‹ La maison de ville de Genève (volume 2)Chapitre 25 sur 61 · LE PORTAIL DE LA RAMPI · texte numérisé non relu

LE PORTAIL DE LA RAMPI

-4°,t. III.

G., série in

Au bas de sa maison se trouvait une boutique qui servit à divers usages". Luimême avait une étable sous la Chambre des comptes *. En 1574, on le pria de tenir ses vaches ailleurs *. La « maison de ville de monsieur le saultier », comme on l’appelait autrefois, était à l’angle nord-ouest de l'édifice. Sa grande cuisine communiquait peut-être déjà avec la salle des festins‘, car les repas officiels, nombreux pendant tout le XVI* siècle et plus fréquents encore dans la suite, étaient préparés par le sautier 5. Si à cette époque ils n'étaient pas donnés dans une salle spéciale, comme ce fut le cas après la reconstruction des façades du XVII siècle, ils devaient être servis dans la salle du Conseil.

La Chambre des comples, qui de fait existait déjà au XV° siècle {auditores et magistri compulorum), n'eut peut-être pas, avant la Réforme, de local spécial. Elle en eut un avant 1550, puisque, à cette date, elle céda la place aux secrétaires® pour se transporter, croyons-nous, dans une des maisons de la face ouest, près de la porte Baudet. Pierre Favre en répara les verrières en 1553". On y mit aussi des armoires pour serrer les livres de droitz affin qu'ils ne soient ainsi à la veue d'un chacun*. Outre la salle de. la Chambre des comptes, la maison contenait sans doute le cabinet du trésorier, puis une chambre en laquelle l'on fayt les essays de la monnoye” et, au rez-de-chaussée, l’étable, plus tard le bûcher du sautier®°.

Les différentes maisons que nous avons énumérées ne renfermaient pas seulement les chambres auxquelles elles devaient leur nom. D’autres locaux, dont nous ne saurions sans cela où fixer l'emplacement, devaient en occuper une partie. C'est le cas par exemple de la salle des «arnoiïs », de la Chambre des appellations

et de la chambre du Consistoire.

1 R. C., vol. 46, f° 164 (25 février 1552).

2 Jbid., vol. 5#, fo 138 v° (1 avril 1558).

3 Jbid., vol. 69, f° 70 (9 avril).

# Ce serait le « grand poelle sur le devant ». Voir R. C., vol. 40, fe 329 ve; vol. 46, f° 164 et C. M. et Q.. vol. 7 (17 octobre 1545, 25 février 1552 et 17 décembre 1558).

5 On banquetait à l'occasion des élections ; à chaque fin d'année, le Conseil invitait à diner les spectables ministres. Les envoyés des cantons suisses étaient toujours régalés à la Maison de ville; ce fut en particulier le cas en 15%6, lors du serment de combourgeoisie avec Fribourg et Berne. La Seigneurie reçut aussi à sa table de grands personnages en passage à Genève : en 1575, le prince de Condé, en 1601, le Sgr de Lesdiguières, etc. On y faisait, semble-t-il, bonne chère. Les comptes de provisions de bouche fournies par le sautier sont fort appétissants (voir pièces justif., n° VIT).

6 R.C., vol. 4#, fo 33% v° (4 mars).

‘ Pièces justif., n° VI.

8 R. C., vol. 56, fe 60 (15 juillet 1560).

s Pièces justif., n° VI.

10 R. C., vol. 46, f° 258 ; vol. 66, f° 124 (19 août 1552 et 9 octobre 1571).

Page 1