieux de noter, en terminant cette brève incursion dans les faubourgs de Tart, que les deux commerces qui ont payé le plus riche tribut à la popularité de X'ictor Hugo ont été la papeterie et la fumerie. La littérature et le rêve, en somme....