‹ La Maison de ville de GenèveChapitre 69 sur 118 · XXII I · texte numérisé non relu

XXII I

et chevaux. Bientôt, en effet, Genève devint le rendez-vous des troupes savoyardes et italiennes qui allaient renforcer l’armée bourguignonne. Le i Lt mars, la veille de Grandson, elle vit s'installer dans ses murs la cour de Savoie.

La ville refusa constamment d’envoyer son contingent au duc et se borna à lui fournir quelques armes et du pain. Elle avait suspendu le paiement de sa rançon. Connaissant l’intérêt que lui portaient les Fribourgeois, elle se flattait encore d'obtenir, par leur entremise, la libération de sa dette1. La journée de Morat renversa ces calculs (22 juin 1476). Pour arrêter les Suisses victorieux, en marche sur Genève, il fallut l’intervention de Louis XI, qui ne voulait pas laisser écraser la Savoie. Le 29 juin, à Lausanne, l’évêque Jean-Louis réussit à conclure un armistice avec les capitaines suisses2 3.

Le Congrès de Fribourg régla, sous la médiation de la France, les bases de la paix entre les Suisses et la Savoie (juillet-août)1. Il maintint la contribution imposée aux Genevois et fixa les termes de paiement des 24,000 écus qui restaient dus. Le représentant de Louis XI proposa aux Cantons d’occuper Genève, la vraie « clé du pays », dont la prise par le duc de Bourgogne, encore debout, aurait coupé les communications entre le roi et les Confédérés. Mais les cantons orientaux n'étaient pas disposés à s’engager aussi loin en pays welche.

Pour le même motif, les Bernois, qui avaient réclamé la cession des pays conquis jusqu'à Genève, durent se contenter de quelques seigneuries, dont l’acquisition, en commun avec Fribourg, fut comme une première étape dans la conquête du Pays de Vaud4. De plus, ils exigèrent que la maison de Savoie renonçât au protectorat qu’elle exerçait sur Fribourg depuis 1 4 5 2 , libérant ainsi leur alliée de toute suzeraineté étrangère (1477).

Cependant, les Genevois ne se résignaient pas à leur sort. Ils envoyèrent à Louis XI, devenu l’arbitre de la Savoie, des députés chargés de lui représenter que ce n'était pas à eux seuls à payer une contribution qui avait préservé de la ruine tout le pays. Ils laissèrent ainsi passer Noël, sans faire le premier paiement convenu de 8,000 écus. Seule, la nouvelle alerte de la « Folle Vie » leur fit comprendre la gravité de la situation.

Une bande de jeunes gens de la Suisse centrale, réunis à l’occasion du

2 R. C., II, p. 449-452. E. A., II, p. 596.

3 Dierauer, II, p. 290 et suiv. ; R. C., II, p. 455.

4 Les Bernois gardèrent Aigle et Cerlier; ils partagèrent avec Fribourg la possession de Morat, Grandson, Orbe et Echallens.

LES CANTONS SUISSES ET GENEVE

carnaval, en janvier 1477, convinrent d’aller chercher eux-mêmes à Genève les 24,000 écus de la rançon1. Malgré les défenses de la diète contre ces expéditions irrégulières, malgré les efforts des magistrats de Lucerne et de Berne, soucieux de l’ordre public et du bon renom des Suisses à l’étranger, les cornpagnons de la « Folle Vie » se frayèrent un chemin jusqu’à Fribourg, où ils se trouvèrent réunis au nombre de près de 2,000. Genève se hâta d’envoyer audevant de ces visiteurs incommodes des députés dont la mission fut secondée par ceux des villes suisses. Elle dut payer deux écus à chaque compagnon, livrer des otages et fournir des gages d’une valeur égale à celle de sa dette. C est alors que la ville obtint de la duchesse de Savoie et de la comtesse de Genevois le prêt d’argenterie et de bijoux, qui ne furent restitués qu'en 1480, quand la rançon eut été dûment payée.

Genève avait trouvé auprès des Bernois une aide efficace contre les aventuriers de la « Folle Vie ». Après que Berne eut renouvelé son alliance avec la maison de Savoie par un traité auquel Fribourg accéda (20 août 1477), l’évêque Jean-Louis se décida à contracter, avec ces deux villes, une de ces combourgeoisies dont les Suisses se servaient pour étendre leur influence tout autour d eux (14 novembre 1477) 2. Cette alliance assurait en même temps à l’évêque des protecteurs, pour le cas d’une nouvelle menace venant de Suisse, et un contre-poids à la toute-puissance de Louis XI en Savoie. De leur côté, les deux villes acquéraient un poste avancé à 1 extrémité du plateau suisse et des facilités pour leur commerce.

Malgré la colere et 1 amertume que la dureté des Suisses à leur égard avait provoquées chez les Genevois, il semble que les citoyens acceptèrent de suivie 1 évêque dans la voie qu il leur ouvrait. Deux membres du Conseil accompagnèrent le prélat qui se rendait à Berne pour la signature du traité. La ville fut comprise dans cette alliance. Elle avait obtenu, des Cantons, de nouvelles démarches auprès de Louis XI en faveur de ses foires3. Au lendemain de la combourgeoisie, Berne et Fribourg aidèrent aussi les Genevois à payer leur dette envers les Cantons en obtenant pour eux, de la ville de Strasbourg, un prêt de 1 1 ,000 écus b

Vaucher, op. cit., p. 81 ; Dierauer, op. cit., II, p. 333 ; R. C., III, p. 2 et suiv., 124. Sur une tentative de même nature, en novembre 1475, voir A. Büchi, Freiburger Akten 7 ur Geschichte der Burgunderkriege, dans Freiburger Geschichtsblàtter, XVI (1909), p. no.

2 Ci-après, p. 4, n. 1.

2 Borel, op. cit., Pièces justificatives, n° 38. Voir E. A., II, p. 673.

* R • C., III, p. 52 et 72.

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INTRODUCTION HISTORIQUE

Sous le régime de la combourgeoisie de 1477 s'établirent, entre les deux villes suisses et Genève, des rapports amicaux dont la tradition se perpétua après la mort de Jean-Louis de Savoie (1482), bien que le traité n'eût pas été renouvelé. En vue de leurs relations politiques et commerciales avec la France, les Suisses avaient intérêt au maintien de l'autonomie de Genève1. Aussi Berne et Fribourg s'efforcèrent-elles de favoriser, au sein de la bourgeoisie genevoise, l’esprit d'indépendance que le duc de Savoie s’appliquait à combattre. A trois reprises différentes, en 1482, en 1490 et en 1 5 1 3, lors de la vacance du siège épiscopal, elles prirent parti contre le candidat du duc de Savoie, pour celui du Chapitre, que soutenaient aussi les Conseils de la ville. En 1482 2, au moment où, après quatre mois de lutte, les magistrats genevois étaient sur le point de se plier à la volonté du duc, les deux villes les engagèrent à tenir ferme, leur déclarant qu’elles ne laisseraient pas les Genevois sans défense, mais qu’elles les protégeraient, s’il le fallait, « jusqu’à la mort ».

Fe crédit dont le duc de Savoie jouissait à la cour de Rome et son ascendant sur Genève firent échouer, chaque fois, les démarches des Suisses, et assurèrent le triomphe des candidats savoyards qui ne songèrent pas à faire revivre l'ancienne combourgeoisie. En 1491, les Bernois obtinrent du moins une satisfaction relative : le prévôt de la collégiale de Berne, Jean Armbruster, fut désigné par le nouvel évêque de Genève comme son vicaire; pendant un an et demi, le « vicaire allemand » présida au gouvernement de l’évêché3.

Si limitée que fût encore l’influence des deux villes suisses sur la bourgeoisie de Geneve, le duc de Savoie la regardait comme un obstacle à ses desseins sur la ville. Il chercha à élever une barrière entre les citoyens de Genève et les Suisses, en faisant insérer, dans les traités conclus avec Berne et Fribourg (1498 et 1509), puis avec huit cantons (1 5 1 2), des dispositions qui interdisaient à ceux-ci d'accueillir dans leur bourgeoisie des villes ou des individus dépen-

1 Ed. Mai.i.et, dans M. D. G., V, p. 1 85 et suiv.

2 R. C., III, p. 22 3 et notes, 23i, 233 et notes.

3 R. C., IV, passun (octobre 1490-octobre 149 1 ); sur Armbruster : p. 429-433 et V, p. io3. Voir Die Berner- Chronik des Valerius Anshelm, I (Berne, 1884, in-8), p. 383. — En 1494 et en i5o3, le Conseil de Genève écarta, comme contraire aux Franchises, la demande de Berne et de Fribourg de leur livrer les soldats mercenaires qui passaient par Genève, allant en Italie malgré les defenses de la diète: R. C., V, p. 200-201 et VI (en cours d’impression), p. i3o et suiv. En revanche, en i5i3, il céda, non sans protester contre la violence qui lui était faite, aux menaces des deux villes, dont les délégués se saisirent, à l’Evêché, du président de Villeneuve, pour l’emmener prisonnier dans les Cantons (Gautier, II, p. 56-63 ; Dierauer, op. cit., II, p. 545).

INTRODUCTION HISTORIQUE

dant, ci un titic quelconque, du duché de Savoie *. Il espérait ecarter ainsi tout danger d'une combourgeoisie entre la communauté genevoise et les Suisses. Mais la digue sur laquelle il comptait pour arrêter le courant des idées démocratiques ne tint pas longtemps.

Sous le règne du duc Philibert (1498-1504) et après l'avénement de son frère, Charles III, les conflits entre les citoyens et l’autorité ducale se multiplièrent. Alors les partisans des Franchises de la ville se tournèrent vers Fribourg, dont l’amitié pour Genève avait fait ses preuves. En 1 507, l'année même où les Franchises de Genève furent imprimées pour la première fois, le syndic Pierre Lévrier, qui était devenu bourgeois de Fribourg, arrêté et jeté en prison sous un prétexte futile par le vicaire général, fut élargi grâce à l'intervention de l’avoyer fribourgeois1 2.

En 1 5 1 3 , au moment où Jean, bâtard de Savoie, montait sur le siège de Genève, quelques citoyens, parmi les plus compromis par leur opposition au duc, recherchèrent à leur tour la protection des Fribourgeois. C'étaient Jean Taccon, Henri Pollier, Jean Baud, Besançon Hugues, Philibert Berthelier et Nantermet Tissot. En inscrivant leurs noms sur le Grand Livre des Bourgeois,

les Seigneurs de Fribourg déclarèrent chacun d’eux « participant de tous leurs privilèges, comme aultres bourgeois, pour lui fayre, à ses fraiz, ayde et assistence, à la préservation de son corps et ses biens3».

En acquérant pour leurs personnes la bourgeoisie de Fribourg, les futurs Eidgnots renouaient le hl rompu de l'alliance de Genève avec les Suisses.

Les cantons suisses et leurs alliés.

Vers la fin du XVe siècle, à l'époque où Genève et l’Helvétie romande entrent dans la sphère d’activité des Suisses, les « Ligues de la Haute-Allemagne » — comme on appelait alors la Confédération — comprenaient déjà les trois éléments dont celle-ci restera composée jusqu'à la fin de l'ancien régime : les cantons (Orte), leurs alliés (Zugewandte) et leurs sujets4.

1 Stüruer, op. cit., p. 459 note ; L. Cramer, p. 16.

2 Gautier, II, p. 28; Berchtold, op.cit., p. 107.

3 Arch. cantonales, Fribourg. Grosses Bürgerbuch, f° 197.

4 Voir W. Œchsi.i, Orte und Zugewandte. Eine Studie jur Gescliichte des schweiqerischen Bundesrechtes, dans Jahrbuch fiir schweijerische Gescliichte, XIII (1888), p. 1-497 > P- Vaucher, Esquisses d’histoire suisse, p. 97 et suiv. ; J. Dierauer, op. cit., Il, p. 579 et suiv.

LES CANTONS SUISSES ET GENEVE

Les cantons étaient les' vrais souverains des Ligues. Seuls ils siégeaient de plein droit à la diète, présidaient aux relations extérieures, faisaient la paix ou la guerre et prenaient, sur des questions d’ordre intérieur, des décisions qu’ilsprétendaient imposer à leurs alliés aussi bien qu à leurs sujets. Ils étaient seuls à posséder les territoires conquis, qu’ils administraient en successeurs légitimes des précédents seigneurs; ils s’attribuaient la part du lion dans les indemnités de guerre, dans les subsides ou les pensions payées par les cours étrangères.

Pendant la période d’expansion nationale qui suivit la guerre de Bourgogne, cinq Etats nouveaux obtinrent, non sans difficultés, une place dans le cercle, jalousement fermé, des VIII Cantons anciens: Fribourg et Soleure en 1481, Bâle et Schaffhouse en 1 5oi , Appenzell en i5i3. Ainsi se trouva formée la Confédération des XIII Cantons, qui n’accueillit plus aucun nouveau membre jusqu’en 1798.

Les Etats «alliés» ou «associés» (Zugewandte) des Ligues étaient ceux que des traités perpétuels ou temporaires liaient soit à l’ensemble des cantons, soit à un ou à plusieurs d’entre eux. Grâce à l’esprit de solidarité qui existait alors entre confédérés, les alliés particuliers de certains cantons étaient considérés comme rattachés à la Confédération, à laquelle ils apportaient l’appui de leurs territoires et de leurs contingents militaires.

Quelques-uns de ces « alliés » — Soleure, F ribourg, Schaffhouse, Appenzell — reçurent le prix de leurs services en devenant cantons. Parmi les autres se trouvaient des Etats de nature et d’importance très inégales: des républiques fédératives comme le Valais et les Grisons, que leur situation écartée et leur particularisme politique empêchèrent de s’unir plus intimement aux Cantons; des villes, comme Saint-Gall, Bienne, Mulhouse ou Rottweil, dont la constitution ressemblait à celle des cantons urbains; des princes ecclésiastiques ou laïques, tels que l’abbé de Saint-Gall, l’évêque de Bâle ou le comte de Neuchâtel ; enfin, de petits organismes politiques, privés de toute influence et dont la condition se confondit ensuite, dans la plupart des cas, avec celle des pays sujets: la république de Gersau et l’abbaye d’Engelberg, les communautés rurales du Toggenbourg, de Gruyère et de Gessenay, les villes de Rapperswil, de Payerne, de Neuveville. etc.

Les alliés jouissaient tous de la protection des Ligues. Mais il va de soi que leur situation juridique, au sein de celles-ci, ne pouvait être soumise à une règle uniforme. Tandis que les uns traitaient sur le pied d’une égalité complète

INTRODUCTION HISTORIQUE

avec les cantons, les autres durent accepter un véritable protectorat. Selon les circonstances historiques ou politiques, économiques ou stratégiques, qui déterminaient les rapports de chacun d'eux avec la Confédération, ces Etats furent « associés », en une mesure très différente, aux diverses manifestations de la vie publique des Ligues : réunions de la diète, traités avec l'étranger, répartition des sommes que procuraient aux Suisses leurs expéditions militaires ou l’alliance des princes.

Enfin, pour chacun deux, la relation avec les cantons se modifia au cours des événements, tantôt dans le sens d'une union plus étroite, tantôt dans celui d’un relâchement du lien fédéral. C’est ainsi que la Réformation du XVIe siècle exerça une influence considérable sur les rapports des cantons entre eux et avec leurs alliés. Le schisme religieux se doubla d un schisme politique. Les cantons se séparèrent en deux camps hostiles, en deux confédérations rivales, entre lesquelles il n y eut plus guère d autre lien que les pactes fédéraux — interprétés à la lettre et non plus dans l'esprit des premiers confédérés, — l'alliance avec la h rance et la possession des bailliages communs. Cette scission fit obstacle à toute extension nouvelle de la Confédération et au développement normal de l'unité nationale.

A 1 exemple des cantons, les Etats alliés se partagèrent aussi en deux groupes: alliés des cantons catholiques1 et alliés des cantons protestants2. Quelques-uns d'entre eux seulement — l’abbé et la ville de Saint-Gall, le Valais, Bienne — continuèrent à être reconnus comme confédérés par les deux partis. C'est à eux, désormais, que s’appliqua plus spécialement le nom d’Etats « associés», de Zugewandte. Ils jouissaient de 1 « alliance générale des Ligues» ( Zugewandschajtj , qui leur conférait les mêmes droits, leur imposait les mêmes obligations vis-à-vis de tous les cantons, et les faisait regarder par tous comme partie intégrante du Corps helvétique. Au XVIIe siècle, on parlera de 1 « incorporation » des Etats qui briguaient la faveur de l’alliance générale.

A ces rares privilégiés, on opposait les « alliés particuliers » d’un ou de plusieurs cantons, dont le lien avec la Confédération n'était plus officiellement admis que par l'un ou l’autre des deux groupes confessionnels. C'est à cette catégorie d’Etats qu’appartint, jusqu’à la .fin du XVIIIe siècle, la ville de Genève, alliée de Fribourg et de Berne (i 5 19, i52Ô), puis de Berne et de Zurich (1584):

1 Le prince-abbé de Saint-Gall, le Valais, Rottweil, l’évèque de Bâle. s La ville de Saint-Gall, Mulhouse, Bienne, les Grisons, Neuchâtel et Genève.

LES CANTONS SUISSES ET GENEVE

ses efforts pour parvenir à l'alliance générale des Ligues échouèrent constamment devant la résistance des cantons catholiques. Lorsque les députés de Genève se présentaient à la diète suisse pour y traiter quelque affaire, ils y étaient reçus avec le même cérémonial que les ambassadeurs d'Etats étrangers1.

Montrer le rôle qu'ont joué les «pays alliés» dans la formation de l'ancienne Confédération, tel est le but que M. le professeur Wilhelm Œchsli s’est proposé en écrivant l'important mémoire paru, en 1888, dans le Jahrbuch fiir schwei\erische Geschichte, sous le titre de Orte und Zugewandte* . Après avoir exposé comment a pris naissance et s’est développée, au XVe siècle, la notion de 1' « Etat allié », quelles transformations elle a subies sous l'action de l’esprit confessionnel, M. Œchsli a consacré à chacun des principaux « alliés» un chapitre spécial qui donne un aperçu des rapports de cet Etat avec la Confédération, depuis la Réforme jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.

Nous avons pensé bien faire en offrant aux amis de l'histoire de Genève la traduction française des fragments de ce mémoire qui ont trait à cette ville. Basée presque entièrement sur le volumineux Recueil officiel des anciens Recès fédéraux3, cette étude présente plus spécialement le point de vue suisse dans la préparation séculaire de la réunion de Genève à la Confédération. L'auteur 1 a écrite avec une sympathie non dissimulée pour la cause plaidée avec tant de persévérance par les Genevois. Après un quart de siècle, elle a conservé toute la valeur qu a su lui donner la plume autorisée de l'un des maîtres actuels de l’histoire nationale.

En accédant à notre projet, M. Œchsli a bien voulu nous permettre d’user d une certaine liberté dans la traduction du texte original. Nous en avons profité

1 Œchsli, op. cit., p. 184.

- Ci-dessus, p. XXVII, n. 4.

Amtliche Sammlung der eidgenossischen Abschiede. A l'issue d’une diète ou d’une conférence, • chaque députe emportait avec soi, pour le remettre à son gouvernement, le résumé, rédigé par un secrétaire, de ce qui s était passé dans cette réunion. Ces procès-verbaux sommaires sont appelés recès ou départs.

INTRODUCTION HISTORIQUE

pour y introduire de brèves additions qui complètent, sur quelques points, l’exposé forcément succinct des faits, sans en modifier le sens.

Les notes de l'auteur ont été reproduites intégralement. Les additions que nous y avons faites ont principalement pour but de signaler au lecteur des publications postérieures au mémoire de M. Œchsli ; dans chaque note, elles sont séparées du texte primitif par un point et un trait. Quelques notes nouvelles ont été désignées comme «notes du traducteur». Les références de l’édition récente de la grande Histoire de Genève par Jean-Antoine Gautier nous ont dispensé de multiplier les indications bibliographiques; en citant abondamment cet ouvrage, nous avons aussi cherché à faciliter la comparaison des documents de provenance suisse, utilisés par M. Œchsli, avec ceux des Archives d’Etat de Genève, sur lesquels l’historien Gautier a presque exclusivement travaillé.

La division en chapitres a été établie par le traducteur; les deux derniers chapitres sont composés de fragments dispersés dans les différentes parties du mémoire allemand ; en revanche, les manchettes de celui-ci ont fourni la plupart des titres des paragraphes de la traduction française.

Nous espérons que l’illustration de ce volume contribuera à animer, pour le lecteur, l’histoire du long et patient effort grâce auquel les Genevois sont devenus des Suisses.

Victor van Berchem.

Les Alliances de Genève

avec les

Cantons suisses

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