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SIGNATURES DU TRAITÉ DE SAINT-JULIEN, l6o3
M.D G , série in-40, t. IV.
l’alliance DE 1584 - LE TRAITÉ DE SAINT-JULIEN
L’Escalade et la paix de Saint-Julien ( 1602-1603 ).
L’attitude des différents groupes de cantons au lendemain de l'Escalade du 11 -21 décembre 1602 met en lumière la variété des relations qui existaient entre Genève et les Confédérés. Fidèles à leurs obligations d’alliés, les Zuricois et les Bernois s’empressèrent d’envoyer au secours de la cité une garnison de mille hommes. Ils invitèrent Bâle et Schaffhouse à participer avec eux à la défense de Genève. Mais les deux villes objectèrent que, n’ayant pas d’alliance avec Genève, elles n’étaient astreintes à aucune aide effective. Elles n’entendaient donc agir en sa faveur que par la voie diplomatique et offraient d intervenir par lettres et par ambassades ; cependant, elles consentirent enfin à fournir sous main quelque argent et des munitions 1 . Elles formèrent, en outre, avec Glaris, Appenzell et Soleure, le groupe des cantons neutres, en opposition avec celui des VI Cantons, alliés de la Savoie.
Quant à ceux-ci, il était à craindre que, non contents de refuser tout appui à Genève, ils ne prissent délibérément parti pour le duc. Interpellés à la diète par les députés de Zurich et de Berne sur leurs intentions à l’égard de Genève, ils se bornèrent à invoquer le traité qui les liait à la Savoie et évitèrent de se
1 E. A., V I, p. 619-620, 624 a, 637 e. — Gautier, VI, p. 447, 449-450, 455, 458-468 ; De Crue, op. cit., p. 525, 536 ; Rott, II, p. 526-528; Fazy, Histoire de Genève à l'epoque de l'Escalade, p. 473, 543 et suiv. ; Documents sur l’Escalade de Genève, tirés des archives de Simancas, Turin, Milan, Rome, Paris et Londres, i5g8-i6o3, publiés par la Société d’histoire et d’archéologie de Genève, Genève, 1903, in-8.
Inscription commémorative de l'Escalade a l'Hotel-de- Ville de Genève.
ALLIANCES DE GENEVE AVEC LES CANTONS SUISSES
compromettre par une déclaration plus explicite. Pourtant, ils n’osèrent pas envoyer encore une fois au duc des troupes qu’il eût opposées à celles de Genève, de Zurich et de Berne. A l'ambassadeur savoyard, qui insistait pour obtenir ce secours, ils répondirent en ajournant leur décision à ce sujet, en prévision d'une paix prochaine1.
Entre temps, les cinq cantons neutres, stimulés par l'ambassadeur de France, offrirent leur médiation et réussirent, à force de peines, à faire aboutir le traité de paix de Saint-Julien (21 juillet i6o3). Le duc concédait aux Genevois la liberté du commerce dans tous ses états ; il s'engageait à ne pas rassembler de troupes et à ne pas élever de fortifications dans un rayon de quatre lieues autour de la ville ; enfin, bien qu’il ne consentît pas à faire nettement abandon de ses prétentions sur Genève, il reconnaissait du moins l'inclusion de cette ville dans la paix perpétuelle de Vervins, « suivant la déclaration donnée en 1601 par le roi Henri IV ». Le 22 juillet, quand les médiateurs revinrent à Genève après la signature de cet acte capital, ils furent reçus au bruit des canons dans la cité en fête2.
1 E. A., V 1, p. 625 b, 63 1 b, 633, 634-637, 638 a et g. — Gautier, VI, p. 489-495.
* E A., V 1, p. 63g, 640-646; texte du traité : p. 1898-1905. — Gautier, VI, p. 5o3-52i et 595-6o3 (même texte) ; le traité a aussi été publié à part, Genève, ibo3, 1606, 1609 et 1619, sous ce titre : Articles du Traité de paix fait et conclu à Saint-Julien le 3 1 de juillet t6o3, et dans Spon, II, p. 249-260.
Sceau de Scliaffhouse en i6o3 ,
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