‹ La maison des confidencesChapitre 4 sur 7 · CARMEN · texte numérisé non relu

CARMEN

Pourquoi la réveilles-tu ? Es-tu teigne tout de même ! Moi, quand on me réveille en sursaut j'assassinerais.

GERMAINE J' vas y chatouiller le nez, on rigolera...

DOLORÈS

Hein ! quoi ! qu'est-ce qu'il y a ?

SIMONE Tu rêvais, ma colombe ?

DOLORÈS

Pour sûr que je rêvais. Moi, je n'ai pas besoin de priser de la coco, ni de me piquer à la morphine; je ne demande qu'un fauteuil.

ÉVA Veux-tu la clef des songes ?

DOLORÈS

Pas la peiPxC. Mes rêves de l'après-midi sont toujours agréables. C'est de la blancheur, de la blancheur et encore de la blancheur. Des rêves en mousseline.

SIMONE

Passe-moi la fleur d'oranger !

Je revois toujours le même monsieur... Il est rasé, comme un acteur. Il est blond. On est sur un paquebot ousqu'il y a de la musique... Les tziganes jouent Bédélia... Et il me dit, à l'oreille, des choses!...

ÉVA

Des cochoncetés ! . . .

DOLORÈS

T'es pas folle ! Cest tout joli, comme sur les tableaux et sur les livres de poésie. Je ne sais pas où je vais chercher tous les mots qu'il me dit. Même que je ne les comprends pas toujours, tant ils sont difficiles. Et ça me berce, ça me grise, c'est comme des baisers qui parleraient...

SLMONE Elle en a, tout de même, de la veine ! Moi je ne

rêve jamais.

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