Teslamenl politique, chap. ii, sect. VIII, p
3. Z>e la Perfection du chresticn, Paris. 1046. Seizième Conseil, p. iOii.
sements nouveaux; et comme presque tous ou avaient leur supérieur à Rome ou en venaient directement, on les regardait volontiers, et avec quelque raison peut-être pour certains d'entre eux, comme l'un des elfels désastreux de la laveur odieuse de Goncini et de sa femme '. Les couvents nouveaux fondés et gratifiés par Richelieu sont, sauf de très rares exceptions entourées de circonstances spéciales, non pas des couvents d'ordres nouveaux, mais d'ordres anciens réformés, et encore pour la plupart déjà existants avant lui et établis par Marie de Médicis 2.
Si le Cardinal était l'adversaire déclaré de la fondation d'établissements nouveaux, il était en revanche partisan de la réformation des monastères établis, ce qui en était la contre-partie logique, comme pour rétablir la circulation normale de la sève dans un tronc vigoureux débarrassé de rejetons débilitants. Sur ce terrain comme sur les autres, c'est encore et toujours le même principe qui l'inspire ; après avoir poursuivi et mené à bien l'oeuvre d'unification religieuse qui est liée intimement à l'unité politique, il devait pour être jusqu'au bout, conséquent avec lui-même, vouloir l'unité de discipline dans l'unité de croyance; de là ses efforts pour la réforme des abus de toute sorte qui ont envahi les Ordres avec l'anarchie des idées, et la licence des mœurs favorisée par le dilettantisme de la Renaissance et par les horizons nouveaux ouverts à la pensée •', comme peut-être aussi ses projets de domination spirituelle dans l'Eglise et que l'on a d'une façon trop absolue attribués complètement à son ambition personnelle.
De vieille date, la question de la Réformation des monastères est connue de lui ; le programme en est renfermé tout entier dans le Cahier lies Remontrances du clergé de France présente au roi durant les Etals généraux du Royaume tenus à Paris es années 1614 cl 1615'', à ces Etats dont il a suivi les séances et où il a prononcé le discours de clôture pour son ordre ''.
Plus tard, il lui consacrera tout un chapitre de son Testament politique '', en la reliant à celle des Etablissements nouveaux, et posera quelques règles où la hauteur des vues et l'ampleur des idées sont jointes au sens le plus droit des nécessités humaines.
1. Baptiste Lej^rain, Di'cmle cninnicnranl Vtdsloirc du my Louiif XIII, Paris, 1618, p. 424 et suiv.
2. Cardinal de Richelieu, Màmoires (1013), Paris, 1907, t. I, p. 2")3.
3. G. Fagniez, Le P. Joseph et nichelieu, Paris, 1894, t. I, p. 10.
4. lieciieil de pièces concernant Vliistoire de Louis XIII, Paris, 1710, l. 111, p. U49.