‹ La Maison de ville de GenèveChapitre 78 sur 118 · LE TRAITE DE SAINT-JULIEN · texte numérisé non relu

LE TRAITE DE SAINT-JULIEN

relations beaucoup plus étroites avec la France qu’avec les cantons réformés. Tout l’espoir des Genevois reposait sur le nouveau roi Henri IV, sans l'assentiment duquel ils refusaient de s’engager tout de bon dans des pourparlers de paix avec la Savoie. Ces dispositions rendirent vaines toutes les tentatives de médiation des Cantons. D’un autre côté, en dépit des efforts de Genève et de l’ambassadeur français, les cantons évangéliques ne se décidèrent pas à prendre une part active à la guerre contre la Savoie, qui leur semblait servir bien moins les intérêts de Genève que ceux de la France F

Les Genevois furent donc laissés presque entièrement à eux-mêmes et réduits à l'aide que le roi Henri IV leur donnait, assez chichement d'ailleurs. Entre eux et le roi, la plus étroite communauté d’intérêts parut s’établir, et la prépondérance de la- France à Genève devint si absolue, qu’en 1600, les villes évangéliques appréhendaient de voir la cité tomber tout à fait sous la domination française et devenir un jour, entre les mains d'un prince « malintentionné», un «vrai repaire de brigands » qui mettrait en péril toute la patrie suisse2. Il n’est pas douteux, que ces relations, si elles avaient conservé longtemps la même intimité, eussent infailliblement conduit Genève à se détacher de la Suisse.

Mais Henri IV trompa plus d'une fois les espérances de Genève. Parmi les alliés de la couronne de France, nul ne méritait mieux que la vaillante cité, qui

1 Segesser, III, 2« partie, p. 108 et suiv. ; E. A., V 1, p. 207, 209 a, 218, 220 a, 222, 224 a, 225 h, 226 a, 228 a, iZ-j c, 246 d, 249 b, 25 1 f, 261 k, 276 b. — Gautier, VI, p. 56-74, 100-102, 107-112, 119-123, 1 3 1 , 1 5 1 - 1 58, 169-173, 204-205 ; De Crue, Henri IV et les députés de Genève, passim ; Rott, II, p. 443-447, 556-564 et passim ; voir aussi Genf und St-Gallen i5gi, Saint-Gall, 19x3, in-8.

- Œchsli, Orte und Zugewandte, p, 2 1 3 . E, A., V 1, p. 555 b,

ALLIANCES DE GENEVE AVEC LES CANTONS SUISSES

avait combattu au nom du roi, de jouir pleinement des bienfaits de la paix européenne, rétablie par le traité de Vervins (i5q8). Néanmoins le nom de Genève ne fut pas inséré dans ce traité, comme le furent ceux des alliés des Cantons, les Grisons, le Valais, l'abbé et la ville de Saint-Gall, le Toggenbourg, Mulhouse et Neuchâtel. Il ne le fut pas davantage dans le traité de Lyon (1601), qui mit fin à une nouvelle guerre entre la France et la Savoie. La bonne volonté de Henri IV avait dû plier devant l’opposition des représentants de l'Espagne et du Saint-Siège, décidés à ne pas sanctionner, par leur signature au bas d'un acte public, l’existence de la cité de Calvin comme Etat indépendant. Les lettres patentes du 1 1 novembre i5q8 et celles du i3 août 1601 — où Henri IV proclamait l’inclusion de Genève dans l une et l'autre paix, en déclarant que la ville s'y trouvait désignée sous la formule générale des « alliés des Ligues » — n’étaient qu'une interprétation unilatérale de ces traités et n'engageaient ni 1 Espagne ni la Savoie1. Enfin, les Genevois se virent frustrés de l’agrandissement de territoire que la France leur avait fait espérer au début de la guerre, et ils furent obligés de remettre au roi le pays de Gex qu'ils avaient enlevé au duc de Savoie 2.

Ces déceptions contribuèrent sans doute à calmer l'ardeur des sympathies de Genève pour la France. En mai 1600, elle fit une nouvelle tentative auprès de la diète pour obtenir l’alliance générale des Ligues ( Zugeipandtschaft j3. Mais cette démarche était condamnée d’avance. La décision négative des VII Cantons était déjà prise lorsqu’arriva une lettre du pape Clément VIII qui les engageait à repousser la requête des Genevois. La Ligue d'or avait exclu Mulhouse de la diète et de l'alliance des Cantons pour cause de religion. Comment aurait-elle été tentée d'y admettre la cité de Calvin et de Bèze ? Un effort de celle-ci pour être comprise dans le renouvellement de l’alliance entre la France et les Cantons n’aboutit qu’à un nouvel échec (1602) 4 .

Œchsli, Orte und Zugewandte, p. 235. E. A., V i, p. 1872, 1873 (texte de la déclaration de i598j; Muller-Vulli em in , op. cit., XII, p. 299. — Les deux déclarations de Henri IV sont imprimées dans Spon, II, p. 246, 247. Voir Gautier, VI, p. 212, 283, 336-338, 362 ; De Crue, op. cit., p. 412, 425, 468, 488 ; Rott, II, p. 490.

De Crue, op. cit., p. 469, 4S3 ; H. I azy, Histoire de Genève à l'époque de l’Escalade, i5gyj6c/3 (Genève, 1.902, in-8), p. 23 1 et suiv. (Note du traducteur.)

? E- A-> V h P- c, 543 h, 546 f. - Gautier, VI, p. 221, 297-299, 3i2, 3 16-3 19, 328, 363.

Gautier, VI, p. 403-406; De Crue, op. cit., p. 499; Rott, II, p. 520. (Note du traducteur.)

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