‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 140 sur 464 · I.A Maiso.n nr Caiuunai. i>k Uichf.i.ieu · texte numérisé non relu

I.A Maiso.n nr Caiuunai. i>k Uichf.i.ieu

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pour son œuvre diuiifîcation. Il les a utilisées d'abord au point de vue matériel : les moines sont des émissaires de premier ordre; quelques épisodes pittoresques des Mémoires du comte de Rochefort suffisent à donner une idée des services que tiraient les gouvernements de ces hommes, soumis par leurs vœux à Tobéissance passive, habitués par le cloître à la discrétion et au silence, ayant partout accès par leur caractère sacré, passant inaperçus dans leur impersonnalité et la simplicité de leur équipage, protégés par le prestige de leur robe, et rompus à la diplomatie par leur connaissance de Ihomme. \S Instruction donnée au Provincial des .}finimes de Champagne, qui est allé quérir des reliques vers la fin de janvier 1639 ', est typique; le P. Bach ainsi transformé en agent politique avait pour mission de « prendre habitude avec quelque personne confidente de sa profession, qui entrant aussy bien que luy dans le discours et dessein de la paix, puisse par après en parler au C. D. » (le comte-duc d'Olivarez'-).

A l'époque à laquelle ajipartient cette instruction, dit M. Avenel, le gouvernement se servait souvent de moines pour des missions secrètes; les ennemis du gouvernement en usaient de même dans l'intérêt de leurs intrigues. Les voyages des religieux d'une province k l'autre, ou à travers la France pour les pays étrangers, semblaient d'abord ne devoir éveiller aucun soupçon; mais ce manège ne dut pas rester longtemps ignoré, et la défiance s'attacha particulièrement aux hommes portant l'habit monastique '. Nous trouvons dans un recueil de missives adressées au chancelier Séguier, à la date du 8 novembre 1G33, une lettre de Laffemas, intendantde la justice, police et finances à Troyes, où nous lisons : (( Il passe tous les jours de nouveaux moynes, minimes, recolletz, etc., qui sont la plus grande force d'Espagne. . . ils viennent de Florence, Rome, etc., et vont à Bruxelles, ont des lettres de personnes suspectes, de l'argent et des lettres de change, ce qui tesmoigne qu'ils sont envoyez par gens puissans ; quelques-uns vont en carrosse; c'est icy un lieu de passage entre les Flandres, le comté de Bourgogne et la Lorraine. » Laffemas n'en arrêta que quelques-uns « de peur de faire dire qu'on en veut aux moynes ».

Le concours des ordres religieux n'était pas moins jorécieux pour le Cardinal dans sa j)olitique intérieure, car ils personnifiaient le principe de l'autorité souveniineidenlilié avec la foi religieuse contre l'autonomie pro-

\. Avenel, Lellrcs..., l. V, |i. 7.)8.

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