‹ La Maison de ville de GenèveChapitre 33 sur 118 · L’ACHÈVEMENT DE LA MAISON DE VILLE · texte numérisé non relu

L’ACHÈVEMENT DE LA MAISON DE VILLE

Construction d’une salle pour le Deux Cents. — Premier plan de Bogueret, au XVIe siècle, non exécuté. — Nouveau projet de 1700; achat-'de la maison de « Delle Turretin 1 », à l’est de la Maison de ville, pour trouver la place nécessaire à l’établissement de la nouvelle salle. — Description des constructions du XVIIIe siècle et des locaux qui s’y trouvent. — L’architecte Vennes, le maître maçon Ducommun et le décorateur Chéret. Style de cette aile de l’édifice.

Nous avons déjà mentionné, à propos de l’achèvement de la façade nord de la Maison de ville, les travaux exécutés simultanément dans d’autres parties de l’édifice. Il est nécessaire d’y revenir avec quelques détails. Si le Conseil arrêta en 1700 de terminer les façades extérieures, c’est qu’il y fut amené, en quelque sorte, par la décision de créer une salle pour le Deux Cents. L’aile nouvelle, au midi, ne pouvait en effet être bâtie avant que l’on eut achevé la façade sur rue.

Il y avait longtemps qu’un projet de construire une salle spéciale pour le Deux Cents avait été présenté au Conseil. En 1 5 7 p 2 déjà, celui-ci trouve la sale de céans trop petite et décide de l’agrandir par delà la sale des harnois, derrier la hanche. On prépara même les matériaux et Mtre Nicolas Bogueret présenta le desseing d’icelle3. Mais, en 1 5 76 4, le Conseil préféra parachever la voulte des degrés de céans, se déportant pour le présent dé faire la sale qu’on pretendoit. Au XVIIe siècle, lors de la réfec-

1 C’est à dessein que nous conservons le nom « Turretin » comme il s’écrivait au XVIII1"' siècle, afin de distinguer l’immeuble acheté par le Conseil, en 1700, de la maison Turrettini actuelle.

2 IL C., vol. 69, fus 9 et 37 (12 janvier et 15 février).

3 Ibid., vol. 70, fus 6, 26 et 29 (7 janvier, 4 et 8 février 1575).

* Ibid., vol. 71, f° 105 (26 juillet).

tion des façades, la question de la nouvelle salle fut à nouveau débattue et ne fut pas encore résolue1. C’est au XVIII' siècle seulement qu’elle devait trouver sa solution définitive. Le 25 juin 1700, le Conseil examine le moyen de construire une salle pour le Magnifique Conseil des Deux Cents, 11’étant plus possible , dit naïvement le registre, de se servir de la chambre du Conseil des XXV, qui est huit fois inferieur en nombre et qu’ainsi un membre de maison destiné pour vingt et cinq ou vingt et huit personnes en contienne deux cents2.

On ne pouvait trouver la place nécessaire dans la Maison de ville ellemême, il fallait donc l’agrandir. En 1700, dans sa partie occidentale, l’édifice avait

Fig. 17. — La Maison de ville, vue du midi (XVIII s.)

déjà son aspect actuel. A l’est, il était moins étendu (fig. 18). La maison du secrétaire n’en faisait point encore partie ; c’est après son incorporation, et grâce à l’acquisition de la maison de « Dlle Turretin », que la Maison de ville obtint sa superficie actuelle. Selon un projet présenté au Conseil, la nouvelle salle devait être construite

1 R. 0., vol. 101, f° 79; vol. 113, f° 45 vu ; vol. 114, f° 33 (19 avril 1605 , 2 décembre 1614 et 3 février 1615).

8 R. 0., vol 200, f° 190. Il est donc bien certain que, jusqu’au XVIII1' siècle, le Conseil des Deux Cents s’est réuni dans le même local que celui des Vingt-cinq. On lit d’ailleurs souvent dans les registres la formule : lntravil Consilium ducentorum... puis plus loin : recessit Consilium. La séance du Conseil Ordinaire était donc interrompue pour permettre au Deux Cents de siéger dans la même salle. En 1685, Leti dit que « la salle du Conseil est vraiment trop exigue quand siège le Deux Cents et n’est pas même convenable pour les séances du Petit Conseil. Les jours où le Magnifique Conseil doit s’assembler, on se borne à y laire mettre en place dans le parquet un certain nombre de bancs portatifs » (‘Bulletin de l’ Institut national genevois , t.XXXI, p. 59).

Page 1