‹ La Maison de ville de GenèveChapitre 71 sur 118 · PREMIERES COM BOURGEOISIES · texte numérisé non relu

PREMIERES COM BOURGEOISIES

aucun des Etats contractants ne devait prendre sous sa protection, ni accueillir dans sa bourgeoisie ou sa souveraineté les sujets ou autres ressortissants de son allié b Or, la possession du vidomnat épiscopal conférait au duc un droit indiscutable sur la ville de Genève et sur ses habitants. Cette considération motiva l'arrêt que les députés des XII Cantons prononcèrent, à Zurich, le 17 mars 1 5 i g, sur la plainte portée devant eux par l'évêque de Genève et le duc de Savoie. Ils mirent Fribourg en demeure de renoncer à la combourgeoisie ou, du moins, d’en différer l’exécution jusqu’au moment où le point en litige aurait été réglé par voie de droit. En même temps, ils invitèrent le duc à s’abstenir de toute violence à l'égard des Genevois1 2.

Les Fribourgeois ne regardèrent pas la combourgeoisie comme annulée par la décision de la diète, mais simplement comme suspendue. Et quand le duc eut recours aux armes et occupa Genève pour contraindre la ville à abandonner cette alliance (5 avril 1 5 1 9), ils entrèrent en campagne contre lui. Ce ne fut pas sans peine qu’un accord intervint, grâce à la médiation des cantons de Zurich, Berne, Lucerne, Zoug et Soleure : il fut admis que les Genevois s’étaient retirés « de leur plein gré » de la combourgeoisie, et que les Fribourgeois, sans s’associer formellement à cette renonciation, rentreraient dans leurs foyers, après avoir obtenu l’assurance qu’aucune atteinte ne serait portée aux franchises de Genève et que la Savoie paierait les frais de la campagne 3.

Cependant, lorsque, à la suite de l'exécution de Philibert Berthelier (23 août 1519), la diète fut allée jusqu'à dénier à Fribourg le droit de recevoir individuellement des Genevois dans sa bourgeoisie, on put croire que les Confédérés livraient entièrement Genève à la Savoie4.

Combourgeoisie de Berne et de Fribourg avec Genève (1S26).

L'opposition catégorique des Bernois, décidés à maintenir les liens traditionnels d’amitié qui les unissaient à la Savoie, avait été la cause principale de l’échec des Fribourgeois dans leur tentative de gagner Genève à la Confédéra-

1 E. A., III 2, p. 1 3 5 1 . — L. Cramer, I, p. 15-17.

- E. A., III 2, p. 1 143.

9 E. A., III 2, p. 1 1 53- 1 1 63 . — Gautier, II, p. 142 et suiv.

4 E. A., III 2, p. 1 1 65 q, 1 168 m, 1 171, 1 189 f, 1 190 o, 1 197 d, 1204 c, 1210 p. — Gautier, II, p. 148-150, 170-172.

ALLIANCES DE GENEVE AVEC LES CANTONS SUISSES

tion1. Mais, en i 5 2 5 , l’attitude de Berne changea brusquement, à la suite de la volte-face du duc Charles III dans la lutte engagée entre François Ier et Charles- Quint. On sait que les Confédérés étaient étroitement unis à la France par l'alliance de i52i. Or, la conduite équivoque du duc de Savoie, d’abord allié de la France, et celle de l'évêque de Genève, éveillèrent les soupçons des Suisses dès l’été de i523. Ils ne ménagèrent pas au duc les avertissements2 *. Néanmoins, en 1 5 24, ils acquirent la certitude de sa défection, négociée parle connétable de Bourbon

En passant dans le camp impérial, le duc devenait l’adversaire des Suisses. Dès lors, Berne se trouva d’accord avec Fribourg pour profiter des dispositions qui régnaient au sein des bourgeoisies de Lausanne et de Genève, et pour s'assurer, contre le duc, de ces deux villes épiscopales, qui relevaient de la Savoie à des titres divers 4. Après avoir reçu Lausanne dans leur combourgeoisie le 7 décembre 1 5 25 , les deux cantons en firent autant pour Genève, le 8 février i52b, arrachant ainsi cette ville au duc au moment où il se flattait de l'avoir définitivement réduite à l’obéissance. Par le traité de février 1 526, dont la durée était fixée à vingt-cinq ans, Berne, Fribourg et Genève se reconnaissaient mutuellement comme combourgeois, en prenant pour base générale de leur association l'égalité des droits, sauf en un point important : Genève s'engageait, à la fois, à fournir à ses frais aux deux autres villes le secours prévu par le traité et à payer la solde des troupes que ses alliées lui enverraient5 6.

En enlevant à la Savoie la porte qui donnait accès au plateau suisse, Berne et Fribourg servaient les intérêts de la Confédération tout entière. Cependant leur initiative ne fut guère appréciée par les autres cantons. Soleure, qui d'ordinaire secondait ses deux voisines dans leur politique d’extension vers l'ouest, avait été appelée à participer aux négociations avec Lausanne et Genève. Mais elle décida de ne pas se joindre à la combourgeoisie et d'observer « la foi jurée au duc de Savoie » dans le traité de 1 5 1 2 °. Quant aux cantons de la Suisse cen-

1 Val. Anshelm, Berner-Chronik, IV (Berne, i8y3, in-8°), p. 341-342. — L. Cramer, I, p. 17-19.

* E. A., IV 1 a, p. 3 14 n, 3ib n, 348 c, 356 b et c, 362 q, 372 n, 389 d, 3926, 3g3 0,425, 470.

:l E. A., IV 1 a, p. 481 i. Voir Henri Martin, Histoire de France, VIII, 4e éd., p. 60.

* E. A., IV 1 a, p. 774-777, 780-787, 793, 795, 802-809, 820-827, 846-849, 856-859.— Gautier,

1 1, p. 206 et suiv.

6 E. A., IV 1 a, p. i5o7-i5io. — Traduction française dans Bonivard, Chroniques de Genève, éd. de 1867, II, p. 257-265, et dans Sron, II, p. 178-183. Voir, ci-après, le mémoire de M. Edouard Favre intitulé : A Genève, du Conseil des hallebardes à la combourgeoisie avec Fribourg et Berne, 1 525- 1 526.

B E. A., IV 1 a, p. 808 (3 décembre i525).

SCEAUX DE LA COMBOURGEOISIE DE l52Ô

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