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Vue de Badeu au XVIIe siècle.
Le XVIIe siècle.
Genève et les Cantons pendant la première partie du XVIIe siècle.
Les dispositions amicales que les cinq cantons médiateurs avaient témoignées aux Genevois, dans la négociation de la paix de Saint-Julien, ranimèrent chez ceux-ci l’espoir de toucher enfin au but vers lequel ils tendaient : leur admission dans l’alliance générale des Ligues. Cependant, les diverses démarches qu’ils tentèrent pour y parvenir, et celles que leurs alliés de Zurich et de Berne firent
ALLIANCES DE GENEVE AVEC LES CANTONS SUISSES
en leur faveur, de i6o3 à i6o5, aboutirent toujours au même insuccès b Le groupe compact, tantôt des V, tantôt des VI ou des VII Cantons catholiques persista dans sa résolution de ne rien avoir à faire avec Genève. Ceux des autres Etats confédérés qui ne pouvaient contracter de nouvelles alliances sans l’assentiment de la majorité des anciens cantons, trouvèrent dans cette opposition un prétexte commode pour éviter de se lier par aucun traité avec Genève et pour se déchargerentièrement de la protection decetteville surZurich et sur Berne1 2 *. Il fut même impossible d’amener Bâle et Schald'house à apposer leur signature au traité de protection de i 57g, auquel Zurich seul adhéra, le 28 août i6o5 (ancien style) b
De son côté, Soleure prétendait interpréter d’une façon tout arbitraire plusieurs articles de ce même traité, montrant ainsi qu'elle n'était plus en humeur de l’observer4. Quant aux cantons de confession mixte, Glaris et Appenzell, ils devaient à bien plus forte raison se refuser à prendre un engagement quelconque envers une ville aussi éloignée d’eux. De ce groupe des « neutres », en particulier des cantons évangéliques qui en faisaient partie, Genève ne pouvait attendre qu'une coopération occasionnelle aux démarches diplomatiques faites en sa faveur5 *, et peut-être aussi, dans les moments où la cité semblerait le plus menacée, l'octroi de quelque secours en argent et en munitions, que Bâle et Schaffhouse consentiraient en secret0.
Vis-à-vis de la Confédération, la république de Genève demeura donc dans la situation où l’avait placée le traité de i58q, celle d’alliée des seuls cantons de Zurich et de Berne. Ceux-ci s’acquittèrent fidèlement envers elle de leur tâche de conseillers et de soutiens, se montrant toujours prêts, en cas de danger, à répondre à l’appel de Genève en envoyant le secours prévu par le traité7, et s’efforçant d’assurer en toute occasion l'indépendance de leur alliée. C’est ainsi que, en 1617, après la rupture entre Charles-Emmanuel et l’Espagne, quand le
1 E. A., V i, p. 646, G47 c, 726 e, 75 7 s. — Gautier, VI, p. 55o.
1 E. A., V 1, p. ig3i-i933. — Spon, II, p. 261 (texte). Voir Gautier, VI, p. 555-558 ; Fazy, Le traité de Soleure, p. 232; De Crue, op. cit., p. 576-577.
4 E. A., V 1, p. 1019 a, 1025 b, 103g b, 1040 c. — Gautier, VII, p. 20, 24, 28-3o, 32-40, 46 et suiv.
5 E. A., V 1, p. 675 a ; V 2, p. 362 b, 933, 981 h ; VI 1, p. 705, 707, 720 i, 723 a, 846 c, 849 f,
857-859, 865 e, 869 a, 904 b, 924 b ; VII 1, p. i32 k, 145 b.
E. A., V 1, p. 634, 637 e, 726 e, 1039 b ; V 2, p. 23 1 a ; VI 1, p. 565 a, 704 a.
7 E. A., IV 2, p. 961 a ; V 1 , p. 979 m, 1044 et suiv. ; V 2, p. 23 1 a ; VI 1 , p. 5û2 a, 504 b, 565 a,
692, 724; VI 2, p. 1 65 , 177 h, 366 et suiv. Grenus, Fragmens biographiques et historiques, p. 3 1 1 .
Gautier, V, p. 41 1 ; VII, p. 127, 179-184, 2g3, 3o2, 320-329, 380-384, 417, 453, 467 ; VIII, p. 299 et suiv. Voir, ci-après, le mémoire de M. E. Demoi.e intitulé : Les médailles rappelant les anciennes relations de Genève et des cantons suisses , 1 584-1$ 1 5.