Ibid., t. VI, p. 238 (13 novembre
lii LA MAISON DU CARDINAL DE RICHELIEU
qu'après plus de deux mois ; M. de Bellièvre mandait à des Noyers son départ de Londres le 2 juin '.
Si ce fut son dernier voyage dans sa patrie, l'abbé Ghambers n'en restait pas moins, de France, en relation avec ses compatriotes qui conspiraient contre la couronne ; il continuait à correspondre avec eux - et tenait ainsi le Cardinal au courant de leurs agissements. Entre temps, il exerçait réellement ses fonctions d'aumônier de la maison ; lorsque Richelieu apprit à Saint-Quentin où il se trouvait alors, la nouvelle de la naissance du Dauphin (3 septembre 1638), c'est Ghambers qui chanta la messe solennelle qu'il lit dire aussitôt à l'église où il se rendit en grand cortège, et après laquelle il donna la bénédiction à tout le peuple qui y était en grande affluence •^.
L'abbé Thomas Gobert, le troisième aumônier, était déjà en cette qualité chez le Gardinalen 163o; cette année-là, il achetait un luth 68 livres pour la musique de la maison '*. Ses fonctions devaient être surtout honorifiques, car ses goûts et ses connaissances le spécialisaient plutôt dans la musique de la chapelle. Originaire de Picardie, il était maître de chapelle à Péronne, et chanoine de Saint-Quentin, dès 1630^, lorsqu'il entra au service de Richelieu. En 1642 il lui écrivait pour le prier d'appuyer auprès du roi la demande ([uil avait faite d'une prébende de la Sainte- Chapelle '^, prébende qu'il dut obtenir grâce à cette recommandation puissante. Il gagna ensuite au prix le poste de maître de la chapelle, et l'occupa jusqu'en I()ii3 conjointement avec Villot, et jusqu'en 1664 conjointement avec Robert, Spirli et Dumont ; il fut retraité en 1669 avec le titre de compositeur de la musique de la chapelle.
Il mit en musique la Paraphrase des psaumes de David en vers français par Antoine Godeau, sur le conseil du Cardinal qui s'intéressa à ce travail, et lui donna souvent des avis sur cet ouvrage : « Je suis obligé à cette reconnoissance », ajoute-t-il dans sa Préface, « et j'en rendrais encore de publiques aux autres faveurs dont je lui suis redevable. » Louis XIII, bon musicien, le connaissait de longue date, et l'appréciait, car « il n'avait pas dédaigné, dit-il, la parfaite connaissance qu'il avait de ce bel art, sur quatre de mes Psaumes qui ont été imprimés il y a longtemps ».
i. Avenel. Lellres..., l. VIII, p. 135.
■2. Ihid., l. VI, p. 689 (4 mai 16i0).