Und., t. II, p
passé ol de la firpnnse à l'Admonido fut-il sacrifié à lu raison d'Ktat, pour s'assurer la neutralité de l'Espagne ' ? Nous n'avons trouvé exprimées que des hvpothèses sur cette disgrâce encore mal connue; mais l'explication est à la fois séduisante et vraisemblable. Uiclielieu, en plus des préoccupations purement religieuses, avait trop d'intérêt à se ménager un auxiliaire aussi puissant, non seulement dans sa lutte contre les ennemis de l'exlérieur, mais dans la maison du roi ; aussi, faisant taire en leur faveur ses sympathies de Sorbonien, soutenait-il les Jésuites contre les prétentions de l'Université et après la prise de la Rochelle, les appelait-il lui-même dans cette ville pour y fonder un collège'-. Un point, surtout, l'intéressait, le confesseur du roi; malgré ses précautions à le choisir, il avait cependant avec l'un d'eux, le P. Caussin, une déconvenue qui faillit entraîner sa chute. Ce jésuite, d'une légèreté imprudente et d'un jugement !)orné. crut pouvoir jouer au diplomate ^, diriger le roi, grâce à ses scrupules de conscience, dans une voie politique différente de celle que lui imposait le Cardinal * ; démasqué par ce dernier, abandonné par le roi, désavoué par ses supérieurs, il fut exilé d'abord à Rennes, puis à Quimper.
La disgrâce du P. Caussin amena-t-elle celle d'un autre jésuite, le P. Monod, conseiller de Madame Royale, Christine de France, auquel on reprocha d'avoir cabale avec lui, ou de l'avoir inspiré, ce qui est plus vraisemblable '" ? Fut-ce un prétexte pour l'abandonner à l'inimitié du Cardinal dont il contrecarrait les projets? Toujours est-il qu'il fut sacrifié lui aussi à la raison d'Etat par sa souveraine, comme Fancan l'avait été par le Cardinal, quelques années auparavant, et enfermé au château de Montmeillan '' avec l'assentiment de l'autorité ecclésiastique.
Le Cardinal, en plus de ses autres bienfaits, n'avait pas seulement donné