‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 139 sur 464 · Avenel, Lettres..., t. V'II, p · texte numérisé non relu

Avenel, Lettres..., t. V'II, p

AIMONES, DONS KT PKNSIONS I i.'i

Le Cardinal no faisait pas seulomenl des aumônes aux pauvres ; k il envoyoit tous les ans des charités ordinaires et réglées aux hôpitaux et aux comniunautez de Paris, comme esloit entre autres, celle de trois mil six cens livres à riiôpital de la Charité et mil livres au Collège des Jésuites; il en faisait encore d'extraordinaires et de secrètes à divers couvens qu'il st^'avoit estro en nécessité et leur envoyoit deux fois la semaine par leurs bouchers et boulangères mesmes tout le pain et la viande dont ils avaient besoin... Par son maistre de chambre, il distribuait dans les occasions aux communautés des lieux où il se trouvoit. Car pour toutes les villes où il passoit. il avait soin de faire visiter les maisons religieuses, et si elles avoient besoin d'assistance, de leur envoyer par son maistre de chambre dix, quinze ou vingt pistoles, selon qu il apprenoit cpi'elles estoientplus ou moins en nécessité ' ».

Ce passage d".\ubery nous explique l'emploi d'une partie des sommes de la menue dépense, dont M. d'Auxerre fournissait la justification détaillée chaque mois ; l'on remarque, en effet, que la menue dépense est beaucoup plus considérable dans les périodes de voyage, que dans celles de séjour à Paris ou à Ruel.

L'état de 16.39 ne mentionne de libéralités comme celles que rapporte Aubery, ni kl'Hùpital delà Charité ni aux Jésuites ; celte année-là, on sort à peine de la perturbation financière qui a suivi la prise de Corbie ; la crise monétaire est à sa période la plus aiguë, et les besoins d'argent sont plus forts que jamais ; mais, en revanche, le Compte nous donne la liste des établissements bénéficiaires de ces charités réglées qui ont été maintenues. C'est le premier article du chapitre de la Despence pour les aumônes ordinaires, dons et pensions qui ouvre lui-même la série des dépenses réglées de l'année ; ce détail montre l'importance que Richelieu y attache.

Trente-huit maisons ou couvents ont reçu chacune 72 livres; et le total de la dépense correspond bien à cette mention du Compte ; trentesix seulement y étant énumérées, nous examinerons plus loin en son lieu, quels sont les deux noms qui ont été omis par le copiste.

Presque toutes les principales maisons religieuses de Paris, comme on le voit par cette liste, participaient de sa générosité; plusieurs ont été mêlées à sa carrière politique, et il n'en est guère qui ne rappelle quelque incident de sa vie. Si elles figurent en tète du chapitre, avant ses parents et sa maison, c'est qu'en dehors de l'idée purement religieuse, elles représentent la phalange formidable d'énergies dont Richelieu a su tirer parti

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